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      <title>1987 : l’album « En tout bien, tout honneur »</title>
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      <pubDate>Sat, 12 Dec 2009 17:28:58 +0100</pubDate>
      <description>C'est par hasard que j'ai découvert Patrick Deny : sur les ondes d'une radio libre, 998 FM (devenue Canal 9 et aujourd'hui rachetée par Barclay-Collaro...). Un samedi après-midi, Jean-Daniel Belfond l'invitait pour la sortie de son disque, le 30 cm « En tout bien, tout honneur ». Chez beaucoup d' « autoproduits », alors, on s'efforçait de ressembler aux « produits » diffusés par la bande FM... Une chanson m'accroche : Les poupées russes. Très belle voix, chaleureuse, un grand sens de la mélodie, un texte qui n'était pas un ramassis d'onomatopées et de mots à la mode... Des histoires, avec un prologue, un développement et une chute. Des chansons qui touchent parce qu'elles concernent. La tradition avec les mots d'aujourd'hui. J'écoutai le disque quelques temps après et découvris d'autres perles : Chômeur, L'amuseur abusé, Ode galante... &lt;br/&gt;    Ce sont ces chansons-là, avec deux autres, que Danièle Deny a choisi de rééditer sur le double compact sorti chez Scalen'disc (réf SCD 769/70). Si la trentaine d'autres titres ne possède pas la même qualité technique (prise de son, orchestration : une partie provient d'enregistrements publics amateurs), les chansons valent toutes le détour. Jusqu'à ses dernières, juste accompagnées à la guitare (Celtic avec son clin d'œil aux Beatles, Je vais arrêter doucement de vivre, testament a posteriori). &lt;br/&gt;Raoul Bellaïche&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Une chanson de Patrick Deny : Chômeur &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Neuf heures, inondée de soleil&lt;br/&gt;Elle s’étire doucement&lt;br/&gt;Il filtre un bruissement d’abeilles&lt;br/&gt;La ruche fonctionne à plein temps&lt;br/&gt;La cafetière siffle en diable :&lt;br/&gt;&amp;quot;Debout, les paresseux, c’est l’heure !&amp;quot;&lt;br/&gt;Et moi je plaide non coupable&lt;br/&gt;Presqu’heureux et pourtant chômeur&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le matin satiné de bleu&lt;br/&gt;Clin d’œil solaire qui nous invite&lt;br/&gt;A traînailler en amoureux&lt;br/&gt;A visiter les marguerites&lt;br/&gt;Le jardin public est désert&lt;br/&gt;Les petits oiseaux tapageurs&lt;br/&gt;Dans le kiosque donnent un concert&lt;br/&gt;Et c’est gratuit pour les chômeurs&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’avais oublié le silence&lt;br/&gt;La coulée de l’eau sur les pierres&lt;br/&gt;Le ballet des feuilles qui dansent&lt;br/&gt;Sous l’archet du vent la lumière&lt;br/&gt;Quand les canards multicolores&lt;br/&gt;Frétillent sous les projecteurs&lt;br/&gt;Qui mettent des paillettes d’or&lt;br/&gt;Même dans les yeux des chômeurs...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’avais oublié le discours&lt;br/&gt;Des concierges sentencieuses&lt;br/&gt;La poésie du fond des cours&lt;br/&gt;Les bicyclettes nébuleuses&lt;br/&gt;Perdues dans le flot des voitures&lt;br/&gt;Qui slaloment au petit bonheur&lt;br/&gt;Images du passé, ratures&lt;br/&gt;Marginales, comme les chômeurs !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’avais oublié mon enfance&lt;br/&gt;Elle me revient aussi folle&lt;br/&gt;Comme un seul cri de délivrance&lt;br/&gt;Jaillit en sortant de l’école&lt;br/&gt;Ces regards à manger le monde&lt;br/&gt;Petits affamés du bonheur&lt;br/&gt;Noirauds frisés ou têtes blondes&lt;br/&gt;Qui parmi vous sera chômeur ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’avais oublié la pendule&lt;br/&gt;A philosopher sur les mômes&lt;br/&gt;Homme-poisson qui fait des bulles&lt;br/&gt;Je regagne mon aquarium&lt;br/&gt;Passant devant la boîte aux lettres&lt;br/&gt;J’avais oublié le facteur&lt;br/&gt;Liberté surveillée peut-être&lt;br/&gt;Tu pointes encore quand t’es chômeur !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Paroles et Musique : Patrick Deny.</description>
