Disques reçus
Rééditions Sélection du Reader’s Digest
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Amour toujours
    Sur ce disque de reprises, Patrick Campistron a mêlé des enregistrements déjà réalisés pour Sélection du Reader’s Digest (Georges Chelon : Ma môme, Marie-Paule Belle : Ma plus belle histoire d’amour, Karim Kacel : Comme d’habitude, Jacqueline Dulac : Deux enfants au soleil, Charlotte Julian : Trousse-chemise, Lucid Beausonge : Je reviens te chercher, Gilles Olivier : Que serais-je sans toi...) et cinq nouveaux titres spécialement enregistrés pour ce CD. Anna Liber est présente avec La Javanaise et Ne me quitte pas, et dans la nouvelle génération, Humeyra Kazansky reprend Demain tu te maries, Lionel Damei Aline et Mathieu Rosaz Pour une amourette.
 
 
Chansons de la rue
    Tout comme la « chanson de Paris », la « chanson des rues » est un genre en soi qu’ont illustré des milliers de chansons... Si Paris continue d’inspirer les nouvelles générations (Marc Lavoine, Olivia Ruiz, Mathieu Rosaz, Yannick Le Nagard, Agnès Bihl, Céline Caussimon, Éric Toulis...), la « chanson de rues » a semble-t-il disparu... Ne se promène-t-on plus dans les rues de la capitale ? Ne flâne-t-on plus sur les quais de la Seine ? Ou moins ? Ou différemment ? En l’espace de quelques décennies, Paris n’a-t-il pas perdu son âme populaire ?
    La « chanson de la rue » n’est pas uniquement descriptive : elle peut devenir chronique lorsqu’elle commente les événements, grands et petits, à la manière des complaintes, elle évoque les peines de cœur, les faits divers, les joies et les peines collectives, les plaisirs de la rue... La chanson se fait aussi peinture ou photographie lorsqu’elle « croque » des figures comme Nini peau d’chien, la Marie-Vison, Irma la douce, Julie la Rousse, Frédé ou Toto l’Aristo...
    En dix « séquences », ce coffret de 5 CD rassemble 120 chansons, des années 30 à nos jours, interprétées la plupart du temps par leur créateur. Et il y a des raretés, introuvables ailleurs : William Stormy par Simone Langlois (1968), la première version de Mon vieux par Jean-Louis Stain (1962), Les pavés du Montparnasse par Leny Escudero (1971), L’absinthe par Ginette Garcin (1959), Les oiseaux d’Amsterdam (1972) et Londres ce soir (1970) par Jacqueline Dulac, Chante avec moi, ça va par Anne Vanderlove (1981), Le bal des quatre printemps par Jackie Lawrence (1959), Le folklore du pauvre, chanson de Serge Lama, par Marie-Thérèse Orain (1969), Comme un moineau par Francesca Solleville, La fête aux copains par Christine Sèvres (1962), La Gambille par Les Trois Ménestrels (1958), Et remettez-nous ça (Dimey) par Éric Robrecht, Ah ! Monsieur (Debronckart) par Éva (1964), La polka du dragué par Pierre Tisserand (1969), Du gris par Anna Liber, Mon amant de Saint-Jean par Minouche Barelli...
    Comme à son habitude, Patrick Campistron a fait réenregistrer certains titres par des contemporains : Anne Sylvestre (La bague à Jules), Suzy Firth (Ma p’tite chanson), Mouron (La complainte des infidèles), Vincent Heden (Grands boulevards), Jean Vallée (Un jour tu verras)... Et donné sa place à la chanson d’aujourd’hui : Michèle Bernard (Les chanteuses populaires), Francesca Solleville (T’as pas cent balles), Romain Didier (Musichien), Allain Leprest (La kermesse), Rémo Gary (Ce qu’ensemble on a eu), Juliette (Petits métiers), Les Troubadours du Désordre (La traversée de Paris), Éric Toulis (La Tour Eiffel), Yves Jamait (Le Carrousel)...
    Livret de 36 pages qui présente les artistes et les chansons.
    • Coffret 5 CD Sélection du Reader’s Digest
 
