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      <title>Jean-Claude Pascal chante Nous les amoureux à l’Eurovision 1961</title>
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      <pubDate>Sun, 10 Jan 2010 16:14:41 +0100</pubDate>
      <description>&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Une certaine idée de la France...</title>
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      <pubDate>Sun, 10 Jan 2010 15:42:29 +0100</pubDate>
      <description>« J’ai quitté le cinématographe pour faire des chansons. Et là, le même problème s’est reproduit : on attendait que je chante Cerisier rose et pommier blanc et moi, je préférais chanter des chansons plutôt pleines de poivre que de sucre d’orge et qui étaient celles de débutants comme Serge Gainsbourg ou Guy Béart.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Je n’ai pas choisi la facilité. On me l’avait relativement imposée. A l’époque où j’enregistrais beaucoup en France, si j’avais pu enregistrer ce que je voulais, il est bien évident que j’aurais enregistré des gens qui étaient inconnus en France. Je vous répète les noms de Gainsbourg et Béart, et de bien d’autres encore. Seulement, à l’époque, c’était des choses révolutionnaires et on ne pouvait y toucher. Les maisons de disques taxaient cela d’anti-commercial : on n’en vendra pas, donc on n’enregistre pas. Et on me faisait enregistrer à longueur de rubans, des « choseries » qui n’avaient qu’un intérêt extrêmement limité. La preuve, c’est qu’elles ont été oubliées.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Ce n’est pas moi qui parle. Heureusement, j’ai affaire à des auteurs qui manient la langue française beaucoup mieux que moi, en tout cas sur le plan de la chanson. J’ai eu la chance d’avoir affaire à des gens qui m’ont laissé carte blanche pour le choix de mes chansons. Je me suis précipité sur ce qui m’intéresse le plus dans les chansons : le texte et je suis tombé sur des textes qui m’ont beaucoup plu, sur lesquels on a mis des harmoniques qui me plaisaient également. Et ça a donné un disque qu’on a appelé « Je voyage ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Quand je m’écoute, je me juge très mal. Quand on a fini un enregistrement, je trouve que ce n’est pas tout à fait ça, que là, je ne chante pas tout à fait juste, que ce n’est pas en mesure, que je ne dis pas le mot comme il faut... Si on écoutait que moi, je recommencerai éternellement les chansons...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Nous les amoureux, c’est un joyeux hasard. J’ai gagné ce prix de l’Eurovision sans faire exprès. Pourquoi moi ? Je n’en sais absolument rien. Il faut dire que la chanson était très belle et elle est bien tombée à ce moment-là.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Je n’ai jamais réussi en France à faire ce qu’on appelle un one-man-show. Une heure et demie, entracte et puis une heure et quart, tout seul avec son orchestre. Or, il se trouve que de Varsovie à Sofia, en passant par Vienne, Belgrade, Bucarest et Budapest, j’ai donné chaque année des récitals. Or, ce public ne parle pas forcément le français couramment. Pourtant, les salles étaient combles, les gens m’écoutaient poliment. Etait-ce moi qu’ils écoutaient ou la France ? Ou, comme disait quelqu’un qui a disparu il y a quelque temps : une certaine idée de la France ? »&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Jean-Claude Pascal&lt;br/&gt;Extrait de la Radioscopie de Jacques Chancel&lt;br/&gt;France-Inter, 1973.</description>
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      <title>Adieu Jean-Claude Pascal...</title>
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      <pubDate>Sun, 10 Jan 2010 15:41:25 +0100</pubDate>