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      <itunes:summary>    C'est par hasard que j'ai découvert Patrick Deny : sur les ondes d'une radio libre, 998 FM (devenue Canal 9 et aujourd'hui rachetée par Barclay-Collaro...). Un samedi après-midi, Jean-Daniel Belfond l'invitait pour la sortie de son disque, le 30 cm « En tout bien, tout honneur ». Chez beaucoup d' « autoproduits », alors, on s'efforçait de ressembler aux « produits » diffusés par la bande FM... Une chanson m'accroche : Les poupées russes. Très belle voix, chaleureuse, un grand sens de la mélodie, un texte qui n'était pas un ramassis d'onomatopées et de mots à la mode... Des histoires, avec un prologue, un développement et une chute. Des chansons qui touchent parce qu'elles concernent. La tradition avec les mots d'aujourd'hui. J'écoutai le disque quelques temps après et découvris d'autres perles : Chômeur, L'amuseur abusé, Ode galante... &#13;    Ce sont ces chansons-là, avec deux autres, que Danièle Deny a choisi de rééditer sur le double compact sorti chez Scalen'disc (réf SCD 769/70). Si la trentaine d'autres titres ne possède pas la même qualité technique (prise de son, orchestration : une partie provient d'enregistrements publics amateurs), les chansons valent toutes le détour. Jusqu'à ses dernières, juste accompagnées à la guitare (Celtic avec son clin d'œil aux Beatles, Je vais arrêter doucement de vivre, testament a posteriori). &#13;Raoul Bellaïche&#13;&#13;&#13;&#13;Une chanson de Patrick Deny : Chômeur &#13;&#13;Neuf heures, inondée de soleil&#13;Elle s’étire doucement&#13;Il filtre un bruissement d’abeilles&#13;La ruche fonctionne à plein temps&#13;La cafetière siffle en diable :&#13;&quot;Debout, les paresseux, c’est l’heure !&quot;&#13;Et moi je plaide non coupable&#13;Presqu’heureux et pourtant chômeur&#13;&#13;Le matin satiné de bleu&#13;Clin d’œil solaire qui nous invite&#13;A traînailler en amoureux&#13;A visiter les marguerites&#13;Le jardin public est désert&#13;Les petits oiseaux tapageurs&#13;Dans le kiosque donnent un concert&#13;Et c’est gratuit pour les chômeurs&#13;&#13;J’avais oublié le silence&#13;La coulée de l’eau sur les pierres&#13;Le ballet des feuilles qui dansent&#13;Sous l’archet du vent la lumière&#13;Quand les canards multicolores&#13;Frétillent sous les projecteurs&#13;Qui mettent des paillettes d’or&#13;Même dans les yeux des chômeurs...&#13;&#13;J’avais oublié le discours&#13;Des concierges sentencieuses&#13;La poésie du fond des cours&#13;Les bicyclettes nébuleuses&#13;Perdues dans le flot des voitures&#13;Qui slaloment au petit bonheur&#13;Images du passé, ratures&#13;Marginales, comme les chômeurs !&#13;&#13;J’avais oublié mon enfance&#13;Elle me revient aussi folle&#13;Comme un seul cri de délivrance&#13;Jaillit en sortant de l’école&#13;Ces regards à manger le monde&#13;Petits affamés du bonheur&#13;Noirauds frisés ou têtes blondes&#13;Qui parmi vous sera chômeur ?&#13;&#13;J’avais oublié la pendule&#13;A philosopher sur les mômes&#13;Homme-poisson qui fait des bulles&#13;Je regagne mon aquarium&#13;Passant devant la boîte aux lettres&#13;J’avais oublié le facteur&#13;Liberté surveillée peut-être&#13;Tu pointes encore quand t’es chômeur !&#13;&#13;Paroles et Musique : Patrick Deny.</itunes:summary>
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      <title>Témoignages sur Patrick Deny</title>
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      <pubDate>Sat, 12 Dec 2009 17:21:43 +0100</pubDate>