 
Femmes
    67 succès sont ici déclinés en trois thèmes et autant de CD (« Douceur », « Bonheur » et «  Passion »). Les époques et les styles s’entrechoquent : des succès récents comme Marcia Baila et Au fur et à mesure (par M.-P. Belle), Jardin d’hiver (par J. Dulac), Foule sentimentale (par S. Langlois), Pour que tu m’aimes encore ou Juste quelqu’un de bien (par S. Cheyenne) croisent des tubes des années 60 (Scarborough Fair par Sandie Shaw, Itsy Bitsy... Bikini par Suzy Firth) et des standards (Besame mucho ou Gracias a la vida par Jacinta) ou des traditionnels (Farewell to Tarwathie)... Comme raretés : deux enregistrements de la chanteuse belge Andrée Simons (Les roses, 1969, et H coco, face A d’un 45 tours de 1976), une reprise de Prévert par la jeune Cécilem (En sortant de l’école, 2005), de Trenet par Susy Firth (Route nationale 7, 2004), de Mistinguett par Nicole Croisille (Mon homme, 2005).
 
 
Paris
    Paris... Vaste programme ! Ici, il ne s’agit pas d’être exhaustif, mais d’évoquer la Ville lumière en trois tableaux. D’abord en chansons. Sur le CD 1, 24 chansons célèbrent la capitale avec la plupart du temps des reprises enregistrées par Anne Sylvestre (Places de Paris), Romain Didier (L’air de Paris), Pierre Tisserand (J’ai deux amours, Le petit jardin), Anna Liber (Moulin Rouge), Vincent Heden (Châtelet-Les-Halles, Ça balance pas mal à Paris), Lucid Beausonge (À Paris), Enzo Enzo (Il n’y a plus d’après, Mon folklore), Mouron (Paris canaille, La bohème), Jean Vallée (Paris en colère), Nicole Croisille (À la gare Saint-Lazare, Paris violon), Marie-Paule Belle (Les Champs-Élysées), Alain Klinger (Il est cinq heures Paris s’éveille), Simone Langlois (Le temps des cathédrales)...
    Le CD 2 est dédié à l’accordéon (Jacques Ferchit, Rony Verbiest, Marcel Azzola, Marcel Fontaine...). Le troisième CD propose « une soirée musicale dans les salons parisiens », avec de courts extraits de Saint-Saëns, Massenet, Chabrier, Bizet et Poulenc interprétés par Vincent Heden, Joâo Paulo Santos, Cécile Bonnet...
    Très beau livret signé Patrick Campistron.
    • Triple CD Sélection du Reader’s Digest
 
 
Hit-Parade de vos souvenirs
    Après les compilations de chanteurs et les anthologies thématiques, voici les anthologies chronologiques. Pour Sélection du Reader’s Digest, Alain Fontan a concocté une série de coffrets de trois CD consacré, chacun, aux chansons françaises d’une année. Il s’agit là d’enregistrements originaux. Grandes chansons devenues standards ou succès anecdotiques fonctionnant comme la Madeleine de Proust, presque tout y est, avec quelques raretés, dans une grande variété de rythmes, de styles et d’atmosphères.
    Parmi les coffrets parus : Les années 1950-51-52 (63 titres), 53-54-55 (66 titres), 62-63-64 (70 titres), 65-66-67 (65 titres) et 68-69-70 (70 titres). Le livret, joliment illustré, est une sorte de journal des événements de l’année.
    • Coffrets de 3 CD Sélection du Reader’s Digest
 
 
Daniel Guichard
    48 titres sur cette compilation, une des plus complètes de Daniel Guichard. On y retrouve, pour la première fois, l’intégralité de ses tout premiers enregistrements, notamment le rarissime EP Decca paru en 1967, avec des chansons écrites avec Guy Combres (Le condamné, Mon étoile) et peut-être un inédit datant de la même séance (Ni soleil, ni ciel bleu). Ce super 45 tours n’ayant pas rencontré le succès, Guichard signe chez Barclay (où il est également... manutentionnaire !). Un deuxième super 45 tours voit le jour en 1968, avec quatre chansons dont trois adaptations de succès anglo-saxons : Catherine (Tammy, de Livingston et Evans), Pardon maman (Song for a winter’s night, de Gordon Lightfoot), Laisse les journaux et puis viens voir la mer (Death of the clown, des Kinks).
    En 1969, Daniel Guichard enregistre son premier album, toujours chez Barclay, sous la direction de Claude Denjean, avec Jo Courtin à l’accordéon. Deux reprises de Bruant (Dans la rue et À la Bastoche) et parmi les dix chansons écrites par Guichard, quatre titres composés par Francis Lemarque dont Le Panam’ de mes dix ans qui semble annoncer... Renaud !
Le succès arrive à partir de 1972, avec La tendresse, Faut pas pleurer comme ça, Chanson pour Anna, Mon vieux..., toutes incluses ici.
 
