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    <title></title>
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      <title>Vidéos de Christine Sèvres et de Jean Ferrat</title>
      <link>http://www.jechantemagazine.com/Dossier_Christine_Sevres/Blog_Christine_Sevres/Entrees/2010/3/4_Videos_de_Christine_Sevres_et_de_Jean_Ferrat.html</link>
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      <pubDate>Thu, 4 Mar 2010 23:30:20 +0100</pubDate>
      <description>&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Interview de Christine Sèvres et de Jean Ferrat au Journal de Paris, le 13 février 1969.&lt;br/&gt;Présentation : Agnès de La Faye.&lt;br/&gt;Durée 3’57.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Visible sur le site de l’INA : &lt;a href=&quot;http://www.ina.fr/divertissement/chansons/video/CAF97071454/christine-sevres-et-jean-ferrat.fr.html&quot;&gt;http://www.ina.fr/divertissement/chansons/video/CAF97071454/christine-sevres-et-jean-ferrat.fr.html&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Autre vidéo visible intégralement — sur le site de l’INA, les chansons sont désormais systématiquement coupées au bout de quelques secondes... —, un reportage chez lui, dans son appartement d’Ivry, en compagnie d’Anne-Marie Carrière.&lt;br/&gt;Reportage diffusé dans Au-delà de l’écran, le 15 mars 1964.&lt;br/&gt;Réalisateur : Yvan Deputier.&lt;br/&gt;Durée : 2’47.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Visible sur le site de l’INA : &lt;a href=&quot;http://www.ina.fr/divertissement/chansons/video/I00013240/a-ivry-chez-jean-ferrat.fr.html&quot;&gt;http://www.ina.fr/divertissement/chansons/video/I00013240/a-ivry-chez-jean-ferrat.fr.html&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Autre vidéo, visible sur You Tube. un extrait rarissime d’un court métrage de 1957, intitulé « Un quart d’heure à Saint-Germain-des-Prés » sur lequel nous n’avons aucun renseignement ! Ferrat y chante une chanson inconnue.&lt;br/&gt;Cliquer sur la photo...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Témoignages sur Christine Sèvres</title>
      <link>http://www.jechantemagazine.com/Dossier_Christine_Sevres/Blog_Christine_Sevres/Entrees/2010/3/4_Biographie_dune_chanteuse_culte_de_la_Rive_gauche_2.html</link>
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      <pubDate>Thu, 4 Mar 2010 22:15:51 +0100</pubDate>
      <description>Claude Vinci : La grande Christine&lt;br/&gt;« Compagnon de route » de la chanson rive gauche, Claude Vinci ne cache pas son émotion à l’écoute du CD de Christine Sèvres. Ni sa colère.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Christine, la tendre, la douce, la sensible, l’intelligence, la câline, la chatte, la Passionaria aussi... Nous fîmes connaissance fin 1956. Dans le même programme de plusieurs mois au Milord l’Arsouille de Francis Claude, accompagnés au piano par... Serge Gainsbourg. C’est au Milord que Christine se pointa un soir, accompagnée d’un semi-inconnu, « son homme », nous dit-elle, Jean Ferrat, qu’elle voulait présenter à Francis Claude. Nous nous retrouvâmes souvent dans tous les cabarets de la Rive Gauche. Et puis, après nos tours de chant, les fins de soirée, les nuits même, aux Cinq Billards de la rue Mouffetard ou à La Boule d’Or de la place Saint-Michel, à refaire le monde. Nos routes professionnelles bifurquèrent mais nous restâmes très liés, très proches, le Syndicat, les événements de 68, Antraigues, bien sûr. Et puis; et puis... et puis ce silence définitif depuis ce sale Premier novembre 1981.&lt;br/&gt;Aussi, quelle intense émotion que de retrouver notre Grande Christine dans cette compilation de dix-sept chansons qui vient de sortir. Emotion jusqu’aux sanglots de plaisir et de tristesse à la fois, à la première écoute; émotion et plaisir que de la replacer constamment sur une scène qui était avant tout son domaine; émotion et plaisir notamment dans ces chansons qui sont de grands moments dont elle a fait des monuments : Point de vue (de Martine Merri et Jean Arnulf), Oscar et Irma (de Jean Obé et Marcel Yonnet qui fut son pianiste de scène), Robert le Diable (d’Aragon et Jean Ferrat), Tu es venu (de Jean Ferrat, cet unique et magnifique cadeau de Jean à Christine et je ne comprendrai jamais que d’autres aient pu s’accaparer ce cadeau sacré, surtout en ne faisant même pas référence à Christine), Ame te souvient-il (de Verlaine et Léo Ferré), Maman j’ai peur (de Brigitte Fontaine et Jacques Higelin), Vivre en flèche (de Jean Vasca) et... et... Le Clown (de Giani Esposito), ce diamant dont on n’a pas à s’excuser de la prétendue moins bonne qualité technique parce que enregistré en répétition. Nom de Dieu, qu’est-ce que ça a dû être ce soir-là, en représentation, avec le public ?&lt;br/&gt;Il y a bientôt quarante ans que je le pense et cette compilation me le confirme : quelle honte pour les médias (radio, télévision, presse), pour les producteurs, pour ce qu’on appelle le showbiz, que d’avoir dédaigné, rejeté d’un revers de main, un talent de la dimension de celui de Christine qui est l’un des maillons essentiels de notre Chanson. Quelle honte que de l’avoir assassinée, à cinquante ans, crime dont ils ne se rendent même pas compte tant est perverse leur arrogance de marchands, sans même essayer de « se racheter », depuis treize ans. Il est encore temps à l’occasion de la sortie de cette compilation, bien que ça ne remplacera jamais le triomphe qu’elle aurait eu et qu’elle aurait encore en scène si elle était toujours parmi nous... autrement et bien mieux que par le seul souvenir.&lt;br/&gt;Pour moi, contraint à la résignation sans surtout jamais l’accepter – nous avons mal combattu, nous n’avons pas gueulé assez fort contre ces crimes –, ce disque va rejoindre les quelques autres qui sont à mon chevet et que j’use jusqu’à la corde.&lt;br/&gt;Claude Vinci,&lt;br/&gt;novembre 1994.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Guy Lauzin&lt;br/&gt;Auteur de chansons sous le nom de Dauvilliez (Les mercenaires pour Jean Ferrat), Guy Lauzin est surtout connu pour ses mises en scène (entre autres, le Palais des Sports 72 de Ferrat).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je n’ai jamais connu une personne aussi disponible, intelligente et sensible que Christine Sèvres. Je pense bien sûr à l’exceptionnelle chanteuse qu’elle est devenue, mais aussi à l’insolite comédienne qu’elle aurait pu être. Je n’ai pas souvenir d’une femme aussi lucide, mais aussi menacée... par elle-même!&lt;br/&gt;Je n’ai pas connu de personnage aussi acharnée à consommer la vie et plus apte à se consumer – à se nourrir de détresse. Pourtant, c’était la Beauté du Diable...&lt;br/&gt;Elle qui était « lumière », femme des nuits, oiseau nyctalope au surnom mérité de chouette que lui donna Jean Ferrat, n’a pas su arrêter le temps, là où elle voulait qu’il s’arrête; à la maturité de la jeunesse, avant que les sensations s’envolent, que les sens s’apaisent, que l’avanture de la vie devienne un scénario du quotidien.&lt;br/&gt;Femme-passion, chant libre aux multiples vibrations, elle tire comme une traîne royale un désarroi venu du fond des temps.