      <description>Louis Capart :&lt;br/&gt;« Il était vraiment tourné vers les autres »&lt;br/&gt;    « Patrick et moi, on a eu l’occasion, et la chance, de se rencontrer à plusieurs reprises, et c'est quelqu’un dont j’appréciais la démarche. Il était vraiment tourné vers les autres, ce n'était pas un individualiste. Ça paraît banal à dire, et pourtant, les chanteurs sont des gens complètement stressés, complètement paranos, qui suivent un chemin en général solitaire. Lui, avait une démarche vraiment très ouverte sur les autres chanteurs, sur tout ce qui pouvait apporter du bien à ses collègues du métier. Mais indépendamment de l’être humain, il y avait aussi le chanteur et l’auteur-compositeur de talent. Sa voix, son écriture... &lt;br/&gt;    Au cours des dernières années, deux morts  m’ont bouleversé. Bien sûr, je n’entrerai pas dans le détail de tous les gens qui nous ont quittés au cours des six dernières années, mais je parle de gens qui m’étaient proches, que j’avais eu l’occasion de croiser de près ou de loin. Parce qu’il y a des gens qu’on ne croise pas mais qui font partie de notre vie... C'est Danielle Messia et Patrick Deny. &lt;br/&gt;    J'en ai fait une chanson. Quand on fait un hommage, en général, on le signale par la formule « dédié à ». Je n’ai pas voulu le faire pour cette chanson. J’étais dans ma campagne vendômoise en vélo et j’ai pensé très fort à ces gens, à Danielle et Patrick, et la chanson m’est venue sans crayon, sans papier. Elle a été imprimée d’une façon définitive. Ça s’appelle Où vont les amis ? On pense un peu à Où vont les avions ? de Danielle Messia. Pour la petite histoire, tous les noms communs ont été écrits avec une majuscule, comme des noms propres, ce qui, pour un anar, a un côté un peu spiritualiste… »&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Propos recueillis par Nicolas Choquet&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Poète de l'âme et de l'écriture&lt;br/&gt;    Certains connaissent le chanteur auteur-compositeur, d’autres peu, la grande majorité pas du tout car, hélas, dans ce monde médiatisé par un star-system abêtisant, il n’y a guère à s’étonner que des artistes comme Patrick Deny traversent un désert d’indifférence et d’ignorance. Je l’avais rencontré il y a quelques années. Je m’étais alors trouvé à ses côtés lors d’un récital de Gilles Elbaz dans une salle aujourd’hui disparue. La chanteuse Fabienne Elkoubi me l’avait alors présenté, mais Patrick était à la fois timide et discret. Ce poète de l’âme et de l’écriture, je ne l’ai connu un peu mieux que beaucoup plus tard, après avoir vu un de ses spectacles à Paris et reçu au cours d’une de mes émissions sur Radio Aligre à l’occasion de la sortie de son disque en 1987. J’avoue à ma grande confusion n’avoir découvert son œuvre complète qu’après sa disparition, mais je n’ai pas oublié cette soirée exceptionnelle au Théâtre des Amandiers de Paris où, grâce à Danièle de toujours, j’ai pu obtenir une documentation plus complète, enfin une double album compact sur lequel elle-même a réuni une quarantaine de titres choisis à différentes époques de sa carrière.&lt;br/&gt;    Le 6 juin 1992, dans le cadre du Festival des Ateliers chanson de Paris, ceux qui l’avaient connu, des intimes, des amis, des artistes interprétèrent pour la circonstance textes et chansons de Patrick. Gilles Elbaz, maître de cérémonie, présentait la soirée. Alain Chaussé, Jean-Marc Thiébaud, Jo Schmelzer, Xavier Gernet, Christiane Salengros, Chantal Grimm, Eric Hollande, Lionel Rocheman, Jacques Courcier, Christian Dente, Daniel Pantchenko, Claude Lieggi, Jacques Serizier, Achille Coat et quelques élèves des A.C.P. rendirent un hommage chaleureux, émouvant et de qualité à celui qui fut l’ami, le poète, l’artiste, et que certains découvrirent au cours de cette soirée particulièrement réussie.&lt;br/&gt;    A un jour près, deux poètes chanteurs nous ont quittés à la fin du mois d’avril 1991. Patrick Deny avait alors précédé de quelques heures Maurice Fanon. Ils étaient aussi de ces êtres généreux, de ces hommes de cœur que l’on regrette et qui nous manquent aujourd’hui terriblement.