 
Georgette Plana
    Riquita, Zaza, L’hirondelle du faubourg, Du gris, La femme aux bijoux, Nuits de Chine, Dans les jardins de l’Alhambra... La plupart du temps signés Benech et Dumont (« Les Balzac de la chanson »), ils sont tous là les « tubes » de Georgette Plana, succès obtenus tardivement à la fin des années 60, au cours d’une première vague rétro qui ne dit pas encore son nom... Dans ce coffret de 72 titres réalisé par Patrick Campistron, on retrouve aussi des enregistrements des années 50 (Le dénicheur, Les Roses blanches, Où est-il donc ?, La java bleue...), des chansons d’auteur dues à Jean Villard-Gilles (À l’enseigne de la fille sans cœur), à Francis Carco (La chanson tendre) ou, plus inattendu, à Louis Aragon (les quatre titres enregistrés sur un super 45 tours en 1967 : L’Affiche rouge, Que serais-je sans toi ?, Tu n’en reviendras pas et Est-ce ainsi que les hommes vivent ?).
    Georgette Plana (90 ans en 2007, quelques jours de plus qu’Henri Salvador) a aussi enregistré quantité de chansons légères des années 20 et 30 (Titine, La Baya, Les gars de la marine...). Ponctuellement, au cours de sa « deuxième carrière », elle a connu d’autres succès comme Les dernières paroles du Christ, E viva Espana ou Je t’offre un verre, en duo avec Antoine.
 
 
Herbert Léonard
    Avant de revenir au premier plan de l’actualité à partir de 1981 avec Pour le plaisir, Petite Nathalie, Ça donne envie d’aimer (et quelques autres la plupart écrites par Vline Buggy et Julien Lepers), Herbert Léonard a débuté comme chanteur du groupe Les Lionceaux. Dans les années 1967-68, il se révèle un excellent chanteur de rhythm and blues, presque concurrent de... Johnny Hallyday ! Sur ce coffret de 60 titres, on retrouve quelques uns de ses succès de la fin des années 60 (Quelque chose tient mon cœur, Pour être sincère), ses adaptations des tubes d’Otis Redding (Tu dis que notre amour), de Sam and Dave (Je suis là), de Marvin Gaye (Il serait doux d’être aimé par vous), de Jefferson Airplane (Pour un peu d’amour), des Box Tops (Une lettre)...
    Comme Julien Clerc et Gérard Lenorman, Herbert Léonard a enregistré la version française du principal thème de Hair (Laissez entrer le soleil). Il signe aussi quelques titres en collaboration avec Gérard Manset (Du blé, du jonc, des radis, Trois pas dans le silence, Mon amour d’hier).
    Sur les CD 2 et 3, une quarantaine de chansons proviennent de ses nombreux albums enregistrés entre 1981 et 1995 : entre autres, le thème du feuilleton Châteauvallon (Puissance et gloire), une chanson inédite d’Aznavour (Angélique, musique d’Eddie Barclay)...
 
