Eddie Barclay

Biographie

 

Le 13 mai 2005, après la disparition d’Eddie Barclay, je n’ai pas lu les journaux. Mais je peux vous dire ce qu’ils ont raconté : ils ont parlé de gros cigares et de moustaches, d’empereur du microsillon, de fêtes extraordinaires où les deux cinquante invités étaient habillés en blanc et de quatre-vingt-quinze mariages (j’en oublie peut-être).

Mais à vous, chers lecteurs de Je chante, on ne la fait pas. Alors, on va essayer de savoir qui était réellement Eddie Barclay non déformé par la presse pipeul et quelle influence il a eue réellement sur le développement du disque.

Car, si Léo Ferré puis Jacques Brel et Jean Ferrat — qu’on ne peut guère qualifier de mondains — sont venus enregistrer chez lui, c’est que le bonhomme devait tout de même posséder certaines qualités.


   

    Edouard Ruault est né le 21 janvier 1921 à Paris, Boulevard Diderot. C’est là que monsieur Ruault, le père, gère la Brasserie de la Poste. De là, on aperçoit la cour de la Gare de Lyon. Monsieur Ruault est arrivé de son Auvergne natale et le couple a déjà un fils, Paul, âgé de sept ans, qui deviendra Préfet de police de Paris.

    A peine sevré, le petit Edouard, déjà musicien, écoute Radio Cité et retient toutes les chansons qu’il reproduit sur le piano de la maison. D’ailleurs, il a horreur de l’école et préfère travailler à la brasserie. Il n’hésite pas à se lever à cinq heures du matin pour s’affairer autour du percolateur et servir les ouvriers et les employés qui arrivent de banlieue. Il a même l’occasion, un matin, de servir Edouard Herriot, le Président de la Chambre des députés. Comme il est gentil, il reçoit beaucoup de pourboires.

    Et le soir, il se remet au piano et rejoue, « instinctivement » du jazz.

    Lors des vacances d’été, les Ruault vont à La Baule. Edouard, à 15 ans, mesure déjà 1,85m. Il paraît plus que son âge et connaît déjà un certain succès auprès des demoiselles. Il organise déjà des sauteries durant lesquelles il se met au piano. Et comme il a de l’argent : champagne pour tout le monde ! Il sait — déjà — créer l’ambiance.

    De retour à Paris, il travaille du matin au soir. Mais, après le dîner, il entraîne ses amis dans les boîtes. Dans l’une d’elles, il rencontre un jeune homme avec sa guitare, Henri Salvador. Dans quelques années, ils feront beaucoup de disques ensemble.

    1939 : Paul est mobilisé. Edouard est trop jeune. Mais comme le jazz est interdit, avec quelques copains (Salvador, Boris Vian et François Galepidès — le futur Moustache) ils ouvrent une « cave » qu’ils transforment en boîte de nuit. Ils apportent un piano, une batterie et quelques instruments à vent ainsi que deux « pick-up » (à l’intention de nos jeunes lecteurs : tourne-disques ou électrophone ou chaîne, comme vous voulez !) et leurs collections de disques de jazz (78 tours, bien entendu). Car le jazz a commencé à se répandre en France où il y a d’excellents musiciens : Alix Combelle, Michel Warlop et, bien entendu, Django.

    Eddie crée un club de danse qui ouvre le samedi et le dimanche. On y vient habillé en zazou. Il multiplie les aventures d’un soir mais, s’il trouve que ça devient sérieux, il épouse. C’est ainsi qu’il se marie pour la première fois en 1943 avec Michèle, une jeune fille de dix-sept ans, dont le papa est charbonnier et auvergnat (ce qui n’était pas incompatible).

Michèle accompagne son mari dans les fêtes, où elle tient la caisse. Mais elle se sent parfois un peu lasse : une sclérose en plaques l’emporte en quelques semaines.


« Faire des disques »

    À la Libération, Edouard fréquente les boîtes de la rive gauche. Il change de nom et prend celui d’un chemisier de l’avenue de l’Opéra : Barclay. En même temps, il se dote de la fameuse moustache.

    C’est en dansant qu’il fait la connaissance de sa future deuxième femme, Nicole, celle qui lui donne l’idée de « faire des disques ». On est en 1949 : l’orchestre Eddie Barclay enregistre sous la direction artistique de Boris Vian. Et le chef livre lui-même avec son triporteur.