&lt;br/&gt;Témoin de nos fêtes, elle n’en supporte pas la fin. Elle aime trop pour supporter d’être déçue, elle aime trop fort, trop « haut » ! Il lui arrive de considérer amitié ou tendresse comme « insultes » quand elle est insatisfaite du parcours de la personne choisie. Son exigence alors devient violence. Elle aime tant les autres qu’elle ne sait rien faire pour elle...&lt;br/&gt;Guy Lauzin, metteur en scène&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Francesca Solleville&lt;br/&gt;Interprète de caractère, elle aussi, Francesca Solleville a bien connu Christine Sèvres. portrait d’une amie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je l’ai connue dans les cabarets, en 1960 chez Moineau. Avec Jean, ils habitaient un tout petit appartement à Ivry. Christine était un personnage très fort et très multiple, quelqu’un de profondément intelligent et plein de sensibilité. Elle avait un caractère difficile et aimait bien diriger. Elle était très fidèle en amitié et surtout très honnête. Elle n’enveloppait pas les choses avec un ruban rose... Elle pouvait être brutale. Il lui est arrivé de me dire des choses désagréables mais, de sa part, je l’acceptais parce que je l’estimais énormément, justement pour cette manière d’être. Elle était plus qu’une chanteuse, parce que nous, les chanteurs, sommes tous un peu démago sur les bords. Christine, elle, ne l’était pas du tout.&lt;br/&gt;C’est pour ces raisons-là qu’elle n’a pas fait la carrière qu’elle aurait pu et dû avoir : parce que l’on ne pouvait pas l’obliger à faire ce qu’elle ne voulait pas. Elle possédait un sacré caractère. Professionnellement, elle ne voyait pas les choses comme les attachés de presse et les producteurs. Elle n’avait pas de stratégie, de plan de carrière. Elle choisissait ce qu’elle avait envie de chanter et souvent, ce qu’elle chantait était difficile. Colette Magny est pareil. Ce sont, d’une certaine manière, des incorruptibles (rires)&lt;br/&gt;Elle ne faisait aucun effort pour essayer de devenir une vedette, ça ne l’intéressait pas. Ce qu’elle aimait, c’était les contacts humains, les discussions. Et puis, elle aimait les gens les plus différents. À ses yeux, tout le monde avait la même importance, que ce soit sa coiffeuse à Vals-les-Bains ou un petit liftier d’hôtel. Je n’ai jamais vu quelqu’un aussi peu enclin à établir des hiérarchies.&lt;br/&gt;Christine aimait beaucoup Serge Gainsbourg. Pour sa personnalité et aussi parce qu’il était dans un univers qui la touchait davantage que d’autres plus « normaux »..., celui de Brassens, par exemple, qui était plus « clean », moins angoissé, moins tourmenté.&lt;br/&gt;Quand tu es obligé(e) d’aller gagner ta vie, tu y vas, même si les conditions sont très mauvaises. A l’époque, au point de vue sono, on a souffert le martyre ! Christine, à partir d’un certain moment, n’a plus eu envie de se casser les pieds dans certains endroits, dans de mauvaises conditions, à présenter mala son travail. Si elle avait été forcée, elle aurait continué mais là, elle s’est dit : « J’ai une maison à la campagne, mes chiens, je suis tranquille. » Christine était très aimée à Antraigues, elle y avait beaucoup d’amis et sa porte était ouverte. Au début, tout le monde venait la voir. Elle était comme un sage. Tout l’intéressait. Quand tu étais avec elle, tu n’étais pas là de passage pour l’admirer, mais là, avece tes problèmes, qu’ils soient petits ou idiots. Tu comptais pour elle. Il n’y avait pas d’échelle de valeur.&lt;br/&gt;Elle n’était pas contente quand on s’adressait à elle comme à la femme de Jean Ferrat, elle remettait les gens tout de suite à leur place (ce qu’elle faisait très facilement !). Il n’y avait pas moyen de lui cirer les pompes ou de lui passer de la pommade, ça ne marchait pas. Elle savait tout de suite si on lui disait bonjour parce que c’était la femme de Jean.&lt;br/&gt;Après, elle allait beaucoup plus mal et elle est devenue un peu dure, presque... hargneuse, disons. Elle était frustrée de ne pas chanter. Le caractère s’aigrit ainsi. À la fin, elle s’est mise à la peinture, elle était très douée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Jean-Claude Vannier&lt;br/&gt;Auteur talentueux et recherché, interprète discret, Jean-Claude Vannier est aussi arrangeur. En 1968, il orchestre quelques unes des chansons du premier album de Christine Sèvres.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A l’époque, j’avais fait très peu de séances et Alain Goraguer, qui était son orchestrateur, m’a proposé de faire une face du disque et lui l’autre. J’ai enregistré six titres sur le premier disque. J’ai trouvé ça très gentil de sa part. Je ne connaissais pas du tout Christine Sèvres. J’ai été la voir plusieurs fois, elle m’a fait écouter les chansons.&lt;br/&gt;C’était une femme qui était très versée sur les paroles, bien plus que sur la musique. En même temps, on voyait bien qu’elle portait un intérêt plutôt pour le côté littéraire des choses. Elle s’attachait beaucoup à ce qu’elle appelait la qualité des chansons, et pour elle, la qualité, c’était plutôt basé sur les paroles. Plus que ça : à mon avis, elle aimait bien les chansons qui avaient vraiment une vocation un peu littéraire, les chansons d’auteurs.&lt;br/&gt;A l’époque, j’étais très axé sur la musique faite avec des instruments un peu curieux. J’essayais d’apporter des idées nouvelles surtout sur le plan de la couleur orchestrale. Chaque chanson du disque de Christine, si je me souviens bien, est basée sur une couleur particulière. Les instruments n’étaient pas employés dans leur direction habituelle. Le marimba, par exemple, qui est un instrument plutôt exotique, j’ai dû l’employer dans un autre contexte. J’avais pris des formations très typées, de cordes ou de cuivres — je crois qu’il y a eu trois formations — et j’ai essayé d’amener une couleur un peu rigolote aux chansons.&lt;br/&gt;Christine Sèvres et Alain Goraguer attendaient de moi, je crois, que j’essaye d’apporter quelque chose qui, à l’époque, était un peu incongru, je dirais. Mais je ne sais pas si aujourd’hui, ça paraît encore incongru.  Mais je ne sais pas si aujourd’hui ça paraît encore incongru... D’après ce que j’avais observé, ça avait bien plu à Christine Sèvres. Pour le choix des chansons, on avait dû se concerter tous les trois. Goraguer avait écrit les arrangements pour les chansons qui étaient plus dans ses cordes et ils ont dû me donner justement les chansons les plus « déconnantes ». Je me souviens d’Oscar et Irma, une chanson de Jean Obé, un type qui passait au Cheval d’Or. &lt;br/&gt;Avec Christine, on a enregistré un autre disque par la suite, un peu dans le même genre. C’est une femme qui était très gentille. Je crois qu’elle était très difficile, très méticuleuse sur son métier. Elle me faisait confiance. J’ai aimé travailler avec elle.&lt;br/&gt;Une chose sur laquelle je voudrais insister : les gens qui donnent leur chance à quelqu’un qui n’a pas fait ses preuves et qui est nouveau dans le métier, dont on pressent qu’il a quelque chose à dire, ça ne court pas les rues... C’était le cas de Christine Sèvres et d’Alain Goraguer. Alain m’a donné la chance de pouvoir écrire et diriger pour un orchestre, alors que je n’avais rien fait, ou très peu de choses. Finalement, il prenait un risque et je peux vous dire qu’aujourd’hui les jeunes qui débutent n’ont pas toujours cette chance de tomber sur quelqu’un de connu dans le métier, un type assis qui fait autorité, qui dit : « Voilà, ce jeune-là va faire la moitié du disque. » C’est très étonnant et remarquable.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Propos recueillis par Raoul Bellaïche, &lt;br/&gt;à Paris, le 7 décembre 1994.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
