Biographies : Michelle Senlis et Claude Delécluse

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    Adolescente, Michelle Senlis pratique l'écriture à sa façon : en tenant son journal de façon « littéraire ». Pour gagner sa vie, elle fait des études de dessin, puis de mathématiques et de droit. Sa rencontre avec Claude (Édith) Delécluse est déterminante : elles décident toutes deux d'écrire des chansons. Pour l'anecdote, Michelle Senlis doit demander l'autorisation paternelle pour adhérer à la SACEM : elle est trop jeune !

    Séduite par les textes de Michelle, Patachou écrit dans un journal  : « Voici le nouveau Brassens ! » (elle s'emparera bientôt de Jenny la chance, écrite avec Claude Delécluse). Mais c'est Édith Piaf qui enregistrera leur première chanson : C'est à Hambourg, qu'elle créée à l'Olympia. Succès de l'année 1957, C'est à Hambourg est aussitôt repris par les grandes interprètes des années 50 : Renée Lebas, Germaine Montero, Catherine Sauvage mais aussi par Lina Margy et Suzy Solidor. Succès international, la chanson est adaptée aux États-Unis, notamment, sous le titre Left banke. Pour Piaf, elles écrivent encore, toujours avec des musiques de Marguerite Monnot, Les amants d'un jour et Comme moi. Désormais duo à succès, Michelle Senlis et Claude Delécluse sont sollicitées par tous les interprètes du moment.

    À la fin des années 50, Hugues Aufray fait un succès à Y'avait Fanny qui chantait. Au début des années 60, la rencontre de Jean Ferrat va être décisive pour les deux auteurs. Elles lui proposent des textes. De Claude Delécluse, Ferrat enregistre Deux enfants au soleil et en fait le premier « tube de l'été », de Michelle Senlis, Les nomades, Mes amours ou L'homme à l'oreille coupée (en collaboration avec Claude Delécluse). Les succès se suivent : C'est beau la vie, Raconte-moi la mer, Les amants de Vérone (pour Isabelle Aubret)... En 1962, Michelle Senlis écrit une chanson sur son père que Ferrat met en musique : Mon vieux. Enregistrée, l'année suivante, par un jeune interprète de chez Philips, Jean-Louis Stain, elle passe un peu inaperçue. Douze ans plus tard, Daniel Guichard reprend le texte, le modifie légèrement et en fait un succès. Mais là où le bât blesse, c'est lorsqu'il s'approprie la parternité de la chanson. Michelle Senlis lui intente un long procès qu'elle gagne en 1994.

    Puis c'est au tour Jacqueline Dulac d'avoir recours aux deux parolières qui lui donneront quelques-uns de ses plus grands succès : Lorsqu'on est heureux, Les oiseaux d'Amsterdam (C. Delécluse), Venise sous la neige, Les chevaux, L'aube n'est pas qu'un cri (M. Senlis)... Senlis et Delécluse écrivent aussi régulièrement pour Isabelle Aubret, Francesca Solleville, Juliette Gréco, Régine, Jacqueline Danno et, ponctuellement, pour Dalida, Mireille Mathieu, Fabienne Thibeault. Elles essayent, en vain, de lancer un jeune compositeur-interprète belge, Jacques Hustin.

    En 1981, une jeune chanteuse, Evelyne Geller, présente Les yeux fermés au concours de l'Eurovision. La chanson, qui arrive troisième, est la dernière enregistrée de Michelle Senlis. Aujourd'hui, Michelle Senlis se consacre à la peinture.


R. B.