Isabelle Aubret

 

Biographie d’Isabelle Aubret

    Née dans une famille de onze enfants, Isabelle quitte l'école à treize ans et travaille dans une usine de filature du Nord. Elle suit des cours d'art dramatique et de danse classique, s'inscrit à des concours et chante. Son professeur d'art dramatique la remarque et la présente au directeur de Radio-Lille. Elle commence à faire des galas en reprenant des chansons d'Annie Cordy et de Gilbert Bécaud. Elle finit par quitter l'usine et se retrouve, en 1958, chanteuse d'orchestre dans une boîte du Havre. Elle chante pour les étudiants et les marins de toutes nationalités pour qui elle adapte son répertoire.

    Au début des années 60, elle auditionne à Paris devant Jacques Canetti qui lui fait enregistrer son premier disque chez Philips. Sur ce 45 tours paru en mars 1961, deux chansons écrites spécialement pour elle par Maurice Vidalin et Jacques Datin, Le gars de n'importe où et Nous les amoureux qui fera la carrière que l'on sait avec Jean-Claude Pascal.

    Au cours de sa « période Philips » (1961-1964), Isabelle Aubret enregistre Gainsbourg (La chanson de Prévert, Il n'y a plus d'abonné au numéro que vous avez demandé, Arc-en-ciel), Brel (La Fanette), Brassens (Au bois de mon cœur), Lemarque (La faim de vivre). Au Concours de l'Eurovision 1962, elle fait triompher Un premier amour de Roland Valade et Claude-Henri Vic. Elle chante des chansons de films pour enfants (Poly Polisson, Tintin et la Toison d'or, Blanche-Neige et les 7 nains — un de ses disques les plus vendus, ou Les chansons de Saturnin), enregistre en 1964 un album de standards français et américains adaptés (Il ne faut pas briser un rêve...)

    Par l'intermédiaire de Gérard Meys, elle rencontre Jean Ferrat dont elle enregistre en 1962 Deux enfants au soleil (texte de Claude Delécluse). Une équipe est née : à Ferrat, Louis Aragon, Michèle Senlis, Claude Delécluse, elle doit une grande partie de son répertoire des années 60 : Derrière la rose noire, C'est beau la vie, Nous dormirons ensemble, Les amants de Vérone, Sauvage et tendre Mexico... Un accident de voiture en 1963 interrompt momentanément sa carrière.

    En 1965, elle quitte Philips pour Polydor, sous la direction artistique de Gérard Meys. Elle enregistre Jacques Debronckart (Rue de la Gaité, Toi qui nais cette année, La chanson tendre, La jeunesse d'aujourd'hui, Notre chambre), Georges Coulonges (La chanson des pipeaux, Un enfant quitte Paris, Le goût de l'été), Gainsbourg écrit spécialement pour elle (Pour aimer il faut être trois, No man's land), elle interprète Anne Sylvestre (Quand on dansait la vie en rose), Pierre Selos (Les enfants de Bogota). Et toujours Ferrat, Aragon, Senlis et Delécluse. En 1968, elle représente la France à l'Eurovision avec La source et gagne le concours. En 1972, elle enregistre C'est ainsi que les choses arrivent (Aznavour), la chanson du film de Jean-Pierre Melville, Un flic.

    En 1969, Isabelle Aubret quitte Polydor pour intégrer les disques Meys, label nouvellement créé. Elle enregistre La complainte du partisan, Six feuilles mortes de San Francisco (Mouloudji), des chansons brésiliennes (Casa forte). Dans les années 70, elle enregistre une dizaine de 30 cm et une vingtaine de 45 tours. Elle reprend ses chansons du début (« Les classiques de la chanson »), consacre tout un album à Brel, à Aragon (avec Jean-Louis Trintignant), enregistre des chansons du folklore et de Francine Cockempot et continue à chanter Jean Ferrat (La femme est l'avenir de l'homme).

    Elle choisit de nouveaux auteurs : Christian Arabian (Pain brûlé et café sans lait), Georges Chelon (Petite fille, petit amour, petite enfant), Maurice Fanon (Ma terre, Mon enfant), Claude Lemesle (Deux fois plus qu'à vingt ans, En harmonie, 1789), Allain Leprest (La maison, Étrangement, Sa montagne, hommage à Jean Ferrat, Charivari), Romain Didier (Vague à l'homme), Patrick Deny (Eau, Quand la ville s'endort, Roumania). Elle perpétue l'œuvre de Danielle Messia (J'voudrais m'poser, Grand-mère ghetto), rend hommage à Ferrat (Sa montagne) et Aragon (Boulevard Aragon, très beau texte de Claude Lemesle). Elle reprend Guidoni (Y'a un climat), Vasca (Vivre en flèche), Barbara (Ma plus belle histoire d'amour), Cabrel (Tout le monde y pense)...

    En 1987, elle obtient le Prix du Président de la République, décerné par l'Académie Charles-Cros, pour son album « Vague à l'homme ». À un certain moment, ses chansons évoquent précisément l'actualité : Varsovie (1983, le putsch en Pologne), Beyrouth (1984, la guerre du Liban), Des Cornouailles à l'Oural (1990, la chute du Mur de Berlin), Roumania (1990, la fin de la dictature), La Vologne (1984, l'affaire Grégory)...

    En mars 1990, Isabelle Aubret chante à l'Olympia. Son premier enregistrement public sort au mois de décembre, en même temps qu'une vidéo du spectacle (« Allez, allez la vie »). L'année suivante, elle s'offre le luxe d'enregistrer treize standards de jazz an anglais (« In love »). En 1992, elle enregistre dix-huit chansons d'Aragon : elle chante pour la première fois les adaptations de Léo Ferré (Il n'aurait fallu). Dans « Coups de cœur », publié en novembre de la même année, elle interprète Béart (Poste restante), Caussimon (Nous deux), Trenet (L'âme des poètes).

    Nouvelles chansons en avril 1993, sur l'album « C'est le bonheur ! » Elle chante Franck Thomas (Province, À ma mère enfouie, L'éternité Picasso), Claude Lemesle (Le marquis) et reprend Debonckart (Écoutez, vous n'm'écoutez pas). La même année, elle enregistre seize chansons de Jean Ferrat.


R. B.


Discographie : Philips, Polydor, Meys.


Note : biographie non actualisée (1994), prochainement mise à jour.