Anne Sylvestre
J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur cœur se balancer...
(Les gens qui doutent)
Quiconque se mettra entre
Mon existence et mon ventre
N'aura que mépris ou haine
Me mettra au rang des chiennes
C'est une bataille lasse
Qui me laissera des traces
Mais de traces je suis faite
Et de coups et de defaites...
(Non, tu n'as pas de nom)
Mais si c'est la faute à Ève
Comme le bon Dieu l'a dit
Moi je vais me mettre en grève
J'irai pas au paradis
Non mais qu'est-ce qu'il s'imagine
J'irai en enfer tout droit
Le bon Dieu est misogyne
Mais le diable il ne l'est pas...
(La faute à Ève)
Déjà tu ne comprends plus
Tu as l'âge de la fuite
Moi celui du déjà vu...
(Ma chérie)
Le malheur voyez-vous est une autre planète
Et nous devrions bien la découvrir un jour...
(Rose)
Mais ceux que l'amour délivre
Préfèrent s'aimer vivants...
(Lazare et Cécile)
Sans le chant des troubadours
N'aurions point de cathédrales
(Les cathédrales)
La terre colle à mes sabots
Ne saurais m'en défaire...
(Porteuse d'eau)
Je n'veux pas de ponts je veux des rivières
Je veux des torrents où tourbillonner
Je veux cette vie je le veux entière
Même si mon cœur y doit suffoquer...
(Tiens-toi droit)
Si les bords de l'étang me semblent monotones
J'irai jouer dedans...
(Mon mari est parti)
On mélange les accidents
Les princesses et leurs prétendants
On ne dit plus rien lorsque des enfants ont faim
Mais on ouvre sa bourse pour sauver des chiens... (...)
On ne pleure plus paraît-ol
On rigole et c'est plus facile
On n'écoute plus les poètes les errants
On leut dit taisez-vous vous n'êtes pas marrants...
(Un mur pour pleurer)
Vous m'avez aimée servante
M'avez voulu ignorante
Forte vous me combattiez
Faible vous me méprisiez
Vous m'avez aimée putain
Et couverte de satin
Vous m'avez faite statue
Et toujours je me suis tue (...)
J'étais le sol sous vos pas
Et je ne le savais pas
Mais un jour la terre s'ouvre
Et le volcan n'en peut plus
Le sol se rompant découvre
Des richesses inconnues...
(Une sorcière comme les autres)
Moi je n'ai rien d'une acrobate
Je préfère le sentiment
S'il faut aimer comme on se gratte
Ça ne m'amuse pas vraiment...
(Faites-moi plutôt la cour)
mardi 19 janvier 2010
Paroles d’Anne
Paru en 1993,
dans le n° 11 (épuisé)