      <description>Il est venu trop tard, ou trop tôt. Il était trop fin et trop vrai pour ce monde fruste et feint, trop artiste et artisan pour ce monde artificiel et industriel, trop intime pour ce monde qui n'est plus qu'extériorité. Trop « classique » aussi, trop détaché de ce monde narcissique, épris de sa modernité et qui préfère ceux qui le détestent à ceux qui l'ignorent royalement, la haine-passion au souverain mépris de l'indifférence : le dénigrer désespérément, n'est-ce pas avouer qu'on ne conçoit pas un monde meilleur et reconnaître en lui, sinon le meilleur des mondes, du moins le seul monde possible ? Est-ce un hasard si les seuls authentiques artistes que la « société de consommation » ait supportés dans ses flancs étaient aussi critiques à son égard que désespérés ? Et si la relève, dans la chanson authentique, est problématique, n'est-ce pas la conséquence logique de ce désespoir, qui insulte son avenir ? Mais l'avenir fera à cet interprète de valeur la place de choix qu'il mérite, quand au culte inculte du présent succédera, inévitablement, la culture vivante de l'éternel.&lt;br/&gt;    Adieu, Jean-Claude, et continue à chanter si bien !&lt;br/&gt;René Bellaïche&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Interview de Jean-Claude Pascal : « Je ne suis pas un chanteur, je n’ai été qu’un interprète de textes »</title>
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      <pubDate>Sun, 10 Jan 2010 15:26:18 +0100</pubDate>
      <description>JE CHANTE.- Jean-Claude Pascal, vous nous présentez un livre qui s’appelle L’enfant et les giboulées. Je crois que vous n’en êtes pas à votre coup d’essai en tant qu’écrivain ?&lt;br/&gt;    JEAN-CLAUDE PASCAL.- Ecrivain, c’est beaucoup dire... Je suis un homme qui écrit. Mais comme c’est difficile d’écrire, peut-être que je fais des progrès à chaque livre... C’est mon septième en cinq ans. On m’a demandé, non pas un livre de Mémoires, comme à beaucoup de mes homologues, mais un livre de témoignage d’époque. J’ai eu l’occasion de raconter « mes débuts dans la vie ». En rentrant de la guerre, à dix-huit ans, je ne savais pas tellement quoi faire. Et ce livre m’a permis de me mettre en boîte moi-même, d’ironiser sur mon propre compte et de parler des gens que j’avais rencontrés au début de ma carrière, ou de mes carrières. &lt;br/&gt;    Ce livre, sorti chez Robert Laffont il y a quelques années, s’appelait Le beau masque et a eu un certain succès. Parce que le public a apprécié ma façon de me traiter, de traiter l’époque dont je parlais dans ce bouquin. Après, les éditeurs se sont dits : « Tiens, il n’écrit pas mal... » et j’ai commencé à écrire des livres. Mais j’avais surtout envie de passer un examen de passage, et je me suis mis pendant quatre ans à travailler sur une biographie historique, celle de Marie Stuart, la dernière reine d’Ecosse. Je me suis plongé pendant plusieurs années dans le XVI° siècle. J’ai fait des voyages en Ecosse, en Angleterre, consulté les archives... Ça a pris beaucoup de temps. Ce livre est sorti en 1987 mais j’avais, bien sûr, commencé longtemps avant à réunir ma documentation. Il a été excessivement bien accueilli, tant des historiens « orthodoxes » que des libraires, et par conséquent du public. Il continue à se vendre et, m’a t-on dit, il fait référence puisqu’on n’a pas écrit récemment d’ouvrages sur Marie Stuart aussi poussés. C’est un livre de mille pages que j’ai mis quatre ans à écrire, bien avant la rédaction de mon premier bouquin.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Sept ouvrages en cinq ans, c’est beaucoup. Est-ce que ça veut dire que Jean-Claude Pascal écrivain a laissé tomber définitivement Jean-Claude Pascal chanteur ?&lt;br/&gt;    Je crois que dans la vie, il y a un temps pour tout. J’ai fait beaucoup de choses, je crois. Je me suis promené dans différentes disciplines artistiques. J’ai toujours essayé de m’attaquer à des expressions que je ne connaissais pas dans la création. Après avoir fait des robes chez Christian Dior, j’ai fait du théâtre puisque j’ai été très vite tête d’affiche en face d’Edwige Feuillère qui m’a fait jouer le rôle d’Armand Duval dans La Dame aux camélias. Très bonne leçon. Le jour où madame Feuillère m’a dit que j’avais du talent, ça m’a fait plaisir. Après, j’ai fait du cinéma, et le jour où Pierre Fresnay, mon partenaire, m’a dit que j’avais du talent, ça m’a fait plaisir aussi... Dans la chanson, le jour où Charles Trenet m’a dit que j’avais du talent, ça m’a fait plaisir. Et puis, aujourd’hui, quand Philippe Erlanger a lu le manuscrit de mon livre, il m’a dit que c’était un livre remarquable. Venant d’un grand historien, ça m’a fait plaisir aussi... Dans ma vie, je me débats dans des difficultés que je crée moi-même. Au lieu de me satisfaire des petites réussites ou des petites glorioles que j’aurais pu avoir dans les différentes disciplines artistiques précitées, je préfère m’inventer des obstacles et tenter de les sauter avec mon petit cerveau ou mon petit porte-plume, actuellement...