Coup de projecteur
 
Frédéric Bobin : 
le nouveau “B” de la chanson française
Après des études de Lettres Modernes à l’université de Dijon (il rédige un Mémoire sur l’œuvre de Boris Vian), il se lance dans la chanson « à plein temps ». Ce siècle avait deux ans lorsqu’il commence à faire ses premières scènes dans les petits lieux de Bourgogne et qu’il enregistre son premier album (« Les Salades »). L’année suivante, le Tremplin Georges Brassens l’honore du prix du jury et de la Ville de Paris, et en 2004, il sort son deuxième CD aux couleurs jazzy, « Les choses de l’esprit ».

J’ai découvert Frédéric Bobin tout récemment à la radio, dans l’émission de Philippe Meyer sur France Inter le samedi (La prochaine fois, je vous le chanterai...). À peine terminée, la chanson Singapour qui donne son titre à l’album — son troisième — vous trotte dans la tête et vous n’avez qu’une seule envie : la réécouter ! Contrairement à ce que le titre peut laisser entendre, ce n’est pas une chanson « exotique », mais une véritable chanson « politique » ou « sociale », comme on voudra, de la même intensité que Les mains d’or de Bernard Lavilliers. 

Sur un thème brûlant d’actualité — la délocalisation —, Singapour décrit et dénonce avec une « force tranquille » (arrangements folk-reggae) tous ces faits de société qui font la matière du journal télévisé :


« Mes ancêtres ont connu la trique et puis la guerre

Moi c’est à coups de statistiques que l’on m’enterre

Il va falloir doubler mes doses de Kronenbourg

Y’a mon usine qu’a foutu l’camp à Singapour... »


Les chansons de Frédéric Bobin sont écrites à quatre mains : il signe les musiques, des musiques simples et fortes, son frère Philippe étant l’auteur des textes. « Notre relation artistique est une relation très ancienne. Avec Philippe, il y a quelque chose de vraiment atypique et d’incroyablement fusionnel... »

« Pour moi, dit Philippe, l’écriture a toujours été liée à la chanson et je pense qu’un texte n’est réussi que lorsqu’il trouve son habillage musical. Quand j’achève un texte, je n’oublie d’ailleurs jamais de me le réciter à voix haute, selon le principe du “gueuloir” cher à Flaubert. Je considère Frédéric comme un fin mélodiste et un amoureux des mots. J’ai une entière confiance en son avis et son interprétation. Je n’ai jamais eu envie de travailler avec quelqu’un d’autre. » (1)

Sur le disque, d’autres chansons valent largement le détour : Ce siècle avait deux ans, rétrospective du début du millénaire, Les maisons qui défilent (au thème très original), Le démon de midi trente ou encore La vieille ouvrière, déjà enregistrée en 2004.

R. B.


• Site : http://fredericbobin.free.fr

www.myspace.com/fredericbobin

(1) Interview au journal À fleur de mots, n° 33, mai-juin 2006 :

http://fredericbobin.free.fr/dossier_afdm_fbobin.pdf

 

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