 
Michel Legrand
    En 2005, pour Sélection du Reader’s Digest, Michel Legrand a réenregistré, quelques uns de ses thèmes de films les plus célèbres. À cette occasion, il reprend sa casquette (et sa baguette) de chef d’orchestre puisqu’il dirige celui de la Radio flamande. Onze thèmes, des Parapluies de Cherbourg et des Demoiselles de Rochefort à Yentl et Jamais plus jamais, en passant par Un été 42, L’Affaire Thomas Crown ou Brian’s song, que l’on retrouve sur le premier CD de ce coffret de trois disques dédié à un compositeur décidément peu reconnu en France...
    Le deuxième CD rassemble 24 chansons, écrites la plupart du temps par Eddy Marnay ou Jean Dréjac, composées et interprétées par Michel Legrand. Arrangeur et chef d’orchestre attitré chez Philips depuis le milieu des années 50, Legrand entame en 1964 une carrière de chanteur. Des chansons qui « balancent » (on se souvient de Quand on s’aime, en duo avec Nana Mouskouri, de Quand ça balance, de Brûl’ pas tes doigts, Les baladins du siècle d’aujourd’hui, Elle a... Elle a pas...). Avec Michel Legrand, ce sont aussi de grandes envolées lyriques, sur les mots de Marnay ou Dréjac (Comme elle est longue à mourir ma jeunesse, Les enfants qui pleurent, Sérénade du XXème siècle, Pourquoi...). Dans d’autres chansons, il est question de l’époque qui change (1964), de Jésus-Christ (Celui-là, enregistré aussi par Jacqueline François)...
    En 1995, Legrand s’associe avec Jean Guidoni le temps d’un spectacle et d’un disque remarqués (d’où est extrait L’amour à contre-courant). Un autre duo, inédit celui-là, provient des trésors de l’INA : ça se passe en 1969 et Michel chante Les parapluies de Cherbourg en duo avec Juliette Gréco. En 1990, sur le label de jazz Prestige, Legrand enregistre un de ses grands succès anglais : Paris was made for lovers.
    Les chanteurs (français et étrangers) se bousculent sur le troisième CD : Claude Nougaro (Le rouge et le noir, Sa maison), Colette Renard (Un piano, sublime chanson de Claude Parent), Nicole Croisille (Paris violon), Francis Lemarque (Les fous), Serge Reggiani (Le vieux costume, superbe), Juliette Gréco (Féline), Isabelle Aubret (J’ai le regret de vous dire oui), Christiane Legrand (Rien de grave dans les aigus), Liane Foly (La chanson de Léa, générique du feuilleton télé La Bicyclette bleue), Mouron (La valse des lilas), Jean Guidoni (Il fait beau), Caterina Valente (Les moulins de mon cœur), Lena Horne (Watch what happens), Dusty Springfield (Sea and sky), Ray Charles (Love makes the changes)...
 
 
Festival de la Rose d’Or
    On en rêvait : Sélection l’a fait ! Relancé depuis 2002 à l’Olympia par Jean-Paul Jorge, le Festival de la Rose d’or d’Antibes — créé en 1962 par Claude Tabet et véritablement installé en 1964 — a été, dans les années 60 et 70, l’une des manifestations les plus prestigieuses de la chanson française. En 75 chansons réparties sur 3 CD , Patrick Campistron a tenté d’en reconstituer la programmation qui court de 1964 à 1977, dernière année officielle de la Rose d’Or. Tout comme l’Eurovision, les premières années demeurent les plus riches, tous les styles de chanson cohabitant (variétés, rive gauche, pop...) : Jean-Jacques Debout cohabite avec Georges Chelon, Jean-Claude Pascal avec Jean-Claude Massoulier, Jacqueline Danno avec Valérie Lagrange, Michel Delpech avec Jacqueline Dulac, Frida Boccara avec Henri Tachan, Nicole Croisille avec Nicoletta, Anne Vanderlove avec Alain Souchon...
    Plusieurs des chansons de la Rose d’Or furent des tubes (Nos doigts se sont croisés, Ceux de Varsovie, Pourquoi pas nous, Le vent et la jeunesse, Une île, Quand nous n’aurons que la tendresse, Monia, Oh Lady Mary, Il, Soleil, Le jour se lève, Fais-moi un signe, Le premier pas...) que l’on retrouve ici. L’autre intérêt de ce coffret réside dans la présence de très nombreuses raretés, chansons « défendues » par des interprètes un peu oubliés et jamais réédités : Marcel Rothel, Franck Fernandel (C’est comme ça Marseille), Aldo, Jean-Yves Gran, Erik Montry, Maria Vincent, Jean-Claude Massoulier, Michel Mallory, Marjorie Noël, Romuald, Yves Roze, Line et Willy (Pourquoi pas nous), Les Troubadours (Le vent et la jeunesse), Minouche Barelli, Jocelyne Jocya, Michel Bergam, Ricardo, Guy Bonnet, Mary Roos, Maria de Rossi, Jean-Pierre Savelli... et Cliff Richard dans La Ballade de Baltimore, une chanson écrite par Jean-Max Rivière.
R. B.
• Site de la Rose d’Or (Rose d’Or)