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    A chaque fois que vous attaquez quelque chose de nouveau, vous laissez un peu tomber ce que vous avez fait auparavant. Vous ne menez pas de front plusieurs choses, plusieurs carrières.&lt;br/&gt;    Je ne laisse pas tomber un petit peu : je laisse tomber complètement. Je suis incapable de faire deux choses à la fois. Quand je faisais du cinéma, je ne chantais pas, quand je chantais, je ne faisais ni cinéma ni théâtre. Et inversement. On me parle souvent du concours de l'Eurovision. J’avais probablement un avantage sur les autres concurrents, c’est que les jurys des différents pays d’Europe me connaissaient, connaissaient ma gueule par rapport au cinématographe. Il est possible que n’ayant pas trop mal chanté ce jour-là, j’ai eu un léger avantage par rapport aux autres. Et la chanson était très belle. Je l’ai bien défendue ce jour-là. J’ai gagné le concours, merci mon Dieu. Vous savez, les concours, ça ne veut pas dire grand-chose, mais j’ai été très heureux d’avoir décroché la timbale. Bien sûr, ça a beaucoup compté, étant donné que la chanson a fait le tour de l’Europe et que ça m’a permis d’aller me promener avec mon orchestre dans différents pays, les pays limitrophes de la France et même les pays de l’Est, derrière le Rideau de fer, qui est maintenant en train de s’écrouler... J’ai chanté de Varsovie à Sofia en passant par Bucarest, Budapest. Je suis même allé chanter à Moscou et en Allemagne de l’Est, à Leipzig et Berlin-Est... &lt;br/&gt;    Cette chanson m’a ouvert toutes les portes de l’Europe. J’ai été chanter jusqu’aux Etats-Unis, même en Australie. Ça fait partie des très bons souvenirs. Je n’ai jamais été ce qu’on appelle un chanteur. J’ai été un interprète de textes, de chansons. Les textes étant beaux, on mettait les harmonies dessous pour arriver à les mettre en valeur. Je ne me suis jamais pris pour un chanteur. Un chanteur, pour moi, c’est Caruso, c’est la Callas ! Je n’ai jamais eu la prétention d’avoir une voix exceptionnelle. Je chantais pas mal parce que j’articulais, paraît-il, à ma façon. Donc, j’interprétais en soulignant les mots intéressants dans une expression poétique.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    La nostalgie étant à la mode, est-ce qu’on vous sollicite beaucoup, à la radio, à la télévision ?&lt;br/&gt;    Oui, bien sûr. Il y a un disque compact qui va sortir ces jours-ci chez EMI. Dans ce premier compact, il y a une vingtaine de chansons qui sont parmi celles qui ont plu le plus au public. Il y a bien sûr Nous les amoureux, qui a eu le Grand prix de l’Eurovision et d’autres chansons qui ont été primées (le Grand prix du disque, le prix de l’Académie Charles-Cros...). Mais ce n’est qu’un début. La maison de disques en prévoit d’autres. Comme j’ai au moins 200 titres au catalogue Pathé Marconi, vous risquez de m’entendre sur les ondes...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Dans la carrière d’un chanteur comme vous, avoir gagné le Grand prix de l’Eurovision en 1961, est-ce que ça reste quelque chose d’important et de marquant ?