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Témoignages sur Jean Ferrat

 
 

    Animateur de cabarets parisiens (Le Quod Libet, Le Milord l’Arsouille), Francis Claude signe la préface du premier disque de Jean Ferrat, paru en 1958 chez Vogue (première édition).


   

    Tendre et viril, un regard alerte, curieux et narquois dans un visage sec  robuste, la bouche au nez sinueuse dont l’éternel sourire ironique dissimule mal une extrême sensibilité : voilà mon ami Jean Ferrat.

    Sa vie ? comme il le chante lui-même, c’est un reflet. Sa vie, « c’est l’air d’une chanson qui ressemble à la joie »; une joie voilée de pudeur, mélancolique et grise, mais de ce gris de Paris dont la grande artiste Joan Greenwood me disait un jour qu’il est l’arc-en-ciel des âmes subtiles...

    Jean Cocteau a écrit que tout peintre, quoi qu’il peigne, fait toujours son auto-portrait. Quand vous connaîtrez bien les chansons de Jean Ferrat, vous vous apercevrez qu’en les assemblant comme un puzzle on arrive tout naturellement à reconstituer l’auteur. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles ses chansons sont bonnes. Elles ont aussi, à mon sens, une qualité primordiale : elles se situent hors du temps et de la mode par leur simplicité, la vraie simplicité qu’on obtient à la fin et qui demande beaucoup de culture, de goût, de travail et de sensibilité. Accommodés à la sauce de Jean Ferrat, la vie et les mots de tous les jours prennent une saveur nouvelle.

    Il chante ce qu’il aime dans les endroits qu’il aime : il suit le conseil de Paul Valéry, il cultive l’argent et la gloire comme des sous-produits. Il a promené ses chansons, sa guitare et sa voix, une voix chaude, pleine de prolongements poétiques, à l’Échelle de Jacob, au Port du Salut, chez Milord l’Arsouille (dont il a les qualités conjuguées et en apparence contradictoires), au Vieux-Colombier, à la Colombe et chez Moineau... Oiseau de Paris, il l’est en effet : qu’il chante les durs de durs, les clochards, les mercenaires sans idéal qui tuent pour vivre, ou qu’il chante cet air qui ressemble à la joie, on l’imagine toujours poussant son refrain dans tous les endroits où s’écrivent la petite et la grande Histoire de la plus belle ville du monde...

    Même sur les barricades, Gavroche, lui non plus, ne se prenait pas au sérieux...

           

     « Je suis tombé par terre

    C’est la faute à Voltaire

    Le nez dans le ruisseau             

    C’est la faute à Rousseau... »...


Francis Claude

(au dos de la pochette

du premier 45 tours de Jean Ferrat)

 

dimanche 14 mars 2010

Francis Claude, préfacier de son premier disque en 1958

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interview 2003 (INÉDITE)

LIENS :


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FERRAT ET SES INTERPRETES

JEAN FERRAT ET L’ARDÈCHE

TÉMOIGNAGES DE :


GÉRARD MEYS

FRANCESCA SOLLEVILLE

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MICHEL VALETTE

BERNARD PIVOT

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EDDIE BARCLAY

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