    Mais le jazz ne nourrit pas. Il faut donner dans la variété. Nicole entend à la radio Renée Lebas chantant une chanson d’Emile Stern, Où es-tu mon amour ? Chance, la chanteuse n’est pas sous contrat. Alors, Eddie et Emil Stern se mettent au piano et « arrangent » une vieille mélodie du folklore juif, sur laquelle Eddy Marnay met des paroles ; ça donne Tire, tire l’aiguille que Renée Lebas enregistre. Premier succès.

    En 1951, Nicole et Eddie fondent la Compagnie phonographique française. C’est la première compagnie de ce genre entièrement française car les autres sont internationales.

Un jour où Barclay livre – en voiture cette fois – un grand type lui fait signe :

    - Vous êtes Eddie Barclay ?

    - Oui.

    - Moi, je suis Eddie Constantine. Je peux vous parler ?

Le deuxième Eddie raconte sa vie au premier. Cachetons, cabarets, quelques disques chez Columbia et une opérette qui — malgré la présence d’Edith Piaf — n’a pas très bien marché : La p’tite Lili.

    1er Eddie : Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?

    2e Eddie : Me faire enregistrer des disques.

    Alors Eddie auditionne Eddie : Ah ! les femmes, avec Jeff Davis au piano. En même temps, sa carrière démarre au cinéma car on cherche un Lemmy Caution pour adapter les romans de Peter Cheyney. Constantine enregistre et mène au succès Et bâiller et dormir, Ah ! les femmes, Le soudard, Ça bardait, L’enfant de la balle, L’homme et l’enfant et, en distribuant pas mal de coups de poing, consomme pas mal de cigarettes, de whisky et de p’tites pépées.

Les caisses de Barclay commencent à se remplir. Son train de vie s’améliore. Il engage un cuisinier chinois. Il veut connaître tout le monde : tout le monde viendra chez lui.


Le microsillon

    Les bouleversements vont arriver. En France, c’est encore le règne du 78 tours lourd et cassable dans son horrible pochette de papier kraft. À la Libération Barclay s’était fait un copain américain, le lieutenant Alan Morison rédacteur en chef d’une revue et qui lui apportait des V discs (disques de « la victoire », à l’usage des G.I.). Un jour, Morison envoie un télégramme : « Un type a inventé un disque incassable qui pourrait contenir une heure de musique par face. » Nicole le convainc d’y aller. Là-bas, Morison les emmène partout et Eddie peut constater que le microsillon est une histoire vraie. Chance ! Aucun français n’est sur l’affaire. Alors, ils rapportent des matrices dans leurs valises.

    En France, ils commencent à déchanter : toutes les firmes leur rient au nez puisqu’il n’existe aucun appareil capable de lire les 33 tours ! Eddie ne se décourage pas : il obtient une licence pour importer 3000 lecteurs de microsillons. Les premiers pressages détruisent les matrices, mais on va rapidement arranger les choses. Ils vendent les 3000 appareils. Et quant aux disques, ils les pressent chacun à 3000 exemplaires et… en vendent 3000 !

Heureusement, bientôt les autres compagnies suivent.

    Et Barclay déclare alors modestement : « Voilà comment je suis devenu le soi-disant “empereur du microsillon” ! En fait, il n’y avait pas d’autre prétendant ! »

    Bientôt, il comprend l’importance de la pochette et n’hésite pas à mettre des photos de belles filles sur des disques de Raymond Lefèvre ou de Ben et sa tumba. Il y ajoute le désormais fameux logo jaune et noir. On peut imaginer l’effet dans la vitrine des disquaires à côté des 78 tours, qui font désormais figure d’antiquités.

    Et pour lancer tout ça, il a deux fameux complices : Bruno Coquatrix (le music-hall) et Lucien Morisse (la radio). Quand, en 1955, Europe 1 est lancé, Barclay y apporte ses disques. Au début, on ne passe que du Barclay ou presque. Mais Lucien Morisse invente ce qu’on n’appelait pas encore la « play-list » : pour la cohérence de la programmation, on ne passera qu’une trentaine de disques différents pas jour, mais chacun d’eux plusieurs fois. Alors, Barclay doit se battre pour que ses disques gardent une place. Et pour que ceux-ci soient mieux enregistrés, il fait construire avenue Hoche les studios les plus modernes d’Europe.

