Aragon et la chanson

 
 

    « Quand j’ai mis en musique les poèmes d’Aragon, je n’ai pas du tout pensé à Ferrat ou à Ferré ni à d'autres musiciens. Les mélodies de Ferrat sont très belles, magnifiques, celles de Ferré sont splendides. Je n’ai jamais essayé d’imiter. Je n’écris que ce que je ressens. Je n'ai pensé qu'aux textes et ceux d’Aragon chantent tous seuls : ils possèdent une musicalité interne et il n’y a plus qu’à la traduire par des notes. 

    C'est Monique et moi qui choisissons les poèmes. Même ceux qu’elle ne chante pas, je les ai mis en musique parce que j’aime le faire. J’ai dû en faire une vingtaine, vingt-deux, Monique en chante dix-sept. Jacques Douai chante une chanson que Monique ne chante pas. Kerval aussi.

    Les musiques que je fais ont quelque chose de très italien, finalement. C’est lyrique, très mélodie. Ce n’est peut-être pas rythmique mais c’est comme ça que je le ressens. C’est très bel canto. Si vous lisez Le Voyage en Italie, c’est un opéra. C’est tout à fait ça. Aragon, il chante tout seul, finalement. Là où j’ai peut-être un peu peiné, c’est dans l’Oratorio, il y a deux ou trois textes qui ne sont pas rimés, ce sont des vers libres. Je n’ai pas tout à fait l’habitude de travailler sur des vers libres mais c’est tellement lyrique quand même qu’on trouve une musicalité interne dans les textes. Je n’ai jamais pu faire Eluard, par exemple. C’est dommage parce que chez Eluard, ce sont des poèmes sans rimes et c’est beaucoup plus difficile pour moi. »

 

mercredi 9 décembre 2009

Lino Leonardi : Une musicalité interne

 
 
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