&lt;br/&gt;Jacques Roussel&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A Patrick&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je ne fus qu’un passant pas vraiment un intime&lt;br/&gt;Je ne t’ai connu qu’au détour d’un chemin&lt;br/&gt;Qu’une poignée de main sur un brin d’amitié&lt;br/&gt;M’a peut-être marqué plus que vaines paroles&lt;br/&gt;Je ne suis pas sûr à ta juste valeur de t’avoir apprécié&lt;br/&gt;Il faut dire que tu étais si discret&lt;br/&gt;Parfois comme un loup solitaire à l’écart en retrait&lt;br/&gt;Je ne savais pas tout des écrits de ta plume féconde&lt;br/&gt;Mais je garde de toi l’image d’un poète chanteur chevelu&lt;br/&gt;D’un homme de cœur d’une grande générosité&lt;br/&gt;Croisé au détour d’un chemin&lt;br/&gt;Qu’une poignée de main sur un brin d’amitié&lt;br/&gt;A peut-être marqué ce jour-là à tout jamais&lt;br/&gt;Jacques Roussel&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Salut, Patrick !&lt;br/&gt;Salut, Maurice !&lt;br/&gt;    Patrick Deny, mort le 29 avril 1991 ! A 42 ans !&lt;br/&gt;    Maurice Fanon, mort le 30 avril 1991 ! A 60 ans !&lt;br/&gt;    Tous deux, du cancer ! Cette saloperie ! Tous deux, qui allongent la déjà bien trop longue liste !&lt;br/&gt;    Mourir pour mourir, ils auraient mérité, tous les deux, de mourir ce Premier Mai !&lt;br/&gt;    Quand, il y a quelques années, je qualifiais ce cancer de maladie professionnelle et que j’accusais le showbiz (grosses sociétés de disques, médias, etc.) d’être l’assassin de tous nos copains, de tous ces super-grands connus ou inconnus de notre Chanson, la seule, la VRAIE, on s’est foutu de ma gueule, on m’a traité de fêlé...&lt;br/&gt;    EH BIEN ! JE CONFIRME ! JE PERSISTE ET JE SIGNE !&lt;br/&gt;    Merci, Patrick ! Merci, Maurice ! Pour votre humanité, pour votre militantisme, pour votre amitié indéfectible, pour votre amour indélébile, pour votre talent indestructible ! Vos chansons, nous les rendrons immortelles, elles, et vous resterez ainsi toujours avec nous, éternellement !&lt;br/&gt;Claude Vinci&lt;br/&gt;1er mai 1991&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Eric Hollande : &lt;br/&gt;Les plus belles années de lutte et d'espoir&lt;br/&gt;    J'aimais Patrick fraternellement car on était un peu du même bois, lui en viking et moi d'une espèce sans doute plus méditerranéenne et si la pudeur ne permettait pas de se parler de ces choses, les regards étaient empreints d'amitié et de tendresse. Les plus belles années de lutte et d'espoir, de nuitées au Bateau Ivre ou à la Tanière, je ne pourrai jamais les oublier. Pauvre utopistes d' « Action chanson » qui espérions ouvrir une brèche dans le mur de l'argent ! Philippe Garnier, Marc Noisée et maintenant Patrick, c'est un tryptique d'amitié qui s'est effondré, des repères lumineux dans nos nuits d'errance. Toutes ces morts prématurées et tous ces mots qui demeurent. Nous continuons pour vous, pour tous nos amis qui souffrent et espèrent.&lt;br/&gt;    « Il ne faut pas déchanter&lt;br/&gt;    De peur de perdre tout le chant »&lt;br/&gt;    nous dit Luc Bérimont.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Eric Hollande, &lt;br/&gt;27 juillet 1991.&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Danièle Deny : « Par une belle nuit étoilée du printemps 67... »</title>
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      <pubDate>Sat, 12 Dec 2009 17:17:15 +0100</pubDate>