Un jour, un haut fonctionnaire entre dans le bureau de Guy Mollet, Président du Conseil (le Premier ministre de la IVème République) et lui fait entendre Le déserteur par Mouloudji que passe Europe N° 1. Mollet appelle Europe N° 1 pour faire interdire la chanson. Il ne parviendra pas à censurer la station. Alors, on s’y prend autrement : le gouvernement rachète une majorité des parts de la société « Image et son » qui contrôle Europe N° 1. Et le pauvre Mouloudji sera interdit d’antenne pendant dix ans !


Dalida

    Au début de 1956, Barclay et Morisse vont un soir à l’Olympia pour écouter les Numéros 1 de demain, l’émission d’Europe N°1. Ils entendent — et voient — Dalida chanter Barco negro et l’idée leur vient de la fourrer dans les pattes de Gloria Lasso, qui a lancé la mode des chanteuses à accent. Lucien Morisse l’enregistrera, l’épousera, en divorcera et Gloria Lasso devra bientôt aller chanter ailleurs. Dalida reste chez Barclay de 1956 à 1970. Elle y enregistre cinquante-sept super 45 tours rien qu’en français !  La maison en publie quelques-uns en allemand et en italien. Toutes ces galettes aux jolies pochettes donnent lieu à de nombreux 33 tours 25 cm qui se contentent de réunir les deux ou trois derniers super 45 tours.

    Le grand orchestre maison est celui de Raymond Lefèvre qui, tel celui de Franck Pourcel chez Pathé-Marconi, accompagne les vedettes de la maison et enregistre également sous son  nom.

    L’argent continue à affluer de plus belle, car Barclay distribue aussi des vedettes américaines, telles que Les Platters, alors en pleine gloire. En 1957, la maison tourne donc grâce à Dalida, Eddie Constantine, Les Platters, Renée Lebas et Raymond Lefèvre.

Barclay commence à donner des fêtes, et la première sur le thème brésilien, avec toutes les vedettes de l’époque, dont Brigitte Bardot tout auréolée de sa récente gloire dans Et Dieu créa la femme. C’est elle qui lui conseille de délaisser Cannes pour Saint-Tropez. En septembre, Eddie Barclay et le tout Saint-Trop’ remontent à Paris pour dénicher dans les restaurants et les cabarets les nouveaux talents. Émile Hebey (impresario de Bécaud) lui trouve Pierre Perret à la Colombe. Pierrot est convoqué chez Barclay : il chante et fait rire. Il signe un contrat. Ses disques passent sur Europe N° 1 et... rien. De 1957 à 1962, il enregistre vingt-neuf chansons, sur cinq super 45 tours et deux 33 tours 25 cm, depuis Moi j’attends Adèle jusqu’à La Bérésina. Après quoi, Barclay, peu convaincu, le laisse partir. L’année suivante, Perret sort Le tord-boyaux... mais chez Vogue.


Henri Salvador

    En 1958, c’est Henri Salvador qui arrive chez Barclay. Il a déjà une longue carrière derrière lui. Mais là, grâce aux textes farfelus de Boris Vian et aux arrangements de Quincy Jones — que Barclay a connu voici quelque temps et qu’il a « embauché » car Quincy veut rester en France — il (re)démarre en force. Au cours d’à peine trois années, il enregistre dix-neuf super 45 tours ! Il crée avec Boris Vian le personnage du garçon des îles nonchalant (Ça pince, Je peux pas travailler, Robert...), il enregistre des charlestons (J’ai vingt ans), des parodies de vieilles chansons (Mon homme devient Ma femme), ses fameux hit-parades (Bon voyage, Colonel Bogey) dans lesquels il massacre tous les succès de l’époque. La courte période contient d’authentiques chefs-d’œuvre : Trompette d’occasion, Le blues du dentiste, Le gars de Rochechouart, ainsi que quelques jolies perles fines : Gigi, Un certain sourire, Une île au soleil... Sans doute la meilleure période d’Henri Salvador. À la mort de Boris Vian, Salvador se sentant un peu orphelin, ne renouvelle pas son contrat et retourne chez Philips où il deviendra bientôt son propre producteur.