&lt;br/&gt;    Important et marquant, sûrement, mais je vous signale au passage que c’était dû au hasard et pas à mes mérites. La chanson était bonne. Aujourd’hui, je n’ai plus du tout l’envie de chanter. Je n’ai plus envie de remonter sur une scène pour faire du théâtre et encore moins de regarder les caméras en face... Ma vie a été un très beau voyage. Je me suis activé toute mon existence, avec plus ou moins de bonheur parce que rien ne se fait facilement. Toutes les réussites que j’ai pu avoir sont dues bien sûr à la chance et au hasard mais aussi à beaucoup de travail. Je ne crois pas au miracle des réussites extravagantes. Comme un bon artisan, je crois à la vertu du travail. Et j’ai travaillé constamment pour arriver à défendre mes idées sur le plan artistique. C’est-à-dire à me battre et me débattre pour prôner ce que j’estimais de qualité.     &lt;br/&gt;    Evidemment, ça coûte très cher parce que je ne suis d’aucune mode, je ne suis entré dans aucune mode, je suis resté à ma mode, et c’est peut-être pour ça que le public m’est fidèle depuis, m'a t-on dit, maintenant cinq générations... C’est extrêmement confortable, par exemple, de prendre un taxi en pleine nuit et d’entendre le chauffeur vous dire : « Monsieur Pascal, où allez-vous ? »... Qu’il me reconnaisse même à la voix, je trouve ça fabuleux, c’est un  cadeau du ciel extraordinaire...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    On parle beaucoup des crooners actuellement. Est-ce qu’on peut vous considérer comme étant ou ayant été un crooner français ?&lt;br/&gt;    Les gens considèrent ce qu’ils veulent, vous savez... Coller des étiquettes, c’est une sacro-sainte manie en France. Mais tout ça est très loin de moi, pour l’instant. Je suis dans la littérature, je m’occupe de livres. Je me répète : ce sont de beaux souvenirs. Mais ce qui m’intéresse, c’est de travailler ma feuille de papier blanc avec mon porte-plume bleu. Ça me passionne, du matin au soir. Je passe dix heures par jour quand j’ai un livre à écrire.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Alors revenons à la littérature. Est-ce que vous avez eu l’idée de sortir une vraie biographie de vous ?&lt;br/&gt;    Ah non, c’est assommant de parler de soi-même. Si on me demandait de parler de certaines périodes de mon existence, je préférerais qu’un autre le fasse à ma place. Je me vois mal en train de faire éditer un « je, je, je »... Ce serait très emmerdant. Pour tout le monde. Pour le lecteur, ça peut être fastidieux et surtout pour le type qui écrit. La conjugaison de soi-même par soi-même, c’est à éviter. Pascal - pas moi, Blaise - l’a dit : le moi est haïssable, et je crois que je ne suis pas loin de penser comme lui.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Propos recueillis par Michel Gosselin&lt;br/&gt;(Radio Bleue) le 15 février 1990.</description>
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      <title>Soirées de prince</title>
      <link>http://www.jechantemagazine.com/Dossier_Jean-Claude_Pascal/Dossier_Jean-Claude_Pascal/Entrees/2010/1/10_Soirees_de_prince.html</link>
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      <pubDate>Sun, 10 Jan 2010 15:24:49 +0100</pubDate>
      <description>Soirées de prince, à l’origine, était un poème destiné à Gilbert Bécaud. Pierre Delanoë le lui avait proposé mais « Monsieur 100000 volts » n’avait pas « accroché ». &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    « Ce n'était qu’une vingtaine d’alexandrins, explique Pierre Delanoë dans La vie en chantant, paru chez Julliard en 1980. Rien n’est plus difficile pour un compositeur que de s’exprimer en musique sur cette cadence régulière et monotone. Ou bien il doit trouver un dessin mélodique génial, ou bien il doit casser les vers et ajouter une ritournelle qu’il faudra paroler à part. Guy Magenta trouva immédiatement une mélodie simple, qui met bien le texte en valeur et lui apporte un charme romantique indispensable. &lt;br/&gt;    Avec le recul, ajoute Delanoë, c’est une de mes préférées, et c’est aussi celle de beaucoup de mes amis, puisque Jacques Martin, dont on connaît la passion pour une certaine chanson, vient de l’enregistrer. C'était notre première collaboration, et ce fut une réussite. Jean-Claude Pascal, chanteur « non yéyé » au summum de sa gloire, l’enregistra et en fit un succès. »&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Extrait de La vie en chantant, &lt;br/&gt;de Pierre Delanoë, Julliard, 1980.</description>
