Archétype de l'artiste incompris par ses contemporains et découvert par la génération suivante, Boby Lapointe connaît, auprès des jeunes, une gloire posthume qui ne s'est pas démentie depuis une quinzaine d'années. Nombreux sont ceux qui revendiquent, à des degrés divers, une part de son héritage ou reprennent son répertoire. Belle « Revanche » — c'est le titre d'une de ses chansons — pour un auteur-compositeur-interprète dont les ventes de disques n'ont jamais explosé de son vivant !


   

    Le démarrage de la seconde carrière de ce « jongleur de mots », selon l'expression du compositeur et orchestrateur Oswald d'Andréa, se situe en 1976. Cette année-là, Jacques Caillart, directeur de sa maison de disques, publie l'intégrale de ses enregistrements 1960 à 1969. Un coffret Philips de quatre 30 cm paraît et, contre toute attente, c'est le succès ! Particularité, le livret contient un « avertissement au lecteur », rédigé par Boby lui-même, et le texte de toutes les chansons. « J'ai un penchant naturel pour les mots et leur côté farce, écrit-il. J'en ai acquis une certaine technique, et ne sais m'empêcher de mettre cette farce à toutes les sauces. Ce n'est pas un métier, mais... ça sert d'os, et, pour moi, c'est le squelette de toute expression du comique. »


    Ses débuts dans le métier, il les fait, à la fin des années 50, sur la scène du Cheval d'or, cabaret réputé de la Contrescarpe, une ancienne bonneterie de la rue Descartes transformée en boîte à chanson. À cette époque, Boby n'a pas encore adopté le pull marin qui sera son image de marque, et c'est en complet-cravate qu'il passe un soir la porte du Cheval d'Or... « Sa tenue de représentant de commerce détonne dans ce lieu où une certaine mise débraillée est de rigueur », se souvient Jacky Vidal. Mais Boby est là pour présenter ses chansons car il ne pense pas du tout les interpréter lui-même. D'ailleurs, il estime qu'elles conviendraient plutôt à des chanteuses... Il n'y en a pas et Jean-Pierre Suc l'encourage à sauter le pas : « C'est tes chansons à toi, et ta musique à toi, tu n'auras pas de mal à les interpréter. »


« Un galop de taureau »

Boby se lance mais il a du mal à suivre le tempo de Marc Hemmeler, célèbre pianiste de jazz. Visiblement, il n'est pas une « bête de scène » ! « Il n'a jamais été formé pour parler ou chanter en public. Intimidé, il a fait un peu, au début, comme un gosse qui dit une fable ou un poème devant son professeur. Ensuite, il en a fait son style », reconnaît son frère Francis. « Il avait une façon bizarre de rythmer ses chansons, précise Léon Tcherniak : il se balançait verticalement, il trépidait, et sa trépidation se transmettait au public. Bien sûr, ce n'était pas un chanteur à voix. Mais de la voix, dans les lieux où l'on chantait alors, on n'en moquait un peu. Aux artifices, on préférait la sincérité. »

« Quand Boby était en scène, résume Pierre Maguelon, dit Petit Bobo, j'avais toujours l'impression d'un galop de taureau. » « Toi, tu t'appelles Guy et tu fais danser... Moi, j'ai la danse de Saint-Guy... », fait remarquer Lapointe à Béart ! Dans son élan, et sans vraiment s'en rendre compte, il arrive que Boby rechante parfois la même chanson ! « Bof ! je ne m'en suis pas aperçu, y' a des chances pour que le public non plus. »

Témoin des débuts de Boby Lapointe au Cheval d’or, le scénariste et auteur de chansons Jean-Claude Carrière se souvient notamment des après-spectacles à la Mouff’. « Le Cheval d’or fermait sur le coup de deux heures du matin. Nous partions, avec Suc, son frère Charly, le trompettiste, Ricet Barrier, Petit Bobo, avec d’autres qui pouvaient se trouver là. Je garde un souvenir ébloui de ces dérives nocturnes : c’était à la fois une promenade dans Paris, dans la poésie et dans le chanson. »

Ouvert par Léon Tcherniak en 1955, Le Cheval d'or est animé par Jean-Pierre Suc (du duo Suc et Serre). C'est dans ce cabaret fréquenté par les méridionaux de Paris que François Truffaut, spectateur parmi d'autres (Pierre Étaix, Jacques Audiberti) le découvre. À son répertoire, il y a notamment Bobo Léon, chanson inspirée par le maître des lieux, Marcelle et surtout Framboise dont un passage met en joie l'assistance :


« Pour sûr qu'elle était d'Antibes !