      <description>Il était une fois... Par une belle nuit étoilée - du printemps - de l’an 67, une jeune fille de 19 ans fut conduite vers un « lieu sacré » (le cabaret de la Contrescarpe situé rue Mouffetard) par un grand garçon blond, timide mais déterminé. Ce soir-là, Paul Barrault, Paul Villaz, Paul Hébert et Jehan Jonas (je suis une « fan ») prirent place sur « la scène » de Mme Arlette Grenier. Voici le début de près de 25 ans de vie commune pendant lesquelles nous avons hanté les cabarets de la rive gauche à la découverte de la grande aventure de la chanson.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Patrick fit ses début au Centre Américain boulevard Raspail (Paris 14ème) puis au Pétrin (rue Mouffetard). A partir de là commencèrent les tournées (nationales et internationales) jusqu'en 1982. Bref, le bonheur de faire ce beau métier.&lt;br/&gt;    Patrick, de nature exigeante et inquiète, était angoissé lorsqu’il montait en scène. Il se « donnait » avec discrétion : c’était son tempérament. Il était heureux que le public participe à son plaisir. Lorsque par malheur, à la fin du spectacle, un spectateur venait émettre une critique qu’il ressentait comme négative, ses yeux devenaient bleu acier. Il se sentait responsable et pensait avoir mal fait son travail... De la même façon, je l’ai vu au comble de l’allégresse quand une personne venait en pleurant le remercier de quelques minutes de bonheur qu’elle avait ressenties à son écoute. Patrick, très respectueux du public, savait dès la deuxième chanson de son tour si le courant passait entre les auditeurs et lui. Son extrême sensibilité le déstabilisait quand « l’autre » ne le recevait pas, ce qui expliquait parfois une certaine agressivité.&lt;br/&gt;    En 1983, désespéré de ne pas trouver de producteur (il n’avait pourtant pas ménagé sa peine), il a décidé à mon grand regret de « raccrocher » et de participer pendant plusieurs mois à la programmation de spectacles en entreprises (sous l’égide de la PROCAP) et ceci jusqu’en 86. Il continuait à écrire et à chanter (de temps à autre) mais souffrait de renoncer à vivre de ce métier qu’il aimait par dessus tout. Catherine Sauvage a bien exprimé ce désespoir dans le n° 8 de Je chante en soulignant que « la chanson, c’est un métier inhumain si on ne le fait pas tous les jours ». La fameuse année 1989, destinée à fêter le bicentenaire de la Révolution, n’a pas été très révolutionnaire pour les auteurs-compositeurs. C’est à cette époque que Patrick a écrit Je vais arrêter doucement de vivre. A ma question : « Te sens-tu malade ? », Patrick me répondit : « Tu sais, il y a plusieurs façons de mourir ». C’était pour lui celle de ne plus pouvoir produire son spectacle aussi souvent qu’il le souhaitait. S’il savait écouter et observer, il avait besoin d’action et de partage. Privé de ces deux moteurs, il se sentait démuni : on l’empêchait de faire son travail... Après tous ses multiples combats pour que la chanson soit connue et reconnue, je l’ai vu pleurer d’impuissance.&lt;br/&gt;    Son installation dans le Jura (après juillet 89) lui assura quelques mois de travail intense (écriture) qu’il assuma dans un climat plus serein. Un grand projet d’animation en Franche-Comté sommeille dans les tiroirs.&lt;br/&gt;    Près de 150 chansons sont répertoriées, écrites en 20 ans. Il faut remercier particulièrement Philippe Bambuck, Jean-Marc Thiébaud et Alain Chaussé (excellents musiciens tous les trois) qui m’ont aidée à harceler Patrick afin qu’il se décide à produire la cassette et le disque. Il estimait que ce n’était pas son travail. Je partageais confusément ce sentiment mais dans le contexte de ces dernières années, comment sortir le bout de son nez et faire connaître son existence sans l’aide du support sonore ?&lt;br/&gt;    Merci Patrick pour ton côté pinailleur, voire provocateur, mais aussi pour ta tendresse, ta lucidité, ton humour. Merci pour tous les beaux écrits (paroles, musiques, poèmes, nouvelles) que tu nous as offerts. Merci pour ton amour de la vie, pour tes pleins et tes déliés (je te cite). Avec toi, impossible de s’endormir tranquillement sous un laurier mais, sacrebleu, que l’insomnie était bonne ! J’avais en moi le gros désir de reconduire un bail de 25 ans (au moins !!!). Mais l’histoire n’est pas terminée...&lt;br/&gt;    « Ta femme d’amour, ta frangine ». Décidément, je copie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Danièle Deny</description>