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      <title>Jean-Claude Pascal, un interprète à (re)découvrir</title>
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      <pubDate>Sun, 10 Jan 2010 15:22:21 +0100</pubDate>
      <description>Nous, les amoureux de la bonne chanson française, avons appris la mort de Jean-Claude Pascal ce mardi 5 mai 1992 et nous sommes tristes. Curieux destin que celui de ce fils de famille qui fut comédien, chanteur, écrivain, très populaire dans les années 50 et qui est mort à soixante-quatre ans dans l’indifférence médiatique. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Ex-styliste chez Dior, c’est en dessinant les costumes de Don Juan pour Louis Jouvet que Jean-Claude Pascal décide de prendre des cours de comédie. Il débute au théâtre en 1949 aux côtés d’Edwige Feuillère (La Dame aux camélias) puis au cinéma en 1951 dans Le Rideau cramoisi d’Alexandre Astruc. Son physique de séducteur romantique (« Il était exceptionnellement beau », dira de lui Edwige Feuillère) le confine dans de rôles de jeunes premiers sans grande épaisseur et dans des films souvent médiocres : Un caprice de Caroline Chérie, avec Martine Carol, Le fils de Caroline Chérie, avec Brigitte Bardot, La Belle et l’Empereur, avec Romy Schneider, Angélique et le Sultan, avec Michèle Mercier... Des films qui ne laisseront pas une trace indélébile dans l’histoire du cinéma français mais qui lui apporteront une certaine popularité. Jean-Claude Pascal devient le french lover des années 50. Il reçoit des milliers de lettres d’amour.&lt;br/&gt;    C’est pourtant à cette époque qu’il délaisse le cinéma (« J’en avais marre de jouer les puceaux ridicules », sic) pour se lancer dans la chanson. A trente-trois ans, il donne son premier tour de chant à Bobino. Là encore, son physique et sa voix de crooner font mouche, et l’année suivante, en 1961, il triomphe au grand prix Eurovision avec Nous les amoureux (écrit par Maurice Vidalin et Jacques Datin). Mais ce titre sera son seul grand succès. Il continuera d’enregistrer des disques jusqu’aux années 70 puis reviendra au théâtre et jouera dans des séries télévisées attendant désespérément que le cinéma l’appelle. Ces dernières années, Jean-Claude Pascal s’était consacré à l’écriture, essentiellement des romans historiques, puis ses Mémoires qu’il publia en 1986 sous le titre Le Beau masque.&lt;br/&gt;    Quel souvenir garderons-nous de Jean-Claude Pascal chanteur ?&lt;br/&gt;    D’abord, la voix. Belle, chaude, caressante. Raclant volontiers dans les graves. Ensuite, un répertoire qui est loin d’être déshonorant. Car là aussi, sa notoriété de french lover aurait pu le faire sombrer dans la facilité des chansons « guimauves » qu’on ne manquera pas de lui proposer. Or, Jean-Claude Pascal, préféra hanter les cabarets à la recherche d’auteurs-compositeurs. Ainsi, un soir, il franchit la porte du Milord l’Arsouille, le cabaret de Francis Claude, et découvre là un garçon blême, pétri d’angoisse, qui chante l’alcool et les femmes fatales. C’est ainsi que Jean-Claude Pascal fut un des premiers interprètes de Serge Gainsbourg (Douze belles dans la peau, Le poinçonneur des Lilas, La recette de l’amour fou...). Puis il interpréta les chansons de Bécaud avant que celui-ci ne les chante lui même (Bécaud le surnomma affectueusement « mon frère jumeau » : ils sont nés tous les deux le 24 octobre 1927 à la même heure).&lt;br/&gt;    Par la suite, et toujours accompagné par l’orchestre de Léo Chauliac (qui fut le pianiste de Trenet), Jean-Claude Pascal interprétera quelques unes des plus belles chansons (parfois méconnues) des auteurs les plus talentueux des années 60 : Aznavour, Béart, Bernard Dimey, Guy Bontempelli, Barbara, Jacques Brel, Pierre Louki, Maurice Vidalin..., avec une prédilection pour les textes traitant du temps qui passe et des amours perdues (40 ans, Ma jeunesse fout le camp, Quel joli temps, L’amour c’est comme un jour, En relisant ta lettre, Je n’aurais pas le temps, Le vent et la jeunesse, Dans le miroir...) Parmi ses plus belles réussites, il faut noter la magistrale interprétation qu’il fit de Soirées de prince (du « sur mesure » pour ce fils de grand couturier) que composèrent Pierre Delanoë et Guy Magenta. A mon sens, une des plus belles chansons du répertoire français de ces trente dernières années.