C'est plus près qu'les Caraïbes (...)

Et malgré ses yeux de braise

Ça n'me mettait pas à l'aise

De la savoir Antibaise...

Moi qui serais plutôt pour... »


Le chanteur sous-titré

Le réalisateur des 400 coups lui propose le rôle du pianiste dans le prochain film qu'il tourne avec Charles Aznavour. Boby fait une apparition remarquée dans Tirez sur le pianiste lorsqu'il chante Framboise, accompagné au piano par Aznavour lui-même — en réalité, c’est Marc Hemmeler qui en joue. « On ne pratiquait guère le play-back à cette époque, rappelle Truffaut, et, du reste, je crois bien que Boby n'avait pas encore enregistré de disque. Il joua et chanta donc "en direct", comme il le faisait chaque soir au Cheval d'Or, solidement planté sur ses jambes, inclinant le torse en mesure, la tête ballottant de gauche et de droite au rythme de la musique, le visage restant complètement sérieux avec une sorte de tristesse acharnée dans le regard. » Visiblement désarçonné, Pierre Braunberger, le producteur, n'apprécie pas trop cette scène : « On ne comprend pas les paroles, il faut couper la chanson. Votre chanteur doit apprendre à articuler ou alors il faut le sous-titrer ! »

« Je pris cette observation au pied de la lettre, raconte Truffaut, et je fis faire un sous-titrage, chaque vers de la chanson apparaissant au bas de l'image, syllabe par syllabe, dans un synchronisme parfait. Le résultat était excellent, l'effet comique décuplé. »


Des chiffres et des lettres

Né à Pézenas (Hérault), le dimanche 16 avril 1922, Robert, dit Boby, est accueilli dans une famille mélomane. Sa mère, Élodie, a une belle voix et en fait profiter les autres. Son père, François-Ernest collectionne les instruments de musique mais c’est aussi un amoureux du beau langage et un « fort en maths ». Chez les Lapointe, on aime autant les chiffres que les lettres et Boby héritera aussi de cette double passion. « Papa était très fort en calcul mental, capable de résoudre des problèmes assez compliqués sans écrire. Le français, n’en parlons pas !... Il était excellent, aussi bien en orthographe que sur le plan de la maîtrise du langage. Le soir, à table, on pouvait passer deux heures, trois heures, à discuter du bon usage des mots, de l’orthographe ou des mathématiques », se souvient Francis, le frère de Boby.

          Après avoir passé un bac scientifique, Boby décide de partir en pension pour pouvoir étudier.

Bonnes intentions, mais de courte durée, car il se fait renvoyer et retourne à Pézenas.

Pendant l'Occupation, Boby a 20 ans. En 1942, il doit interrompre ses études pour rejoindre les Chantiers de jeunesse. L’année suivante, le Service du Travail Obligatoire l’accapare mais il s’en évadera à deux reprises. À la Libération, il part à La Ciotat où il trouve un emploi dans le nettoyage d’épaves de bateaux. À Paris, où il est venu acheter du matériel pour scaphandriers, Boby découvre les Frères Jacques, un quatuor original dont on commence à parler. Il leur propose ses textes — car il écrit déjà — mais les Frères Jacques n’arrivent pas à les mettre en scène... Toutefois, ils l’encouragent à persévérer.

        À un moment, Boby envisage de travailler avec son père, qui vient d’acquérir un domaine viticole, mais il y renoncera.

Août 1946. La famille Lapointe passe les vacances à Menton. Sur la plage, Boby fait la connaissance de Colette Maclaud, qui sera sa première femme. Mariés six mois plus tard, le 10 décembre 1946, ils s’installent à Pézenas dans la propriété familiale, après un voyage de noces à Florence. De son premier mariage naîtront Martine, surnommée Ticha (« petit chat »), le 14 novembre 1948, et Jacky (20 juin 1950).