    </item>
    <item>
      <title>Biographie d’une chanteuse culte de la « Rive gauche »</title>
      <link>http://www.jechantemagazine.com/Dossier_Christine_Sevres/Blog_Christine_Sevres/Entrees/2010/3/4_Titre.html</link>
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      <pubDate>Thu, 4 Mar 2010 19:08:04 +0100</pubDate>
      <description>« Frêle, le visage mangé par des yeux immenses, elle possède tout ce qui fait une authentique chanteuse : humour parfois féroce, tendresse, gouaille, poésie douce-amère, on aimerait qu’elle ne cessât pas de chanter, tant sa voix rejoint, touche, bouleverse, atteint comme un coup de poing ce qu’il y a de plus profond, de plus secret chez chacun d’entre nous, ce mystérieux chemin, qui passe par le cœur, et s’en va bien au-delà du cœur. » &lt;br/&gt;Ces quelques lignes, signées Marie-Gisèle Landes en 1962, dans la Tribune de Genève, éclairent bien la personnalité de Christine Sèvres, « chanteuse-culte » de la rive gauche, disparue trop tôt en 1981. La sortie, longtemps attendue, d’une compilation de ses enregistrements chez Temey (distribution Sony) nous donne l’occasion de faire revivre cette interprète exceptionnelle.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Jacqueline, Christine Boissonnet naît le 25 mars 1931 rue Saint-Jacques, à Paris. Son père travaille à la Caisse des dépôts et consignations. Bien qu’il soit très autoritaire, elle lui voue une grande admiration : poète à ses heures, il lui a donné le goût de l’écriture et la verrait bien écrivain. Son grand-père veut faire d’elle une chanteuse, mais Christine, elle, est attirée par la carrière de comédienne. Elle apprend néanmoins le piano et le chant lyrique. La séparation de ses parents marquera ses huit ans. Son père se remarie, elle reste avec lui mais reprochera à sa belle-mère de lui « voler son père ». Adolescente, elle fait deux longues fugues qui révèlent déjà son esprit d’indépendance et son goût de la liberté.&lt;br/&gt;    Nous sommes en 1947 et Saint-Germain-des-Près vit à l’heure de l’existentialisme. Comme beaucoup de jeunes gens de sa génération, Christine est attirée par la faune de ce quartier. « À ce moment-là, elle ne faisait pas de théâtre et encore moins du chant », rappelle Liliane Pringuet, amie de jeunesse et épouse du peintre russe Dmitrienko. « Elle écrivait beaucoup. Elle se faisait appeler Antigone. Ça lui allait fort bien. » (1)&lt;br/&gt;    Christine habite alors une petite chambre, près du Pont de Passy. Elle écrit énormément, surtout des poèmes. Elle fréquente la bande de Rezvani (le futur auteur des chansons de Jeanne Moreau), alors peintre, et des frères Lanzmann, Jacques (le futur parolier de Dutronc) et Claude (l’auteur de Shoa). « Elle m’avait dit que des peintres et des sculpteurs m’avaient donné le biberon. J’avais été un peu transbahutée... », se souvient sa fille, Véronique Estel. (2) Ce printemps 1953, il fait très froid et dans son grand appartement, Rezvani installe une grande tente sous laquelle tout le monde vient se réchauffer.  &lt;br/&gt;    Attirée par le théâtre, elle suit les cours de Roger Clairval et, pour ne pas contrarier ses parents, elle décide d’adopter un pseudonyme. « Le matin où je suis allée m’inscrire à un cours d’art dramatique, j’ai pensé à ce nom de guerre appelé à se distinguer sur les planches. J’habitais en face du métro Sèvres-Babylone. J’ai gardé mon prénom et emprunté une moitié de ma station. Je n’aime pas les complications, n’est-ce pas ?  », confie-t-elle à Nous Deux. (3)&lt;br/&gt;    Les rôles de composition l’attirent, elle se reconnaît dans les personnages de Tchékov. « J’aime l’amertume souriante de Tchékov, dit-elle, son goût âpre de la solitude individuelle. Qu’est-ce que la société, d’ailleurs, sinon le rassemblement de toutes les solitudes ? » (4) avant d’ajouter : « J’aimais surtout les rôles qu’on ne me distribuait pas... » Néanmoins, elle a la satisfaction de jouer La Cerisaie. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    « Je cognais partout mes ailes malhabiles... »&lt;br/&gt;    Pour survivre et gagner de quoi s’acheter un œuf dur et un paquet de Gauloises, elle exerce divers emplois : vendeuse de journaux, de « petits suisses », de robes. Elle fait du porte-à-porte pour vendre des assurances ou des livres. On la retrouve, un temps, mannequin, taxi-girl, barmaid, puis portraitiste aux terrasses des cafés de Saint-Germain-des-Près. Elle est aussi dessinatrice industrielle, assistante de deux écrivains célèbres... « J’étais un peu comme je dis dans la chanson Tu es venu : “Je cognais partout mes ailes malhabiles”. C’est vraiment cela. J’ai fait un peu tous les métiers. Je n’arrivais pas à gagner ma vie en jouant la comédie. Je n’osais pas aller me présenter. Je ne voulais pas aller voir les producteurs. J’étais très agressive. La moindre allusion me hérissait. » (5)&lt;br/&gt;    Au milieu des années 50, Christine est employée de bureau pendant deux ans et demi. Mais un jour, elle prend la décision de changer de vie. Elle rompt avec sa famille, son travail, ses relations et se « jette » dans la vie artistique. Au club Plein Vent, « le Club de la Guitare et de la Chanson », où elle dit des poèmes de Claudel, Apollinaire, Lafforgue, Michaux, Prévert, elle fait la connaissance de Jean-Pierre Suc, animateur du cabaret le Cheval d’Or. Elle lui présente le tour de chant qu’elle aimerait faire. Conquis, il l’engage... elle débute le lendemain ! Malgré sa passion pour le théâtre, elle amorce ainsi sa carrière de chanteuse. « Je pense qu’elle voulait être comédienne avant tout, mais elle a été prise par la nécessité de gagner sa vie et l’intérêt qu’elle avait pour la chanson », rappelle Jean Ferrat. (6) &lt;br/&gt;    « Je suis venue à la comédie par vocation, racontera-t-elle en 1968. J’étais fanatique de ça depuis ma petite jeunesse. Et puis j’ai eu beaucoup de difficultés matérielles. Enfin, j’avais une famille qui n’était pas tout à fait pour, qui était même assez contre. (...) Et puis, comme je chantais depuis toujours pour mon plaisir, j’ai monté un tour de chant. Je me suis mise à chanter parce qu’au moins, à cette époque-là, ça me rapportait cinq francs par jour. Mais c’était formidable ! J’avais de quoi acheter un bifteck pour partager avec mon chat, un ticket de métro et un jeton de téléphone. »&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    « Et puis, tu es venu... »&lt;br/&gt;    C’est en 1956 que Christine Sèvres fait la connaissance de Jean Ferrat. Lui, guitare au bras, court les cabarets, elle ne chante pas encore professionnellement. Tous deux cherchent à se faire connaître. Elle le voit chanter en public à La Rôtisserie de l’Abbaye, il l’entend pour la première fois au Cheval d’Or. Ils se revoient chez des amis. « Elle était tellement contente de me voir qu’elle m’a filé un grand coup de poing dans le plexus et moi, je lui ai retourné une paire de baffes ! Alors, on s’est empoignés, il y avait un aquarium sur une table qui a volé... Bref, il a fallu que les copains s’interposent parce qu’on se bagarrait. » (7) C’était là, sans doute, le début d’une grande tendresse...