&lt;br/&gt;    Malheureusement, les radios ne retiendront de lui que Nous les amoureux (qui, dans le genre, n’en demeure pas moins une chanson fort réussie). Comme au cinéma, Jean-Claude Pascal a peut-être, là aussi, été en quelque sorte victime de sa belle gueule et de sa voix de crooner mondain. Et de ce fait, il ne pouvait pas se permettre, à la différence d’un Reggiani ou d’un Aznavour, de chanter le mal de vivre ou les amours malheureuses. S’il n’a jamais vraiment réussi à s’imposer à long terme dans une carrière de chanteur, il a quand même enregistré plusieurs disques qu’il n’est pas déshonorant de posséder et d’écouter. Amateurs de vinyle et de bonne chanson française, vous trouverez aisément les 45 tours et quelques 25 centimètres de Jean-Claude Pascal de la période Pathé Marconi dans les diverses Conventions et chez les disquaires d’occasions. Sinon, il existe dans le commerce un disque compact de la collection « La chance aux chansons » qui rassemble les plus grands titres (dont ceux cités précédemment). Jean-Claude Pascal : un interprète à (re)découvrir.&lt;br/&gt;Ivan Perey</description>
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      <title>Une pensée pour Pascal</title>
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      <pubDate>Sun, 10 Jan 2010 14:58:56 +0100</pubDate>
      <description>Au fond, si Jean-Claude Pascal a fait de la peine à ceux qui ont pleuré sa mort il y a quelques jours, c’est la faute du maréchal Leclerc, d’un comédien nommé Mazotti, d’un coiffeur pour dames, de Françoise Arnoul et de la régie des tabacs : ils ont tous quelque chose à se reprocher dans sa réussite.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    En fait, il avait tout pour connaître la gloire dans une foule de domaines excepté celui de la chanson. Il ne faudrait d’ailleurs pas se méprendre sur sa carrière de chanteur : elle fut remarquable et s’est traduite par 55 microsillons 33 tours, un triomphe à l’Eurovision et un Grand Prix de l’Académie du disque couronnant des tournées dans le monde entier, Amérique et Russie comprises.&lt;br/&gt;    C’est vrai que cette réussite dans la chanson a quelque chose d’insolite et de surprenant : on imagine qu’il aurait pu aller beaucoup plus loin dans d’autres disciplines. On l’aurait vu parfaitement réussir, par exemple, dans l’industrie de la draperie. Il était né coiffé dans ce secteur, puisqu’il avait vu le jour le 24 octobre 1927 dans une très riche famille de drapiers du Nord, les Villeminot. Le bambin connut une enfance dorée, entre une nurse anglaise et une gouvernante allemande. Sa route était toute tracée : il entrerait dans l’entreprise familiale et en prendrait la tête quand les aînés s’en retireraient. C’était sans compter sur le général Leclerc qui vint tout gâcher. Le jeune homme - il avait seize ans - avait autre chose dans la tête qu’un avenir dans la draperie internationale. Il se sentait l’âme d’un Errol Flynn la veille de la charge de la brigade légère : prétendant qu’il avait perdu ses papiers dans un bombardement en Normandie, il affirma avoir vingt et un ans et s’engagea dans la division Leclerc. &lt;br/&gt;    Il en revint deux ans plus tard avec la croix de guerre et la moitié de ses illusions en moins. Mais avec un appétit féroce pour l’aventure et l’inconnu. Pour calmer la famille, il fit un petit tour dans la draperie : ce fut une catastrophe et son renoncement fut un véritable soulagement pour les aînés. A la draperie,  Jean-Claude préférait  le chiffon : il entra chez Dior. Ce fut sa période folle. On le vit chez Givenchy, chez Pignet et chez Hermès où il fut l’un des inventeurs du célèbre « carré ». &lt;br/&gt;    Mais le destin veillait : faisant des costumes de scène pour Edwige Feuillère, il découvrit le théâtre. Fasciné, il décida de jeter l’aiguille et le dé pour se lancer dans le rideau. Au Cours Simon, il côtoie Nicole Courcel, Philippe Nicaud et Pierre Mondy, inséparable d’un comédien nommé Pascal Mazotti, qu’on verra dans des films comme Les grandes familles ou Le dialogue des Carmélites. C’était l’époque où le débutant Jean-Claude cherchait un nom, car la famille Villeminot ne tenait pas à voir son patronyme sur une affiche de saltimbanques. Entendant Pierre Mondy dire sans arrêt à son copain : « Non, Pascal, non, Pascal », il saisit le nom au vol et devint Jean-Claude Pascal.