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      <title>France Olivia : Patrick, Pat</title>
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      <pubDate>Sat, 12 Dec 2009 17:15:18 +0100</pubDate>
      <description>Mon vieux copain, mon petit frère, tu es là si souvent près de moi avec ta guitare, nos cafés et nos cigarettes pour un moment heureux.&lt;br/&gt;    Tout ce que tu as conçu dans ta tête « d’Ange Viking », j’en ai eu la primeur. Ce privilège, je le dois à la confiance que tu m’as toujours montrée pour écrire tes mélodies, tes rythmes, tes harmonies, toute cette merveilleuse musique qui t’habite.&lt;br/&gt;    J’écoute tes chansons et je m’émerveille du mariage entre tes poèmes et ta musique. Unis pour le meilleur, jamais pour le pire. Tu n’es jamais tombé dans la chansonnette, même dans les années de galère (il y en a eu). Dans ces années-là, tu chantais, la rage au bout de ta cigarette mais toujours avec une profonde amitié pour l’homme. Ta poésie toujours invitée à dépasser la rancœur.&lt;br/&gt;Je sais que tu admires Félix Leclerc. Lui aussi m’avait demandé de lui écrire ses premières partitions, quand il venait à Paris. Assis sur le tapis aux pieds de mon piano, il jouait et j’écrivais. Le magnétophone n’était pas encore chez tout le monde. Quand Félix s’en allait après avoir rempli la chambre de l’immense résonance de son cœur, il ne me restait que le papier et c’est tout.&lt;br/&gt;    Mais toi, j’ai toujours pu écouter ce que tu venais d’enregistrer; ce qui a, chaque fois, prolongé ta présence. Je t’avoue que je me suis souvent imprégnée vingt fois de tes œuvres avant de les fixer sur la portée. C’est une chance dont j’ai vite pris conscience en comparant l’époque Félix et l’époque Patrick.&lt;br/&gt;Merci, mon vieux Pat, parce que ta musique parle au cœur et que tes mots chantent la Vie.&lt;br/&gt;    Tu es là avec moi, avec nous tous tes copains, tu nous accompagnes dans cette dimension nouvelle où le temps et l’espace sont en liberté.&lt;br/&gt;    Ciao, petit frère ! On se reverra, c’est ma conviction.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;France Olivia&lt;br/&gt;Paris, le 24 juillet 1992&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;◊ France Olivia a été pianiste-accompagnateur dans les principaux cabarets de l’après-guerre (l’Ecluse, l’Echelle de Jacob, le Cheval d’Or, les Trois Baudets...) et lors de tournées internationales. Elle a également participé à des émissions de radio et de télévision. En tant que compositeur, elle a mis en musique des textes de René Char, Aragon, Billetdoux, Max Pol Fouchet, Tristan Tzara. On lui doit des chansons pour enfants, Mon voyage autour du monde. Elle obtint le Coq d’or de la chanson française avec François Deguelt et le prix de la meilleure chanson.</description>
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      <title>Un homme, un artiste, un ami...</title>
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      <pubDate>Sat, 12 Dec 2009 17:11:42 +0100</pubDate>