&lt;br/&gt;    En juin 1956, tous deux jouent dans Cromwell à la Cour Carrée du Louvre. Evoquer l’itinéraire artistique de Christine, dans les années qui vont suivre, c’est faire la tournée des cabarets parisiens. En décembre 1956, donc, elle débute au Cheval d’Or, « le cabaret de la Mouffe », dans le même programme que Suc et Serre (8). Elle y chante Ferré (La rue), Brassens (Les croquants), Ferrat (L’homme sandwich), Bruant (Dans la rue, Le lézard), Moustaki (La chanson de Patsy) et Jean-Pierre Suc (La chouette). Au mois de juin, on la retrouve Chez Moineau (9). Elle interprète Trenet (Les enfants s’ennuient le dimanche), du folklore (Le soldat mécontent). L’été 1957, elle se produit au Club du Vieux-Colombier. À son répertoire : La grande foraine de Joël Holmès et La chanson de Betty de Manchester de Rabiniaux et Ferrat. &lt;br/&gt;    En août 1957, on peut aussi l’entendre chanter La pierre (Holmès) à L’Echelle de Jacob (10). Ce même mois, elle joue La Locandiera de Goldoni pour la télévision, dans une mise en scène de Jean Prat. En novembre et décembre, elle passe au cabaret de Suzy Solidor (11). François des Aulnoyes écrit dans Combat (12) : « Christine Sèvres a une diction agréable, de l’intelligence et de la sensibilité. Son répertoire est à sa taille... de porcelaine. Melle Christine Sèvres est un bibelot de talent. » &lt;br/&gt;    A la rentrée, Christine joue dans La Cerisaie de Tchekov le rôle de Charlotte, une « institutrice allemande, désaxée et très drôle » (dans une traduction d’Arthur Adamov et une mise en scène de Sylvain Dhomme). En décembre 1957 et janvier 1958, elle chante Chez Gilles, avenue de l’Opéra (13). « Christine Sèvres, les mains derrière le dos, le visage fatigué, (...) chante sobrement d’une voix un peu lasse des couplets bien choisis comme ceux de Bruant (...) », écrit l’Express (14). Pour Libération (15), elle est une « débutante intelligente et simple » qui, pour le Figaro, « ne manque pas de caractère » (16). Dans Combat, François de Aulnoyes estime que Christine Sèvres, « déjà entendue chez Suzy Solidor, est la “découverte maison”. Elle mérite ce titre et il ne lui manque qu’un peu d’autorité pour obtenir une plus large audience que celle du cabaret. Quelques mois y suffiront sans doute. On l’entendra à nouveau avec plaisir. » (17) &lt;br/&gt;    Son interprétation de Bruant est remarquée par Claude Sarraute : « Ici encore le choix est excellent et colle à la silhouette frêle, souffreteuse, au teint pâle, de cette enfant de Paname. C’est une vraie “misère”, une Piaf sur le mode mineur. » (18) « Dans le Lézard de Bruant, écrit La Semaine de Paris, Christine Sèvres laisse aller sa gouaille nonchalante, mais se donne bien du mal avec le reste de ses chansons (mauvaises). » 19 &lt;br/&gt;    En 1958, on la retrouve sur la Butte Montmartre. Gérard Meys raconte : « Je débutais dans l’artistique et elle est venue me chanter des chansons avec Francis Lai, Bernard Dimey. Christine était leur chanteuse.  J’ai été très étonné. (...) Elle avait un magnétisme qui était presque inquiétant... » (20) C’est ainsi que Christine présente Jean à Gérard. Leur amitié est devenue fraternité. Effectivement, Gérard Meys est le directeur artistique de Jean Ferrat depuis plus de trente ans. Parallèlement, il est éditeur et producteur.&lt;br/&gt;    Le 5 mai 1958, Christine Sèvres est à l’affiche d’une soirée de variétés organisée par Christian-Gérard. Dans ce même programme, on note la présence de Jean Rigaux, Anne-Marie Carrière, Jacques Dufilho, Bernard Lavalette et Nicole Louvier.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Souvent, trois cabarets par soir !&lt;br/&gt;    En décembre 1958 et janvier 1959, elle se produit au Milord l’Arsouille, le cabaret de Francis Claude. Une nouvelle chanson à son répertoire : Les Romanos, de Dauvilliez. Du 11 mars au 27 juin, on la retrouve au Collège Inn (21). Elle y chante, notamment, L’alcool (Gainsbourg), Les grognards (Delanoë et Giraud). Dans le même programme (22), dont la vedette est Bernard Lavalette et Pierre Carrel le pianiste maison, on remarque Jean Ferrat, qui vient de faire paraître son premier disque chez Vogue. « Christine Sèvres, écrit La Semaine de Paris, chante bas, avec simplicité et comme une sorte d’”aura” de sensibilité l’embellit. Un zeste d’ironie mineure par là-dessus et c’est la chanteuse type de cabaret comme on aime aujourd’hui. » (23)&lt;br/&gt;    Parallèlement, Christine se produit à La Grignotière (24). Elle interprète notamment Brel (Je ne sais pas), Joël Holmès (Le bal du quartier), Catherine Paysan (La patronne du beuglant). « Fine, sensible, en grands progrès », note la Semaine de Paris (25). Au Tobago-Circus 26, elle chante La marche nuptiale de Brassens.&lt;br/&gt;    Au mois de juillet 1959, Christine retourne sur les planches. Au Théâtre des Arts (27), elle joue le rôle de Bertha (prévu pour Lili Kedrova) dans Jésus la Caille, comédie dramatique en cinq actes de Frédéric Dard, d’après Francis Carco, mise en scène de Pierre Valde. Elle y chante deux chansons de Carco, musique de Joseph Kosma. Dans la distribution, on remarque les noms d’Armand Mestral et Claude Figus.&lt;br/&gt;    Fin 1959, la Grignotière et le Milord l’Arsouille la redemandent. Christine « attaque » sa quatrième saison avec trois nouvelles chanson à son répertoire : Vous chantez mal (Wincopp), Ce jour-là (Delécluse-Verger), Regarde-toi Paname (Frachet-Ferrat). Elle passe pour la première fois à la télévision, dans l’émission L’Ecole des Vedettes. À la même époque, elle enregistre des contes à la radio : L’oiseau bleu, Le maître voleur et Le solitaire. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;      « On a uni nos deux errances »&lt;br/&gt;     Au mois de mars 1960, elle se produit, pour la première fois, à l’Ecluse, la même année que Paul Hébert et le duo comique Avron et Evrard. Elle y chante : Tiens-toi droit (Anne Sylvestre), L’auréole (Lauze-Lambry), Les Flamandes (Brel). Henri Gougaud se souvient : « A l’époque, je passais en début de programme et Christine à la fin du spectacle. Elle partageait la vedette avec Barbara. A l’Ecluse, elles étaient hiérarchiquement sur le même niveau. Elle m’impressionnait beaucoup. » (28) &lt;br/&gt;    Et puis, évidemment, elle passe à la Colombe, le cabaret-restaurant de Beleine et Michel Valette. Michel se souvient : « Certains soirs, Christine Sèvres chantait avec une économie de moyens extraordinaire. Grande, élancée, presque sans bouger. Ses yeux, des yeux grands ouverts, perçaient le public, perçaient chaque regard, se baladaient dans la salle et envoyaient “Faudrait voir à pas mélanger les torchons avec les serviettes...”