&lt;br/&gt;    Il faut dire que le jeune homme avait ce qu’on appelait « une belle petite gueule ». Il suffisait sans doute de la montrer pour que ça marche. Il alla, notamment, la montrer dans une maison de production préparant un film avec Georges Marchal, en compagnie de son copain Philippe Nicaud. « Laissez votre adresse, on vous écrira, leur dit une fille. Tous les rôles sont distribués. » Un peu déçus, les deux compères s’apprêtaient à reprendre l’ascenseur lorsqu’un un personnage interpella Jean-Claude. « Au fait, dit le personnage, vous pouvez toujours repasser demain matin. Mais teint en blond. On ne sait jamais ! »&lt;br/&gt;    Le lendemain, Jean-Claude, transformé en blond par les soins d’un artiste capillaire de qualité, débarque. Il apprend que Georges Marchal n’était plus libre, l’inconnu qu’il était allait le remplacer. C’était encore l’époque où les metteurs en scène pêchaient leurs vedettes dans la rue : en octobre 1949, Jean-Claude Pascal faisait une entrée fracassante dans le cinéma en tournant son premier film, Le jugement de Dieu, sous la direction de Raymond Bernard, le fils de Tristan Bernard. Il connaîtra une belle carrière, de ce Jugement de Dieu aux Toits de Saint-Pauli, passant par Le rideau cramoisi, Un caprice de Caroline Chérie, Le grand jeu, Pêcheur d’Islande ou Angélique et le sultan.&lt;br/&gt;    Ce qui intéresse Je Chante ! Discographies n’est pas le cinéma mais la chanson. En fait, l’un induisit l’autre. En 1953, il tourna en effet La rage au corps, sous la direction de Ralph Habib : par amitié pour la vedette, Françoise Arnoul, il accepta de n’y faire qu’une apparition... chantée. Il sembla y prendre goût puisque, ne tournant qu’un film par an dans les années 60, il eût l’idée de s’attaquer à la chanson. La nature lui avait donné une très jolie voix de soprano qu’il avait légèrement altérée par la cigarette, mais qu’il savait utiliser par ses indiscutables qualités de comédien. Dans ce domaine aussi, cela marcha d’emblée, même si les marchands de disques l’obligèrent à susurrer des mélopées sirupeuses alors qu’il ne rêvait que d’interpréter Brel ou Barbara.&lt;br/&gt;    Alors, il accepta un défi : le concours de l’Eurovision où il avait tout à perdre et bien peu à gagner. Gagner le concours, simplement. Il le fit avec une ravissante bluette de deux « génies » de la chanson populaire, Jacques Datin et Maurice Vidalin, Nous les amoureux. Ce succès fut suivi du Grand Prix du disque et sa carrière de chanteur se poursuivit en français, en anglais, en italien et en allemand, ponctuée par cinquante-cinq 33 tours et des tournées dans le monde entier.&lt;br/&gt;    Encouragé par la réussite, il s’essaya à nouveau dans l’Eurovision avec une chanson de Jean-Claude Petit, Sophie Makhno et de... Jean-Claude Pascal, C’est peut-être pas l’Amérique. Il était devenu Luxembourgeois pour la circonstance, mais, cette fois, il rata son affaire : il fut classé dixième et on oublia très vite l’épisode.&lt;br/&gt;    La réussite de ce touche-à-tout de talent, aussi bien au cinéma qu’au théâtre ou dans la chanson, a été réelle, comme si toutes les fées s’étaient penchées sur son berceau à sa naissance. Au fond, cette réussite n’est-elle pas une sorte de malentendu ? Il rêvait d’être Robin des Bois au cinéma, il ne fut que le fils de Caroline Chérie. Il rêvait d’être Lorenzaccio, il ne fut qu’Armand Duval. Il voulait chanter Béart, Ferré et Brel : il reste le « crooner » de Nous les amoureux. Et ce n’est déjà pas si mal.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Christian Plume&lt;br/&gt; (Radio Bleue)</description>
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