Biographies : Valérie Lagrange

Retour accueil      Retour liste

 

    Parallèlement à ses études au lycée Jules-Ferry, elle suit des cours de piano et de danse : elle rêve d'être mannequin. Claude Autant-Lara la découvre dans la boutique d'électroménager de ses parents et lui propose, tout de go, le rôle de Juliette dans son nouveau film, La Jument verte, d'après Marcel Aymé. À dix-sept ans, Valérie Lagrange est lancée ! Durant la décennie 60, elle tourne pas moins d'une vingtaine de films, très différents les uns des autres. Elle pose pour de nombreux magazines « pour hommes », Lui, Absolu, notamment.

    Le hasard la met en présence du directeur artistique Claude Dejacques qui l'engage chez Philips. Entre 1964 et 1966, elle enregistre cinq super 45 tours et un 30 cm. Elle interprète des chansons de Pierre Barouh et Francis Lai, Sylvie Coste, Colette Rivat. Claude Dejacques lui adapte quelques thèmes du folklore d'Amérique latine, en vogue alors (Brigitte Bardot, Marie Laforêt). Serge Gainsbourg lui écrit La guérilla, un succès en 1965. Ses amis s'y mettent aussi : Jean-Pierre Kalfon (La dame d'or), Marc'O (Mizzie la pie). Elle écrit quelques textes, seule ou en collaboration avec Michel Jourdan et Armand Canfora (Pour te plaire). En duo avec Kalfon, elle enregistre une superbe version de La chanson de Tessa (de Jean Giraudoux, musique de Maurice Jaubert), chante Audiberti (Trois cigarettes, musique de Jorge Milchberg). Elle chante à Bobino en 1965.

    Au milieu des années 60, Valérie Lagrange est un peu l'égérie d'une « bande » d'artistes et d'intellectuels formée, notamment, de Pierre Clémenti, Jean-Pierre Kalfon, Bulle Ogier, Bernadette Laffont, Marc'O, le metteur en scène dont elle joue la pièce Les Idoles. Éblouie par les événements de mai 68, elle décide de tirer un trait sur son passé et quitte la France ce même mois. Son cheminement se confond alors avec celui d'une partie de la jeunesse : longs voyages, vie en communautés, expériences de toutes sortes... Jusqu'en 1973, Valérie est constamment « on the road ». Pour La vallée, le film de Barbet Schroeder, elle part en Nouvelle Guinée, au milieu des tribus Papou, passe une année en Inde... En 1971, elle enregistre, avec les musiciens d'Elton John, un 45 tours en Angleterre (Si ma chanson pouvait, première version). Elle rencontre un musicien anglais, Ian Jelfs, ils font de la musique en ensemble, suivent Graeme Allwright dans une de ses tournées.

    Au milieu des années 70, Valérie tourne dans deux films de Lelouch (Le bon et les méchants, Le chat et la souris). Puis, en 1976-77, on retrouve Valérie et Ian faisant la manche dans les restaurants parisiens. En 1977, Valérie enregistre, sans succès, un 45 tours sur le label Egg (sous-marque de Barclay), avec une nouvelle version de Si ma chanson pouvait et chante en duo avec Bashung sur un 45 tours du même label (Roman-photos). Elle réalise alors des maquettes de ses chansons et les propose à Virgin, label anglais récemment implanté en France, qui l'engage. Un premier 30 cm voit le jour en 1980. Faut plus me la faire est un tube. Avant Gainsbourg et Lavilliers, Valérie Lagrange et Ian Jelfs introduisent le reggae dans la chanson française. Trois albums suivront (« Chez moi » en 1981, « Les trottoirs de l'éternité » en 1983 et « Rebelle » en 1985), qui se vendent beaucoup moins. Valérie Lagrange se fait « descendre » par la presse rock qui la traite de « vieille hippie mal recyclée ». Estimant ses textes trop naïfs, Virgin cesse de produire ses disques, tout en publiant, en 1987, une compilation de ses enregistrements.

    Valérie est aussi à l'origine de la chanson Ethiopie, écrite par Renaud et Franck Langolf, enregistrée par les Chanteurs sans frontières en 1985, le premier disque « humanitaire » réalisé en France.

    En 1993, un petit label, ILD, sort une compilation de ses enregistrements Philips. On la redécouvre et l'année suivante, elle présente ses nouvelles chansons à Paris (Occident).

R. B.


Note : biographie non actualisée (1994).