... Il y avait un frisson qui passait dans le public. Elle chantait merveilleusement bien Nous deux de Caussimon, le Bistrot de Brassens. Je crois que de tous les gens qui sont passés à la Colombe, c’est celle qui, certains soirs, a été la plus percutante. C’était une interprète remarquable. » (29)&lt;br/&gt;    Depuis fin 1957, Christine et Jean habitent rue des Pyrénées, dans la famille de Ferrat. En octobre 1960, ils emménagent à Ivry : c’est leur premier « chez soi ». Deux mois plus tard, ils se marient. « On a uni nos deux errances », dit aujourd’hui Jean Ferrat. « Ils se soutenaient mutuellement. Elle lui apportait son goût de la scène », rappelle Véronique Estel. Ferrat, qui a fait la connaissance de Zizi Jeanmaire, est engagé en vedette américaine de son spectacle à l’Alhambra.&lt;br/&gt;    Née en 1953 du premier mariage de Christine Sèvres, Véronique Estel se souvient : « Leur bureau était aussi ma chambre. Ainsi, souvent le soir, je m’endormais au son de la guitare de Jean ou du piano de maman. Ils m’ont donné le goût des beaux textes, des mélodies. L’aisance matérielle qu’ils eurent plus tard n’a pas effacé de leur mémoire ces longs moments où ils en ont bavé. Ils ont toujours eu un grand sens de la justice. »&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    « La fête aux copains »&lt;br/&gt;    Au mois de janvier 1961 paraît le premier disque de Christine Sèvres : « Paris, rive gauche ». Sur ce 25 cm collectif (Pacific LDP-A 1270), elle chante trois chansons : La marche prénuptiale (Pierre Frachet-Jean Ferrat), L’auréole (Bernard Lauze-P. Lambry) et Le clown de Giani Esposito, les autres interprètes étant Maurice Guillot, les Gens de la Lune, Violette Ford et Louis Hartur. La même année, le Grand Prix du Music-hall lui est décerné par un jury composé de critiques de variétés et de producteurs de la radio et de la télévision.&lt;br/&gt;    A la rentrée 1962, Christine chante à l’Ecole Buissonnière, le cabaret de René-Louis Lafforgue, situé à la Contrescarpe, rue de l’Arbalète. Au mois d’octobre, Polydor fait paraître son premier super 45 tours. Accompagnée par François Rauber et son orchestre, elle interprète deux chansons mises en musiques par Jean Ferrat, Les nomades (texte de Michelle Senlis) et La fête aux copains (texte de Georges Coulonges), Le plaisir (texte de Michelle Senlis et Claude Delécluse, musique de Claude-Henri Vic) et une chanson de Maurice Vidalin (texte) et Jacques Datin (musique), L’intelligent. &lt;br/&gt;    Lafforgue, son parrain, en a écrit la préface : « Christine Sèvres, c’est dur et tendre comme le pain des pauvres. C’est le rire et les larmes de cette bon Dieu de galère de vie, qui se fout de notre quant à soi. Sans mondanités. Sans frapper à la porte. Sans sésame. Christine Sèvres entre en nous, parce que le cœur — comme l’amour — est son chez elle, et que nous en crevons de courir après le bonheur. Bref ! ne faisons pas pleurer Margot. Laissons plutôt couler le Beaujolais Village à l’Enseigne de l’Ecole Buissonnière et trinquons à notre Christine. A ta santé ! » (30) &lt;br/&gt;    A cette occasion, ses amis artistes organisent une grande fête à Bobino — amicalement prêté par Félix Vitry —, intitulée, justement, « la Fête aux copains ». Ce soir-là, sur la scène du théâtre de la rue de la Gaité, se succèdent, entre autres, devant un public enthousiaste, Cora Vaucaire, Suzanne Gabriello, Frida Boccara, Isabelle Aubret, Maurice Biraud, Jean Yanne, Jean Ferrat, René-Louis Lafforgue, Los Machucambos...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Bobino 64&lt;br/&gt;    En octobre 1963, suite à leur estime mutuelle (une grande complicité les lie, remontant à l’époque des cabarets), Brassens propose à Christine de la prendre pour une tournée de plusieurs mois, organisée par Jacques Canetti, dans le cadre du « Festival du Disque 64 ». Se succéderont à ses côtés Boby Lapointe, Jean Arnulf, Pierre Maguelon, Monique Godard et Jean Obé. Cet ancien comédien, « mélange de Prévert et de Buster Keaton, virtuose du coq à l’âne et humoriste insolite », écrira une chanson pour Christine (Oscar et Irma). &lt;br/&gt;    Le deuxième super 45 tours de Christine Sèvres est publié par Polydor en novembre 1963. Accompagnée par Alain Goraguer et son orchestre, elle chante le grand succès du moment, Point de vue (texte de Martine Merri, musique de Jean Arnulf), La romance (Joël Holmès), Quatre cents enfants noirs (Michelle Senlis-Jean Ferrat) et propose une nouvelle version de sa chanson-fétiche, Le clown. Son interprétation du succès de Giani Esposito a marqué les spectacteurs du Caveau de la Bolée. « Quand elle chantait Le clown dans la fumée de la Bolée, sur ces vieilles pierres, c’était quelque chose d’extraordinaire... », se souvient Georges Coulonges. (31)&lt;br/&gt;    En février 1964, Christine passe à la télévision dans l’émission de Jacqueline Joubert, Chansons pour une caméra, en compagnie d’Alain Barrière, Paul Louka, Hélène Martin, Anne Kern, Jean-Louis Stain et Robert Cartier. Elle y chante Point de vue. Au mois de juin, au théâtre de Plaisance à Paris, elle participe au spectacle « Vivre », dont la musique est composée par Jean Wiener. (voir article)&lt;br/&gt;    Le 11 novembre, elle succède, pour trois semaines, à Barbara sur la scène de Bobino (direction Pierre Guérin), en vedette américaine de Georges Brassens. Les autres artistes de la première partie, issus des « Mardis de la Chanson » de Gilbert Sommier, changent toutes les trois semaines. Christine passe dans le même programme qu’Alex Métayer, Maurice Fanon, Eva et le duo Dupont et Pondu, « les déménageurs de la chanson ». &lt;br/&gt;    Pour la première fois, Christine Sèvres chante devant une grande salle parisienne. « On ne devient pas chanteuse en rêvant seulement de faire éternellement la tournée des cabarets, explique-t-elle. Il y a longtemps que je désire aborder ce que l’on appelle le grand public. J’ai un tour de chant assez difficile, c’est vrai. Non que je chante des choses incompréhensibles, mais on a un peu perdu — ces derniers temps surtout — l’habitude de la poésie. On l’admet facilement de gens célèbres, déjà arrivés, pas d’une inconnue. Du moins, c’est l’opinion des gens du métier, des directeurs de salles et des organisateurs de tournées. Car le public, lui, voit les choses différemment. Il a suffi qu’on m’accorde enfin la chance d’une tournée en province — avec Brassens déjà — et tout a très bien marché comme tout marche très bien, maintenant, à Bobino. » (32)&lt;br/&gt;    Provocatrice, Christine attaque son tour de chant par un titre de Boris Vian, Je bois, qu’elle chante dos au public, verre à la main, appuyée sur le piano de Marcel Yonnet, son complice. Elle interprète sept autres chansons : Trois cigarettes (poème d’Audiberti mis en musique par Jorge Milchberg, du groupe Los Incas), La romance (Joël Holmès), Berceuse (Ferrat), J’entends, j’entends (Aragon-Ferrat), Point de vue (Merri-Arnulf) et deux titres qu’elle est la seule à chanter : Le bal