    Hugues Aufray, bien que chez Barclay depuis 1959, va mettre quelques années à s’imposer. Ses tout premiers super 45 tours contiennent pourtant quelques chansons intéressantes : Y avait Fanny sur le premier, Le jugement dernier sur le suivant, puis J’entends siffler le train (enregistré avant Richard Anthony), La femme du Libéria et surtout Santiano. Le style d’Aufray n’est pas encore bien défini. Ce sera chose faite à partir de 1963 avec l’invention de son « skiffle group ». De 1959 à 1970, Hugues Aufray enregistre chez Barclay 125 chansons avec tous ses succès et le fameux album « Aufray chante Dylan ».


Aznavour, Ferré, Brel et Ferrat

    En 1960 arrive Charles Aznavour. Il va remplir aussitôt les caisses. Mais qui songerait à critiquer le commerce quand la marchandise est de cette qualité ? Aznavour a lui aussi une déjà longue carrière, chez Ducretet-Thomson. Longue carrière durant laquelle il a dû subir pas mal d’humiliations. Mais en 1960, nul ne se moque plus de sa voix ni de son physique. De 1960 à 1983, il publie chez Barclay une liste impressionnante de succès. D’emblée, il enregistre un 25 cm de dix chansons où y a rien à jeter (Tu t’laisses aller, Les deux guitares...) bientôt suivi de Je m’voyais déjà, Il faut savoir, La marche des anges, Les comédiens, For me formidable, La mamma, Que c’est triste Venise, Hier encore, Le temps, Je reviens Fanny, Yerushalaim, La bohème, Et moi dans mon coin, De t’avoir aimée, Emmenez-moi... STOP ! Ne fatiguons pas le lecteur.

    Cette même année, arrive aussi Léo Ferré. Et on ne peut pas dire que Léo et Eddie aient quelques ressemblances : catalogué « rive gauche » c’est-à-dire intellectuel, invendable bref, rien à en tirer, Ferré devient populaire grâce à son premier 25 cm Barclay. Il faut dire qu’il contient tout de même Paname, Jolie môme, Comme à Ostende, Les poètes... Confirmation l’année suivante avec un deuxième 25 cm et dix poèmes d’Aragon dont la fameuse Affiche rouge et L’étrangère. Bien que souvent en désaccord, les deux hommes poursuivront leur collaboration jusqu’en 1974.

    Brel a ramé chez Philips pendant quelques années et a fini par éclore avec ses deux derniers 25 cm (1959 et 1961). En 1962, il publie chez Barclay un extraordinaire 30 cm contenant pas moins que Les bourgeois, Le plat pays, Madeleine, Bruxelles... Le plus fort de la production de Brel est enregistré de 1962 à 68. Puis le dernier disque de 1977 (Les Marquises), mis en circulation au cours d’une curieuse opération commerciale.

    C’est au tour de Jean Ferrat d’arriver en 1963. Il a déjà chez Decca quelques succès à son actif. D’emblée, il frappe fort avec Nuit et brouillard. Ce sera ensuite la cadence régulière d’un 33 tours par an jusqu’en 1972. Avec ce cocktail de chansons « dérangeantes » et de chansons d’amour. Après quoi il réenregistrera chez Temey (Te = Tenenbaum-Ferrat, Mey = Gérard Meys) (presque) toutes ses anciennes chansons de crainte qu’un jour elles soient pilonnées comme c’est arrivé à d’autres.


Nougaro

    Parmi les « géants » Claude Nougaro arrive en 1975 avec « Femmes et famines ». C’est alors jusqu’en 1985 une série de disques remarquables : « Plume d’ange » (77), « Tu verras » (78), « Mon disque d’été » (79), « Assez ! » (80), « Au New Morning » (81), « Chansons nettes » (81), « Ami-chemin » (83) et « Bleu, blanc, blues » (85). Sans doute pas assez remarquables pour les comptables de chez Barclay : Nougaro est remercié en 1986.

