
Jean Ferrat

Longtemps, Jean Ferrat a été, paraît-il, hostile au principe des compilations et autres « best of », considérant, à tort ou à raison, les chansons d’un album comme faisant partie d’un tout... Son éditeur et ami Gérard Meys a dû se montrer particulièrement convaincant puisque vient de paraître, pour les fêtes de fin d’année, un triple CD avec 57 titres du catalogue Teme... qui s’est vite retrouvé en tête des ventes !
Car Ferrat est demeuré très populaire dans le cœur des gens — et bien au-delà des sympathisants communistes — et pour paraphraser Brassens, il n’y a, dans son œuvre, presque « rien à jeter » !
Ce sont donc ici 57 titres, presque autant de chansons fortes, des chansons repères bien ancrées dans la mémoire collective et dans le parcours individuel de chacun d’entre nous... Ferrat, on ne le dira jamais assez, n’est pas qu’un simple « chanteur à textes » ! Ses chansons impeccables (écrites par lui ou par d’autres : Pierre Frachet, Senlis et Delécluse, Aragon, Georges Coulonges, Henri Gougaud, Jean-Claude Massoulier, Guy Thomas...) sont portées par des mélodies sublimes et une « voix de miel » déjà remarquée à ses débuts... À cela s’ajoute l’inventivité et le lyrisme des arrangements d’Alain Goraguer depuis 1960.
Contrairement à d’autres « chanteurs engagés », Jean Ferrat n’a jamais refusé l’émotion et c’est pourquoi ses chansons sur des sujets graves (Nuit et brouillard, Potemkine, Maria, Ma France, La Commune, Camarade, Le bilan...) nous touchent profondément.
Ferrat sait aussi évoquer « la vie des vrais gens » avec des chansons qui reflètent les joies et les peines du quotidien, comme Ma môme, La montagne, C’est beau la vie, On ne voit pas le temps passer, La matinée (en duo avec Christine Sèvres), Oural Ouralou, Tu verras tu seras bien... Il est aussi intervenu dans les débats de société. Sur la chanson, par exemple, avec Pauvre Boris en 1966, Chanter en 1980.
Il y a aussi ses chansons d’amour : Deux enfants au soleil, Je vous aime, L’amour est cerise... et les poèmes d’Aragon (Que serais-je sans toi, Nous dormirons ensemble, Heureux celui qui meurt d’aimer, Complainte de Pablo Neruda, Un jour, un jour ou Les yeux d’Elsa réenregistrée en 2003...). Nourri à l’œuvre poétique d’Aragon, il écrit en 1975 un vibrant hommage aux femmes (La femme est l’avenir de l’homme).
Je ne chante pas pour passer le temps, affirmait Jean Ferrat dès 1965. De fait, il a toujours été un observateur de l’évolution de la société et des mœurs. Ses chansons « politiques » se comptent par dizaines. Parmi ses dernières, toujours d’actualité, on retrouve ici La porte à droite, Dans la jungle ou dans le zoo, Les Tournesols, À la Une (et non lune comme mal orthographié)...
Pudique, Ferrat s’est parfois livré au hasard d’une rare et belle chanson comme Nul ne guérit de son enfance.
R. B.
• Triple CD Teme / Sony.
• Les deux numéros de Je Chante consacrés à Jean Ferrat, plusieurs fois réédités, sont à nouveau épuisés pour l’instant !
dimanche 3 janvier 2010
Jean Ferrat : le premier « best of »
Ferrat, on ne le dira jamais assez, n’est pas qu’un simple « chanteur à textes » ! Ses chansons impeccables, écrites par lui ou par d’autres, sont portées par des mélodies sublimes et une « voix de miel » déjà remarquée à ses débuts... À cela s’ajoute l’inventivité et le lyrisme des arrangements d’Alain Goraguer depuis 1960.
Contrairement à d’autres « chanteurs engagés », Jean Ferrat n’a jamais refusé l’émotion et c’est pourquoi ses chansons sur des sujets graves (Nuit et brouillard, Potemkine, Maria, Ma France, La Commune, Camarade, Le bilan...) nous touchent profondément.
VOIR AUSSI
UN BEST OF vendu à 200 000 exemplaires
interview 1991
interview 1994
interview 2003 (INÉDITE)
TÉMOIGNAGES DE :
BERNARD PIVOT
ALAIN GORAGUER