des gens de maison (Coulonges et Ledru) et La chanson populaire espagnole (Gaston Baissette). &lt;br/&gt;    « Accompagnée à la basse et au piano, Christine Sèvres, toute simple dans son fourreau argenté, a séduit, enthousiasmé et conquis un public que l’on prétend — injustement — imperméable à la chanson intelligente », écrit Jacqueline Fabre. « Christine Sèvres est enfin récompensée ! », titre Détective. « Paralysée par le trac avant d’entrer en scène », elle « a eu toutes les peines à en sortir : le public ne cessait de la rappeler, d’en réclamer “une autre”... » (33)&lt;br/&gt;    Certains n’apprécient pas. Le Figaro, par exemple : « Quant à la glaciale Christine Sèvres, on lui souhaiterait de vivre un tant soit peu les sentiments des poètes qu’elle chante. » (34) D’autres sont plus réservés. « J’espérais beaucoup de Christine Sèvres qui chante les meilleurs, écrit Jean-Pierre Hauttecœur dans La Croix : Boris Vian, Queneau, Ferrat, Ferré. Elle a de la race, de la classe, une sensibilité évidente pour choisir ainsi ses auteurs, de la précision dans le détail, mais pourquoi cette absence de passion, cette froideur quasi indifférente, avec simplement parfois, petite concession, une pointe d’humour acide ? » &lt;br/&gt;    Jean Monteaux, le critique variétés de la revue Arts, est conquis. « Les inflexions que Christine Sèvres glisse dans sa voix vont de la raillerie agressive (La romance, Le bal des gens de maison) à l’arrière-plan de la douleur (Trois cigarettes, Je bois) en passant par une âpre douceur (Berceuse). Elle nuance, elle module, elle écaille; elle peut être drôle sans que naisse le rire, ou déchirante sans que viennent les larmes : tout en elle est d’une stricte retenue. Elle ne s’impose pas; on ne la reçoit pas non plus : il faut la découvrir, l’apprivoiser. » (35) « Ses yeux, écrit Georges Quiqueré, expriment les mots qu’elle ne prononce pas... Son regard sourit, interroge... » (36)&lt;br/&gt;    Dans les années qui vont suivre, Christine fait des galas, chante à la télévision. Le couple vient d’acquérir une maison en Ardèche. Ils entament les travaux. Elle passe alors un long moment à Antraigues mais cherche de nouveaux textes et les travaille avec son pianiste.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Voyage à Cuba&lt;br/&gt;    L’été 1967, Jean Ferrat et Christine Sèvres prennent des vacances. Au mois de juin, ils embarquent pour Cuba. Devant l’insistance des Cubains, le voyage touristique se tranforme en tournée. Ferrat donnera une dizaine de galas sur l’île. Comme lui, Christine est enthousiasmée par le « modèle cubain ». « Là-bas, vous comprenez, ils ont fait quelque chose. Enfin, des hommes réagissent. Ils sont toujours inquiets, toujours sur la brèche, ce qui maintient leur enthousiasme. Jamais je n’ai vu un peuple travailler avec autant de joie. Il suffirait pourtant que les Américains lèvent le petit doigt et clac, plus de Cuba, plus de Cubains, rien. Ils vivent dans le défi. C’est forcément enthousiasmant, le défi, non ? », confie-t-elle à Jean-Pierre Hauttecœur. (37) « Tant qu’on a du défi au cœur, ajoute-t-elle, je crois que l’on reste jeune. J’ai toujours été comme cela, capable de faire les choses les plus déraisonnables par défi. Il faut conserver cette faculté de révolte si l’on ne veut pas s’encroûter dans une personnalité, se promener avec une étiquette, s’enterrer dans un sarcophage. Garder l’inquiétude... Et, tous les jours, il y a des trucs nouveaux qui sont inquiétants. »  « Je sais que l’on peut vivre ici pour une idée / Mais ceci est une autre affaire... », chantera-t-elle dans Cuba si.&lt;br/&gt;    En décembre 1967, elle repart en tournée avec Brassens. Un mois après, Christine Sèvres signe chez CBS. Enregistré au studio Barclay-Hoche (aujourd’hui, les salons Hoche), son premier album est mis en vente... le 10 mai 1968 ! Il passe inaperçu, noyé au milieu des événements... Sur ce disque, douze titres arrangés par Jean-Claude Vannier et Alain Goraguer. Elle chante Henri Gougaud (Béton armé, Salut “Che”, Cuba si), Aragon (Robert le Diable), Verlaine (Âme te souvient-il), Jacques Audiberti (Trois cigarettes), Henri Tachan (Dans les grands magasins), Brigitte Fontaine (Les dieux sont dingues), Jean Obé (Oscar et Irma), Daniel Laloux (Une fille brune), Michel Conte (Et bye bye) et Ferrat, avec une chanson spécialement écrite pour elle. « C’était difficile pour elle de trouver des chansons qui lui aillent, dit-il. J’ai essayé de lui écrire quelque chose. J’ai pensé à elle, à sa vie. » (38) « Tu es venu est, à ma connaissance, le rare cas où Jean a réellement composé pour Christine. Une très grande chanson, une des meilleures de Jean Ferrat » , dit Gérard Meys. (39) &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Bobino 69&lt;br/&gt;    En janvier 1969, elle enregistre, en duo avec Jean Ferrat, une chanson d’Henri Gougaud : La matinée, qui figurera sur le nouvel album de Ferrat, publié au mois de mars. Dans cette chanson, l’homme, qui veut continuer son rêve, parle de « changer la vie et puis abolir la misère ». Sa femme le ramène à des préoccupations beaucoup plus terre-à-terre : « Faut labourer la terre et tirer l’eau du puits »... « Quand j’ai fait La matinée avec Gougaud, raconte Ferrat, je n’avais jamais chanté en duo. J’ai demandé à Christine. Elle n’était pas du tout emballée. Je comprends ça, parce que dans La matinée, elle aurait voulu chanter ce que je chante moi. » (40)&lt;br/&gt;    Le 7 février 1969, quatre ans après son passage en première partie de Brassens, c’est la grande rentrée de Christine Sèvres à Bobino (direction Félix Vitry). Jusqu’au 16 mars, elle est la vedette américaine de Serge Reggiani. &lt;br/&gt;    Son tour de chant est accompagné par Armand Motta et son orchestre. Outre son répertoire, elle reprend deux chansons de son mari qu’elle n’enregistrera pas (Un jour futur et Au printemps de quoi rêvais-tu ?) et un vieux succès de Mistinguett, À travers les barreaux de l’escalier. Christine s’en explique : « Pourquoi pas ? C’est une chanson saine, un petit air vif. Il est très difficile de trouver de bonnes chansons drôles. Pourtant, il faut bien détendre les gens, mais je ne peux pas le faire avec des chansons d’amour à l’eau de rose. Je voudrais devenir “grande” pour faire un disque avec les seules chansons que j’ai aimées depuis que je chante, c’est-à-dire depuis l’âge de trois ans. Sombre dimanche, Le chaland qui passe, ce que chantaient Piaf ou Trenet. On n’en fait plus. Et de toute façon, ce n’est pas à moi qu’on les apporterait. J’ai droit aux trucs inchantables, la guerre, les tortures, tout ce que l’on ne peut pas chanter entre la poire et le fromage dans un cabaret, c’est pour Christine ! Je reçois de ces trucs, je vous jure, il y a de quoi se faire sauter la cervelle ! Etonnez-vous après que l’on parle de désespérance de la vie. » (41)&lt;br/&gt;    Zizi Jeanmaire a préfacé le programme : « Elle chante avec son cœur, et quel cœur, elle entraîne, elle vibre parfois, elle sourit aussi, bouleversée, bouleversante, grave comme sa voix. Quelque chose se passe. Quelque chose de très important. On se sent bien, on se sent