Depuis toujours, Boby est attiré par l’écriture. Son professeur du lycée de Pézenas lui dira : « Vous écrivez bien, quoique vos idées soient complètement loufoques ! » De passage à Juan-les-Pins, il revoit les Frères Jacques. Paul Tourenne conseille à celui qu’il nomme affectueusement « Pézenas » d’aller tenter sa chance à Paris. Avant de faire le saut, Boby publie à compte d’auteur, chez un imprimeur de Montpellier, son premier recueil de textes : Les Douze chants pour un imbécile heureux, sous le pseudonyme de « b. bumbo » (en minuscules !). Treize textes, en fait, dont plusieurs deviendront des chansons : Revanche, Insomnie, Sentimental bourreau, Le Poisson fa et Étranges propos d’un réveil chromé, qui deviendra Ta Katie t’as quitté.

Au printemps 1951, Boby et Colette montent à Paris. Grâce au père de Boby, le couple fait l’acquisition d’une boutique de confection et de layettes, dans le 18ème arrondissement. Les affaires marchottent. Après avoir travaillé dans la publicité et la représentation, Boby devient installateur d’antennes de télévision, emploi qu’il conservera jusqu’au début des années 60. « Mais j’étais moi-même trop peu convaincu de mes dons de représentant pour en convaincre mes clients... Le soir, je me consolais en écrivant des nouvelles humoristiques ».


Poisson d’avril

Parallèlement, ils prennent tous deux des cours d’art dramatique et fréquentent Pigalle et la Butte Montmartre. Au Chat Noir et Chez Geneviève, Colette, qui a pris le pseudonyme de Colette Brumaire, dit les textes que vient d’éditer Boby. Lui passe dans les cabarets, chante ses chansons accompagné au piano mais l’accueil est réfrigérant, personne ne s’intéresse à lui. Il devra attendre encore un peu avant qu’on le remarque. André Trives, l’imprésario de Bourvil, entend sa chanson Aragon et Castille, et lui propose de la faire interpréter par le comédien dans le nouveau film de Gilles Grangier, Poisson d’avril, qui sort au mois de juillet 1954. Bourvil chante Aragon et Castille — dont Étienne Lorin signe la musique parce que Boby n’est pas encore membre de la Sacem —, mais le film n’a pas du tout de succès et Aragon et Castille passe inaperçu.

Colette intègre la Compagnie Barrault puis part en tournée avec Edwige Feuillère Les difficultés financières aidant, le couple divorce en 1956...

Boby s’achète un magnétophone, enregistre des maquettes destinées à démarcher d’éventuelles interprètes (certaines de ces ébauches seront publiées en 1994 sur le coffret « Boby Lapointe en public »). « Écrire des choses drôles m’amusait énormément, mais les chanter moi-même ne me faisait plus rire du tout. »

Les années passent. Après ses débuts au Cheval d’or, il connaît un début de notoriété.


Tenue de plongeur

En 1960, Boby rencontre Philippe Weil, passionné de jazz et directeur artistique chez Fontana où il vient de succéder à Boris Vian, disparu quelques mois auparavant. Les deux hommes sympathisent. Philippe Weil programme Boby au théâtre des Trois Baudets dans le spectacle Qualitativement vôtre, qu’il partage avec Renée Lebas. Au printemps 1960, Boby enregistre son premier disque, qui paraît le 15 octobre. La pochette de ce EP qui comporte 5 titres au lieu de 4, le représente en tenue de plongeur ! « Dans la vie, j’ai eu des hauts et des bas, dans les bas j’étais scaphandrier, dans les hauts j’installais des antennes de télévision. » La séance d’enregistrement est difficile car Boby ne suit pas la mesure ! L’enregistrement est donc réalisé en deux temps : l’orchestre d’Alain Goraguer d’abord, puis le chant, procédure inhabituelle pour l’époque.

Boby Lapointe fait la connaissance de Georges Brassens. Ils deviennent amis. En 1960, Boby fait ses premières tournées avec Brassens.