      <description>Patrick Deny me rappelait parfois, avec malice, que lors de sa première audition au Pétrin (cabaret de la rue Mouffetard créé par la compagnie « Le bus » que j’ai fondée et que je présidais alors), j’avais exprimé un vote négatif à son égard. C’était il y a presque vingt ans et je n’ai gardé aucun souvenir de cette audition dont l’évocation me laisse à chaque fois confus et honteux. Mais ne dit-on pas que les plus grands attachements naissent d’un rejet ? Cette amitié fidèle est demeurée intacte malgré les routes différentes et les distances.&lt;br/&gt;    Très vite, Patrick Deny devint l’un des animateurs du Pétrin et l'une des « vedettes » appréciées d’un public connaisseur qui fit de ce lieu l’un des plus fréquentés de l’époque. Ses qualités humaines, toutes de générosité et de sensibilité, ajoutées à son sens des responsabilités, le distinguaient de bien d’autres artistes plus bohèmes. Responsable, il l’était, non seulement dans ses idées mais dans ses actes. Il n’a jamais hésité à mettre la main à la tâche, comme il a su consacrer une partie de ses activités aux autres compagnons-chanteurs. Il programmait des spectacles, montait des tournées. Toujours à la pointe des combats, sans jamais se laisser ligoter par des compromissions en désaccord avec sa pensée, il défendait aussi bien la chanson de qualité que ses engagements humanistes. Comme il a défendu ses œuvres dans bien des villes de France et d’ailleurs, parfois dans des conditions de misère qui ne peuvent que redoubler le respect pour l’homme, pour l’artiste. S’il avait gardé des années soixante-huitardes une longue chevelure blonde, bouclée par le vent, que les doigts démêlaient, il savait accrocher à ses mots l’air du temps et adapter à son répertoire tous les rythmes musicaux venus de ces peuples animés comme lui d’une viscérale révolte.&lt;br/&gt;    Patrick Deny était un homme vrai, un type bien, comme on dit. Avec sa femme Danièle, sa richesse faite réalité, son seul luxe, ils formaient un couple attachant pour qui je garde une profonde amitié et estime.&lt;br/&gt;    Je me rappelle aussi ces soirées, ces dimanches, ces journées de vacances que nous passions à discuter du monde-comme-il-va, de la vie sociale, de la vie-tout-court et de chansons, bien sûr. Nous passions aussi des heures à jouer. Nous adorions nous amuser comme des enfants, dans sa maison de Passenans, au tir à la carabine, aux fléchettes, ou, chez moi, au billard russe, aux jeux vidéo. Patrick n’avait pas étouffé l’enfant qui était en lui en devenant adulte. C’est sans doute une des raisons qui ont fait de lui un créateur. C’est sans doute aussi pour cela qu’il y avait au fond de lui un reste de tristesse, une histoire inachevée, en attente d’amour, une histoire d’enfant...&lt;br/&gt;    Quel créateur de talent ! Ses textes sont des plus beaux de sa génération : un style de poète et d’écrivain qu’il a concrétisé dans la publication de nouvelles. Le verbe est précis, la phrase courte, toute poésie, et, par petites touches, Patrick Deny sait pointer l’essentiel avec tendresse et non sans humour, de cet humour que donne un certain désespoir né du temps des culottes courtes. Mais le bougre ne se contentait pas de cette seule expression, il savait tâter de la guitare en professionnel et, par son oreille musicale, composer des mélodies à la mesure de son écriture.&lt;br/&gt;    « J’ai pas de chance », chantait-il, comme une malédiction collée à la peau. Pourtant, il eût suffi d’un rien, d’un imprévisible, pour qu’il accède à la place qu’il méritait au hit-parade du travail bien accompli. Lucide, il l’a été jusqu’au bout, il ne demandait pas tant, ou peut-être tout : vivre... et que vivent ses chansons.&lt;br/&gt;    Comme un marin en quête d’un port d’attache, il accosta en Jura où il sut rendre hommage à dame Nature comme il avait honoré la Cité et ses hommes. La montagne, il l’a jura sienne en des poèmes qui ont eu raison de son chant, de son souffle. Et comme je recevais son recueil, il fermait « la porte sans bruit », sans attendre que je lui dise merci.&lt;br/&gt;    Affûte la queue de billard, vieux frère, nous aurons l’éternité pour reprendre la partie, elle n’est pas finie, tu as juste un peu d’avance.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Jack Messy&lt;br/&gt;Créteil, juillet 1992.</description>
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