fraternel en l’écoutant. » &lt;br/&gt;    Si elle émeut, Christine Sèvres sait aussi jouer de l’humour. Ce Bobino 69 lui donne l’occasion de mettre en avant cet aspect moins connu de sa personnalité. « Côté chanson, la hiératique Christine Sèvres, robe et coiffure médiévales, pourrait avantageusement oublier tous ses couplets plus ou moins contestataires. Et se consacrer à l’humour pour lequel elle a un don de pince-sans-rire exceptionnel », souligne Paul Carrière dans Le Figaro. (42) « Etrange comme une apparition élégante et sobre, elle sait être émouvante ou sarcastique avec un égal bonheur », écrit Les Lettres. (43) Pour Jean-Pierre Hauttecœur, « elle se révèle une fantaisiste nuancée, jouant d’un humour un peu acide avec une précision dans le ton, un sourire dans la voix, une ironie dans le geste, qui nous poussent à l’encourager dans cette voie. Sans cesser pour autant de défendre ces couplets admirables de sobriété et d’émotion contenue que Jean Ferrat a signé sur mai 68. Mille fois plus efficaces que ceux de Ferré ». (44) &lt;br/&gt;    Chanteuse « engagée », Christine Sèvres n’est pas dupe des effets de mode. « Chanter le Vietnam dans les fêtes du parti, argumente-t-elle, ce n’est pas un engagement. Le public applaudit de confiance. À quoi ça sert ? L’engagement, c’est de chanter pour les autres, pour tous ceux qui ne sont pas convaincus d’avance. Leur glisser le paquet au milieu d’autres chansons qui sont le reflet de la vie de tous les jours. » (45)&lt;br/&gt;    Un an plus tard, le 9 février 1970, paraît son deuxième album CBS. Sur les dix chansons de ce 30 cm, enregistré au studio Davout et arrangé par Jean-Claude Vannier et François Rauber, Brigitte Fontaine lui en a écrit trois, mises en musique par Olivier Bloch-Lainé (Comme, Le beau cancer) et par Jacques Higelin (Maman j’ai peur). Christine interprète aussi Gilles Vigneault (Berceuse pour ne pas m’endormir), Pierre Tisserand (Heureusement qu’il y a les toros), Jean Vasca (Vivre en flèche), Michel Conte (Do majeur) et A. Poirier (C’était l’bon temps). Sur ce même disque, Jean Ferrat lui offre un texte d’Aragon qu’elle est seule à chanter, La délaissée (Ne t’en vas pas). Les mal mariées est l’unique texte dont elle est l’auteur (musique de Marcel Yonnet). Deux 45 tours extraits de cet album paraissent à un an d’intervalle. &lt;br/&gt;    Auteur des succès de Charles Dumont, Sophie Makhno est, à ce moment-là, directrice artistique chez CBS. C’est elle qui réalise les deux albums de Christine Sèvres. « On a enregistré très vite. D’abord, Christine avait une justesse de voix naturelle tout à fait extraordinaire et une précision dans sa façon de travailler qui était tout à fait étonnante aussi. On a choisi ensemble les titres et on a éprouvé le besoin de mettre une chanson de Jean Ferrat, une chanson d’amour. Christine avait beaucoup de mal à chanter les chansons d’amour, en général, et encore plus celles de Ferrat... C’est quand même assez paradoxal ! » (46)&lt;br/&gt;    En 1972, Christine abandonne la chanson non sans être passée une dernière fois à l’Ecluse. Elle décide de se retirer à Antraigues pour se consacrer à la peinture. « Ne pas réussir dans le métier qu’on s’est choisi, ça vous marque pour toute une vie. C’est indélébile  », confie-t-elle. (47) Jean Saussac, maire d’Antraigues à ce moment-là, se souvient : « Après quelques années d’euphorie, elle a découvert ce village. Elle n’est pas venue comme une Parisienne. Tout de suite elle était très liée à un monde populaire, simple, celui de la place publique où on se retrouvait tous. Et puis sa vie a basculé, la solitude, par quel cheminement ? J’ai tout fait pour qu’elle se mette à peindre. (...) Tout de suite, j’ai vu que cette fille avait vraiment la chose la plus importante : une vie intérieure. (...) On a besoin d’un aiguillon. Et elle, ce n’était pas un aiguillon mais une série d’aiguillons. Elle avait ce côté emmerdant de guêpe ou d’abeille. C’était une femme, tout le charme, enveloppant, séduisant... (...) » (48)&lt;br/&gt;    L’été 1975, en compagnie d’autres artistes, peintres et sculpteurs, elle expose ses toiles à Antraigues. « Christine Sèvres étonne et enchante. Elle est une artiste de la chanson scandaleusement délaissée. Elle peint depuis peu en amateur. Mais cet amateurisme-là s’appuie sur une rare sensibilité et une attachante sincérité. Si bien que ses œuvres sont prenantes à la fois par l’originalité de leur inspiration, et par la justesse de leur facture. “La ville jaune”, “Ivry”, “Les bords de Saône”, ou bien cette vallée du Mas (...) sont, entre autres, les preuves d’un talent qui s’affirme avec une incontestable sûreté. » (49)&lt;br/&gt;    Pour Philippe Avron, comédien et auteur, « ce n’était pas de la peinture figurative mais une peinture intériorisée de choses étranges. C’était très lié à sa vie intérieure, à sa psychologie, à ses difficultés, à ses angoises intérieures. Peut-être qu’avec la peinture, elle essayait de s’exprimer en parallèle de Jean. » (50)&lt;br/&gt;    À la fin de l’année 1976, un article paru dans la presse locale, signé Véronique Lardy, nous donne de ses nouvelles en nous faisant entrer dans son intimité. « Une maison de pierre entre les montagnes avec le ruisseau qui coule à ses pieds, des lapins domestiques en toute liberté, une buse dans sa demeure, une ânesse (Justice Sociale), des oiseaux, des chats, trois chiens et une porte toujours entr’ouverte sur la quiétude des choses simples. Puis l’envie de rester là quelques instants de plus. Là, c’est le royaume de Christine Sèvres, son refuge, plus encore son port longtemps cherché. (...) Dans la solitude tranquille de son atelier, elle peint sans avoir jamais appris, sans même avoir envie d’apprendre. » Ne regrette-t-elle pas la chanson, le public ? Non, répond Christine Sèvres, qui apprécie le fait de « pouvoir s’exprimer seule sans être obligée de subir chaque soir un examen de passage. » Et elle ajoute : « L’ennui, je ne sais pas ce que c’est. J’ai du “matériel à l’intérieur”. »&lt;br/&gt;   À la demande de Jean Ferrat, et pour faire plaisir à ses amis qui ne trouvaient plus ses enregistrements, un disque paraît hors commerce, avec l’accord de CBS : une compilation de treize titres. La pochette de ce 33 tours ne comporte pas de photo. C’est ce même disque qui sera réédité par Temey, le label de Jean Ferrat et Gérard Meys, en 1982, après le disparition de la chanteuse, survenue le 1er novembre 1981. &lt;br/&gt;    Pour les mêmes raisons, Temey sort, en octobre 1994, le premier CD de Christine Sèvres avec dix-sept chansons.