C’est aussi en 1960 que Boby rencontre sa deuxième femme. Simone Triadou le découvre à l’Échelle de Jacob. Sous le nom de Manouchka, elle commence à se faire un petit nom d’auteur avec des chansons à succès enregistrées par Patachou, Juliette Gréco, Colette Deréal, Jean-Claude Pascal : L’amour quotidien, Gégène, Le gros Lulu... Signée par Polydor, elle enregistre trois super 45 tours. Boby plaît à Colette, il lui fait une « cour d’enfer ». Ils se marient le 20 août 1960 à Saint-Tropez. C’est cette même année que le nom de Boby Lapointe commence à sortir du cercle étroit des « lapointophiles ». Renée Passeur, femme du dramaturge Steve Passeur et figure incontournable du Tout-Paris, le fait passer dans son cabaret de la Bastille, Chez Victor, puis au Saintor de Saint-Tropez. Jacqueline François alerte son amie Ginette Garcin, redevenue chanteuse soliste après la dissolution de l’orchestre de Jacques Hélian, et lui suggère d’enregistrer Aragon et Castille (ce qu’elle fera, avec aussi Troubadour ou la crue du Tage).

En 1962, à Bobino, Marcel Amont enregistre On est là, une jolie chanson de Manouchka, qui évoque tendrement le couple formé avec Boby Lapointe... Mais leur « histoire passionnelle » ne durera que deux ans. Ils divorcent en 1962.

15 mai 1961 : deuxième EP (5 titres aussi) intitulé « Le chanteur sous-titré » suite au film de Truffaut... Boby commence à être connu. Il passe avec Aznavour à l’Alhambra et à l’Olympia, en première partie de Johnny Hallyday. C’est à ce moment qu'il abandonne son métier de poseur d’antennes.

Le 1er novembre 1961 paraît son premier 25 cm intitulé « Sacré Boby Lapointe ». Ses disques connaissent des tirages limités, ce qui explique leur rareté, mais Claude Dejacques, son directeur artistique, continue de lui faire confiance : « Philips tolérait que j’enregistre Boby Lapointe parce qu’on se débrouillait pour que ça ne coûte pas cher, on enregistrait en son direct. Cela se passait dans l’immense studio Blanqui et il était plutôt contracté. Je me souviens qu’il se tapait dessus avec son bras pour battre la mesure ! »  Cette même année, Roger Pierre et Jean-Marc Thibaut enregistrent Aragon et Castille (Pathé).

Malgré tout, la carrière de Boby stagne, il ne décolle pas. En 1963, il a une l'idée d'ouvrir un club privé, rue de la Huchette : Le Cadran Bleu. Particularité : une... pointeuse est installée à l’entrée ! Mais faute d’une véritable gestion, le lieu ferme ses portes au bout de quelques mois. Pour l’aider à vivre, Georges Brassens intervient auprès de Philips. Pendant quelques mois, Boby sera donc magasinier dans... sa propre maison de disques où il expédie ceux des autres !


Jack Sélaire

Fin septembre 1964, Fontana fait paraître deux 45 tours simples destinés aux juke-box (261 455 et 261 456) qui présentent deux particularités. Un : l'étiquette mentionne un certain Jack Sélaire. Deux : les faces B ne tournent pas à la bonne vitesse... Erreur ou facétie ? C'est bien Boby Lapointe qui chante La leçon de guitare sommaire, Le beau voyage, Marcelle et Troubadour ou la crue du Tage, mais... en accéléré ! Explication donnée par Boby : « Si je chante en 33 tours sur un disque qui tourne à 45 tours par minute, aucun doute : Jack Sélaire ! » Ces versions collector n'ont jamais été rééditées !

Au mois d'octobre paraît le 4ème EP de Boby Lapointe (Ta Katie t’as quitté). Les ventes de ses disques ne décollant toujours pas, Fontana lui rend son contrat. En 1964, Fernand Raynaud enregistre Lena (Philips).

Au printemps 1965, Boby a un accident de voiture qui l'immobilisera quelques mois. À l'initiative de Pierre Perret, qui n'a pas la mémoire courte, « le métier » se mobilise et un gala est organisé à l'Olympia, avec une foule d'artistes amis. La recette de ce Musicorama d'Europe 1 ira à Boby.