    Charles Trenet est allé lui aussi chez Barclay. Saura-t-on jamais pourquoi il n’y a enregistré qu’un seul disque ? Pourtant, le 30 cm compte quelques chansons intéressantes : Le Chinois, La tarentelle de Caruso, Chante le vent, Rachel dans ta maison…

    On peut se demander tout ce que ces « super-grands » étaient venus faire avec un homme qui, a priori, n’avait rien de commun avec eux. La réponse est simple : Barclay était une maison 100% française, le patron laissait une grande liberté créatrice à ses artistes, leur offrait les meilleurs arrangeurs et ne comptait pas les heures de studio. Ajoutons qu’il avait probablement un grand respect pour les artistes.

    Eddie Barclay doué d’un flair peu commun pour l’artiste ou la mode qui allait marcher se devait de participer à l’aventure du rock. Après les canulars d’Henry Cording, c’est en 1958 que le rock est enfin pris au sérieux. Barclay enregistre un des premiers rockers français, le suffocant Danyel Gérard. Mais après deux super 45 tours, celui-ci doit troquer le costume du rocker contre celui du Bidasse. Fin 60, c’est plus sérieux : Jean Fernandez de la maison Barclay engage Les 5 Rocks qui, grâce à une habile opération commerciale, deviennent bientôt Les Chaussettes Noires. Les disques Barclay ont lancé le premier groupe de rock français ! L’aventure est courte (1961-62) mais il en sort tout de même Eddy Mitchell qui continue seul et avec intelligence et humour l’aventure. Il se paye même le luxe de devenir un très bon parolier et de se constituer peu à peu un répertoire presque entièrement français. Et grâce au Twist du canotier, les Chaussettes Noires relancent pour un temps la carrière de Maurice Chevalier.


Delpech et les autres

   Il est exclu de faire ici la liste de tous les artistes ayant enregistré chez Barclay, encore moins celle de leurs succès. Néanmoins, on va en citer tout de même quelques-uns. On a vu que le flair du patron a été pris en défaut avec Pierre Perret. Il l’a été quelques années plus tard avec Michel Sardou. Celui-ci enregistre de 1965 à 68 sept super 45 tours et puis s’en va. Un succès tout de même (qui fait déjà quelques remous) : Les Ricains.

    Et allons-y pour la liste : Michel Delpech, arrivant de chez Festival avec quelques succès, grave chez Barclay de 1967 à 1979 : Il faut regarder les étoiles, Qu’est-ce qui m’arrive ?, Wight is Wight, Un coup de pied dans la montagne, La vie, la vie, Que Marianne était jolie, Les divorcés, Le chasseur, Quand j’étais chanteur, Le Loir-et-Cher...

Alain Barrière, après ses premiers succès chez RCA, enregistre en quatre ans — de 1966 à 70 pas moins de cinq 30 cm. Nino Ferrer connaîtra chez Barclay toutes les étiquettes de 1963 à 1989 : Bel Air, puis Riviera et enfin Barclay.

    Citons encore en vrac (quoique certains d’entre eux mériteraient un gros paragraphe) Bernard Lavilliers, Mireille Mathieu, Maurice Fanon, Nicole Rieu, Ricet-Barrier, Henri Tachan, Anne Sylvestre, Leny Escudero, Frank Alamo, Nicoletta, Guy Marchand, Georges Chelon, Lucienne Delyle, Patricia Carli, Les Poppys, Les Quatre Barbus, Brigitte Bardot, Christophe, Diane Dufresne, Robert Charlebois, Pierre Vassiliu, Rachel, André Dassary, Dario Moreno, Georges Guétary, Les Guaranis, Daniel Guichard, Armand Mestral, Vince Taylor...

    Certains le temps d’un disque, d’autres pour une bonne partie de leur carrière, d’autres enfin pour tenter de redonner un nouveau départ à une carrière en sommeil. Signalons enfin parmi les curiosités un super 45 tours de Minou Drouet, un de Sophia Loren et un du père Duval.

    En 1978, Eddie Barclay vend sa firme à Phonogram. Envie de se sentir libre, envie de monter une unité qui ne s’occupe que de production. Mais il a posé une condition : rester Président de Barclay pendant cinq ans encore. C’est pourquoi on verra jusqu’en 1983 le nom de Barclay sur des disques.

    Et pendant longtemps encore des petits curieux comme vous et moi seront heureux de dénicher dans les brocantes et autres vide-greniers les petites rondelles noires à l’étiquette jaune et aux jolies pochettes glacées.


Jean-Paul Chevalley