Chroniques
Revoir l’ouverture du journal télévisé du 18 février 1976, avec le fameux « La France a peur », suite à l'émotion provoquée par le meurtre du petit Philippe Bertrand par Patrick Henry. Cette formule, qui a fait mouche, est d'ailleurs tronquée, car quelques instants plus tard il précisait : « Oui, la France a peur, oui, nous avons peur et c’est un sentiment qu’il faut déjà que nous combattions, je crois, parce qu’il débouche sur des envies folles de justice expéditive, de vengeances immédiates et directes. Et comme c’est difficile de ne pas céder à cette tentation quand on imagine la mort atroce de cet enfant... (...) »
Né le 22 février 1933 à Thiers-sur-Thève, dans l’Oise, Roger Gicquel commence sa carrière professionnelle comme steward à la compagnie UTA avant de débuter comme journaliste au Parisien Libéré, en Normandie, en 1961. Dix ans plus tard, il devient consultant au service d'information de l'Unicef.
Après avoir créé la revue de presse sur France Inter (1968-1973), il devient grand reporter à partir de 1969. Nommé directeur de l'information à l'ORTF entre 1973 et 1974, Roger Gicquel devient présentateur du « 20 heures » de TFI, où il invente « un nouveau style, personnalisé, didactique, complice ».
En 1981, il abandonne le JT de TF 1 et entre à Europe 1 où il tient une chronique.
Puis il a l’idée de produire et d’animer une émission d’un nouveau genre où les « laissés pour compte » de la chanson trouvent un cadre où s’exprimer. Cette émission du nom de Vagabondages (on se souvient notamment d’une « spéciale » réalisée au Québec, chez Félix Leclerc...) durera jusqu’en 1987 sur TF 1, qu’il quitte au moment où la chaîne est privatisée.
De 1987 à 1994, il retourne à la radio, à France Inter, où il présente la revue de presse du week-end. Puis on le retrouve sur France 3-Ouest où il anime l’émission hebdomadaire En flânant jusqu’en 1997.
Chevalier de l'Ordre national du mérite, il est l'auteur d’une dizaine de livres.

En 1981, comme tant d’autres personnalités de la radio et de la télévision, Roger Gicquel avait enregistré un 45 tours chez EMI, avec J’aurais tant voulu, texte dont il était l’auteur.
J’aurais tant voulu prendre vos mains,
Mais j’avais peur qu’on me les retire,
Ou bien même, vous auriez pu dire,
Que vous connaissiez trop le refrain.
Vos yeux, je refusais de les voir,
J’avais peur d’y lire la surprise,
Un baiser souvent, quoi qu’on en dise,
Est moins engageant qu’un long regard.
Je cherchais des mots apprivoisés,
Vous auriez pu croire à un blasphème,
Si j’avais osé le « je vous aime »,
Qui, au fond de ma gorge, s’est noyé.
Si j’avais voulu me montrer tendre,
Errer mes doigts le long de vos joues,
Trouver le creux chaud de votre cou,
Sans doute eussiez-vous pu vous méprendre.
Maintenant que vous n’êtes plus là,
Enhardi au seuil de votre cou,
Je jette la nuit les mots d’amour,
Que vous n’auriez pas voulu de moi.
Mais demain j’aurai plus de courage,
Je prendrai vos mains et dans vos yeux,
Je chanterai le cri d’un aveu,
Et vous en laisserai, l’héritage.
dimanche 7 mars 2010
La mort de Roger Gicquel, à l’âge de 77 ans
VOIR AUSSI