Un an après, Lucien Morisse, qui s'est pris d'amitié pour lui, engage Boby Lapointe sur son label, Disc'AZ, maison de disques liée à la station Europe 1. Pour les orchestrations, Lucien Morisse a choisi Michel Colombier, un jeune musicien connoté « moderne ».  « On m'a demandé de faire quelque chose de plus contemporain et j'ai travaillé exactement comme je l'ai fait en 1970 pour L'Aigle noir de Barbara, comme l'a fait Mike Lanaro pour Nougayork de Claude Nougaro. » Trois super 45 tours verront le jour en l'espace d'un an. En mai 1966 paraît le premier EP avec From two to two, une chanson inspirée par Maurice Fanon (qui fut professeur d'anglais). Le second sort en août 1966 avec Saucisson de cheval en deux parties. Surprise : en novembre, ce titre est classé treizième, sur cinquante, au hit-parade, alors incontesté, de Salut les copains. Publié en juin 1967, le troisième 45 tours Disc'AZ contient deux titres chantés en duo avec Janine de Waleyne, choriste lyrique parfois sollicitée dans la chanson : L’été où est-il ? et Andréa c'est toi.


Bichon

C'est par l'intermédiaire de Maurice Fanon, connu en 1966 au Port du Salut, que Boby rencontrera sa troisième épouse, Bernadette Marque (qu'il surnommera affectueusement Bichon). Issue d'une famille bourgeoise, cette styliste chez Chanel sera vite séduite par le mode de vie bohème de Boby et de ses amis. « C'était la fête permanente, la porte était toujours ouverte, les copains venaient dîner et il y avait toujours une chambre prête pour un éventuel "campeur". C'était le mouvement perpétuel. » Ils se marient le 28 octobre 1967 à Agde.

En 1968, Boby publie un traité de mathématiques (le « système bibi ») qui sera commenté dans des revues comme Sciences et Avenir. En avril, il chante à Bobino avec Maurice Fanon et Catherine Sauvage.


Les choses de la vie

En septembre 1969, Boby enregistre, en duo avec Anne Sylvestre (disques Meys), une chanson qui deviendra « culte » : Depuis l’temps que j’l’attends mon prince charmant.

Mais l'année 1969 marque surtout son retour au cinéma. Il tourne plusieurs films, des petits rôles dont on remarquera la performance : Les Choses de la vie (Claude Sautet), où il tient le rôle du marchand de cochons, L’Ardoise (Claude-Bernard Aubert) avec Adamo.

L'année suivante, Claude Sautet fait à nouveau appel à lui pour le rôle de « P’tit Lu » dans Max et les Ferrailleurs. Boby tourne aussi, avec Francis Blanche, un film oublié de Jacques Poitrenaud : Mais qu’est-ce qui fait courir les crocodiles ?. C'est cette année qu'il divorce d'avec Bernadette.

Boby fait également son retour à la chanson. Au mois de juillet 1970 paraît son premier album original (Comprend qui peut), réalisé grâce à l'amitié de Joe Dassin qu'il a connu, via Fanon, peu avant mai 68. 

Remarqué au cinéma, Boby est à nouveau sollicité. En 1971, il tourne trois films : Les Assassins de l’ordre, de Marcel Carné, avec Jacques Brel, Jean-Roger Caussimon, La Veuve Couderc, de Pierre Granier-Deferre, Rendez-vous à Bray du belge André Delvaux, avec Anna Karina, où il tient le rôle de l’aubergiste. En 1971 toujours, il a un rôle important dans un western spaghetti inédit en France, Chapagua, réalisé par Don Reynolds, alias Renato Savino.

En décembre 1971, Pierre Perret invite Boby Lapointe en première partie de son tour de chant à Bobino. Il est accompagné par la pianiste Darzy.

Malade depuis quelques années, Boby retourne à Pézenas au mois d'avril 1972. Il meurt discrètement le 29 juin.


Raoul Bellaïche

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Sources :

• Huguette Long Lapointe : Boby Lapointe, éditions Encre, 1980.

• Alain Poulanges et Janine Marc-Pezet : Boby Lapointe, éditions Du May, 1994.

• Jacques Perciot : Boby Lapointe, éditions Denoël, 1997.

Je chante ! n° 15 (1994).

• Jacky Vidal : livret du coffret « Boby Lapointe en public » (Polygram, 1994).

  1. Claude Dejacques : Piégée, la chanson...? (éditions Entente, 1994).


Biographie rédigée pour le « CD Story » consacré à Boby Lapointe (Universal, 2000).

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Extrait vidéo du film de François Truffaut, Tirez sur le pianiste (1960).

La fameuse séquence où Boby Lapointe chante Avanie et framboise... et où il est sous-titré !