&lt;br/&gt;    Après avoir évoqué sa carrière, laissons le dernier mot à sa fille, Véronique. « Tous ses amis, comme les professionnels, l’ont dit, elle avait une présence magnétique de par sa voix, son regard et son corps. Elle chantait en comédienne et transmettait toute la puissance de l’émotion qu’elle ressentait. Elle alliait tendresse et force tragique à un grand sens de la caricature. D’un côté, elle ruait dans les brancards, révoltée par l’injustice ou la bêtise stérile, était très critique, provocatrice, voire même agressive et de l’autre, elle était pourtant écorchée vive, rongée par une angoisse existentielle et un trac viscéral. Elle aura toujours regretté de ne pas avoir fait du cinéma ou plus de théâtre. En elle, il y avait comme une fêlure, une peur de paraître... d’être même, qui altérait le perfectionnisme auquel elle aspirait. Malgré la reconnaissance des gens du métier et l’affection de son mari comme de ses amis, elle n’a jamais pu se calmer ni être rassurée. »&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dossier réalisé par &lt;br/&gt;Raoul Bellaïche et Véronique Estel&lt;br/&gt;Paru dans le n° 16 de JE CHANTE ! (1994, épuisé)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sources&lt;br/&gt;    (1) Opus, émission de Véronique Estel et David Jisse, France Culture, samedi 18 mars 1989. Réalisation : Patricia Prigent. Au cours de ces 90 minutes interviennent Jean Ferrat, Gérard Meys, Henri Gougaud, Isabelle Aubret, Georges Coulonges, Jacques Boyer, Francesca Solleville, Léon Tcherniak, Philippe Avron, Pierre Nicolas, Pierre Ontoniente, Jean Vasca, Michel Valette, Claude Evrard, Jean-Pierre Sentier, Bernard Haller, Jean-Claude Maillard, Roland Leroy, Jean Saussac, Hélène Baissade, Claude Raymond, Liliane Pringuet, Guy Lauzin. Des habitants d’Antraigues témoignent : M. Saussac, H. Baissade, Claude.&lt;br/&gt;    (2) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;    (3) Nous Deux, 1965 ?&lt;br/&gt;    (4) Magazine non identifié en février 1963.&lt;br/&gt;    (5) Entretien en 1968.&lt;br/&gt;    (6) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;    (7) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;    (8) Au Cheval d’Or,  33, rue Descartes, dans le cinquième arrondissement,&lt;br/&gt;    (9) Chez Moineau, 10, rue Guénégaud, dans le sixième arrondissement.&lt;br/&gt;    (10 L’Echelle de Jacob, 10, rue Jacob.&lt;br/&gt;    (11) Chez Suzy Solidor, 4, rue Balzac, dans le même programme que Henri Bry, Janine et Nico, Barbara Buick et Renée Lamy&lt;br/&gt;    (12) Combat, 8 novembre 1957.&lt;br/&gt;    (13) Chez Gilles 5, avenue de l’Opéra, au même programme que Gilles et Urfer, Béatrice Moulin (que remplacera bientôt Anne-Marie Carrière), Les Trois Horaces, l’imitateur Jean Chevrin et Jean Carmet dans un sketch. &lt;br/&gt;    (14) L’Express, 6 février 1958.&lt;br/&gt;    (15) Libération, 4 février 1958.&lt;br/&gt;    (16) Le Figaro, 14 février 1958.&lt;br/&gt;    (17) Combat, 7 février 1958.&lt;br/&gt;    (18) Le Monde, 15 février 1958.&lt;br/&gt;    (19) La Semaine de Paris, 19-25 février 1958.&lt;br/&gt;    (20) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;    (21) Collège Inn, 8, rue Vavin, dans le sixième arrondissement.&lt;br/&gt;    (22) Se succèdent, au fil des semaines, des artistes qui ont nom Guy Lory, Christian Genty, Maurice Saisse, Jack Alban, Karen. Pierre Carrel est le pianiste maison. Parmi eux : Henri Garcin, Jean Ferrat, alors quasiment inconnu, Richard Marsan, le futur directeur artistique de Léo Ferré chez Barclay, dans un numéro d’imitations, puis Jean-Claude Darnal, « retour d’Amérique », dans ses nouvelles chansons, Jean-Pierre Rambal, le Trio Samoal, « pour la première fois en France »... &lt;br/&gt;    (23) La Semaine de Paris, 3-10 juin 1959.&lt;br/&gt;    (24) La Grignotière, 29, rue Mazarine, en compagnie de Bernard Lavalette, Roger Perrinoz, Lucry et Mayanne et le tandem Maurice Mignot (au piano) et Roger Lécuyer dans son répertoire 1900, puis Patrick Raybal&lt;br/&gt;    (25) La Semaine de Paris, 15-21 avril 1959.&lt;br/&gt;    (26) Tobago-Circus, 9, rue Guisarde&lt;br/&gt;    (27) 66, rue Rochechouart&lt;br/&gt;    (28) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;    (29) Je chante ! Discographies n° 12.&lt;br/&gt;    (30) Verso de la pochette du super 45 tours&lt;br/&gt;    (31) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;    (32) L’Humanité dimanche, 29 novembre 1964.&lt;br/&gt;    (33) Détective, novembre 1964.&lt;br/&gt;    (34) Le Figaro, 17 novembre 1964.&lt;br/&gt;    (35) Arts, 11-17 novembre 1964.&lt;br/&gt;    (36) Chronique juridique, 25 novembre 1964.&lt;br/&gt;    (37) La Croix du 4 février 1969&lt;br/&gt;    (38) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;    (39) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;    (40) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;    (41) La Croix, 4 février 1969.&lt;br/&gt;    (42) Le Figaro, 10 février 1969.&lt;br/&gt;    (43) Les Lettres, 12 février 1969.&lt;br/&gt;    (44) La Croix, 14 février 1969.&lt;br/&gt;    (45) La Croix, 4 février 1969.&lt;br/&gt;    (46) Entretien en juillet 1994.&lt;br/&gt;    (47) Citée par Pascal Sevran.&lt;br/&gt;    (48) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;    (49) Le Dauphiné Libéré, 31 août 1975.&lt;br/&gt;    (50) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;    (51) Opus, op. cit.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Tu es venu&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En ce temps-là j'errais de clocher en clocher&lt;br/&gt;J'enviais les pigeons qui savaient où nicher&lt;br/&gt;Auprès du Ver-Galant je m'endormais dans l'herbe&lt;br/&gt;Mes vingt ans dans Paris cherchaient je ne sais quoi&lt;br/&gt;Et quand la nuit venait me prendre dans ses bras&lt;br/&gt;J'avais peur de mon ombre et la bravais superbe&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et puis tu es venu&lt;br/&gt;Vois le monde est en gerbe&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J'avais pour tout bagage une paire de bas&lt;br/&gt;Une robe trop longue et le panier du chat&lt;br/&gt;Serré contre mon cœur comme une rose tendre&lt;br/&gt;Je claquais à tous vents mes vingt ans aux beffrois&lt;br/&gt;J'étais sarment dans l'âtre et la flamme à la fois&lt;br/&gt;Mes lèvres en gardaient toujours un goût de cendre&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et puis tu es venu&lt;br/&gt;Vois comme mes mains tremblent&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je prenais des amants comme on prend le métro&lt;br/&gt;Lorsque l'on est lassé d'avoir attendu trop&lt;br/&gt;Un taxi dans la rue et qu'il vente ou qu'il neige&lt;br/&gt;J'attendais de les voir s'endormir contre moi&lt;br/&gt;Puis je déménageais à la cloche de bois&lt;br/&gt;Les chiens de l'aube errants me suivants en cortège&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et puis tu es venu&lt;br/&gt;Vois il fait beau il neige&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je ne sais pas moi-même au juste qui j'étais&lt;br/&gt;Etais-je folle ou sage ou les deux je ne sais&lt;br/&gt;Tant je cognais partout mes ailes malhabiles&lt;br/&gt;Mais je sais qu'aujourd'hui mais je sais qu'avec toi&lt;br/&gt;Je suis restée semblable à celle d'autrefois&lt;br/&gt;Qui ne rêvait que d'être à quelque chose utile&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et puis tu es venu&lt;br/&gt;Vois tout devient possible&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Paroles et musiques de Jean Ferrat&lt;br/&gt;© 1968 Avec l'aimable autorisations des Productions Alléluia&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
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