
Témoignages sur Jean Ferrat

« 1960 : c’est Ferré qui rentre chez Barclay. 1962 : au tour de Brel. 1963 : voilà que vient Jean Ferrat. Il est beau, grand, bâti comme un paysan intello (c’est rare) d’idées communistes s’il n’est pas au Parti, avec une voix superbe, bien faite pour marteler les mots. Son ami et producteur de toujours (il l’est encore), Gérard Meys, me confirme que Ferrat a envie de travailler chez moi pour les mêmes raisons que Brel ou Ferré : maison française, un seul interlocuteur, pas de censure, pas de problèmes matériels (air connu). Ferrat peut chanter Potemkine ou Nuit et brouillard, cela ne l’empêche pas de chanter aussi de superbes chansons d’amour, chansons signées parfois Aragon.
On s’étonne autour de moi de cet éclectisme par trop systématique, d’autant que Ferrat, comme Ferré, ne vient pas à mes fêtes, n’assiste pas à mes mariages, et n’est pas particulièrement un pilier mondain. C’est un artiste, un grand, capable de tout chanter, la politique, l’amour, les femmes, la vie. Il n’y a guère que cela pour m’intéresser : les capacité de l’Artiste. Oui, avec un A, parfaitement. Du reste, Ferrat et moi, nous ne parlons jamais politique. Je ne lui demande pas pourquoi il a l’idée saugrenue d’être communiste, il ne m’interroge pas sur mes goûts excentriques (à ses yeux, en tout cas !). On s’aime bien, on fait du bon boulot ensemble, on se respecte. »
Extrait de Que la fête continue,
Robert Laffont, 1988.
dimanche 14 mars 2010
Eddie Barclay : « Un grand, capable de tout chanter : la politique, les femmes la vie... »
VOIR AUSSI
UN BEST OF vendu à 200 000 exemplaires
interview 1991
interview 1994
interview 2003 (INÉDITE)
ALAIN GORAGUER
SENLIS ET DELÉCLUSE
DISCOGRAPHIE DE FERRAT
SES INTERPRÈTES
TÉMOIGNAGES DE :
BERNARD PIVOT
ALAIN GORAGUER