Anne Sylvestre
Musicien, compositeur, Philippe Davenet rencontre Anne Sylvestre pour l’enregistrement de Fabulettes à l’époque de l’Eldorado-Bobino. Depuis, ils travaillent régulièrement ensemble. Détour de chant ne comprenait qu’eux deux sur scène. Actuellement, Philippe Davenet prépare plusieurs musiques pour le théâtre, sur Boris Vian et Molière, entre autres...
« Depuis toujours, j’adore les chansons d’Anne. Aussi, lorsque François Rauber m’a proposé de travailler avec elle, j’ai immédiatement accepté ! Ensuite, elle m’a demandé pour Gémeaux Croisées et depuis, on ne s’est plus vraiment quittés !
Le travail, les chansons
Pour travailler, on s’isole quelque part en province et on se prend un grand bain de ce que sera le spectacle. Même si cela est extrêmement travaillé, les choses varient après quelques représentations. Mais très peu. C’est de l’ordre de l’ambiance, du climat. Et aucun des spectacles n’est identique. Mais s’il se passe des choses - bonnes ou mauvaises - c’est grâce au public... Cela est très important ! Le public, ce n’est pas une vue de l’esprit, c’est une chose bien vivante !...
Les chansons que je préfère ? En voici quelques unes : parmi les anciennes, il y a Lazare et Cécile, La femme du vent, Mon mari est parti... Et parmi les toutes dernières, qui ne sont même pas enregistrées : Belle parenthèse et Au bord des larmes; je pourrais en citer une multitude d’autres !...
Anne est complètement en dehors des modes ! Elle possède une telle personnalité ! Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est ce côté « classique », dans la tradition de la très grande chanson : il y a quelque chose qui vient de très loin et qui est de toujours; ce style n’appartient qu’à elle... Anne fait partie des très grands artistes. Et cela risque de durer parce qu’en plus de son talent, le public lui est fidèle.
Anne en scène
Ce qui me fascine complètement, c’est sa puissance, son énergie : il suffit qu’elle entame les premiers mots de sa première chanson et la salle écoute immédiatement. Elle est d’une efficacité redoutable, même si elle est fatiguée ou contrariée. Dès qu’elle entre en scène, elle est cette femme qui chante, déployant une force inouïe !
Avec Détour de chant, on a fait de très grandes salles et de tout petits théâtres... Eh bien, la magie est la même. Le public est instantanément captivé. C’est cette puissance de la présence qui, je crois, m’épate le plus... »
Propos recueillis par L. Luneau
par téléphone en mars 1993.
dimanche 10 janvier 2010
Anne Sylvestre. Témoignage de son pianiste, Philippe Davenet
Paru en 1993,
dans le n° 11 (épuisé)